Pour nourrir les 10 milliards d'habitants de la planète prévus en 2050, une restructuration radicale des systèmes agricoles occidentaux est indispensable selon une étude de l'université de Sheffield (Centre Grantham pour des futurs durables).

Depuis 40 ans, un tiers des terres arables mondiales a été perdu à cause de la pollution et de l'érosion. Et pourtant, à cause de l'augmentation de la population et de l'amélioration du niveau de vie d'un nombre croissant d'humains la demande de nourriture ne cesse de croître, en particulier au niveau de la consommation de produits carnés.

Les méthodes agricoles actuelles sont désastreuses pour la préservation des sols. Le rythme de l'érosion est 100 fois supérieur à celui des sols à se reformer. Il faut 500 ans environs pour obtenir deux centimètres et demi de terre fertile quand les conditions écologiques sont stables. Dans les conditions actuelles, le rythme est proche de l'irréversible. La permaculture a pourtant montré que les sols jaunes orangés, lourds, compacts et sans plus aucune vie organique n'étaient pas une fatalité... Pour nourrir les hommes de demain, des changements radicaux dans les méthodes agricoles sont indispensables. Les labours profonds et l'usage intensif d'intrants (fertilisants et autres) ont dégradé les sols partout dans le monde. Un sol continuellement retourné laisse échapper son carbone dans l'atmosphère, il perd son liant et sa capacité à retenir l'eau. Il n'a plus aucun rôle de tampon en cas d'inondation, il ne peut plus nourrir les plants. Il devient tout juste bon «à faire tenir les plantes debout» (Duncan Cameron, professeur en biologie des sols et végétaux – Université de Sheffield).

Agroforesterie, permaculture, agriculture bio, de nombreuses solutions sont à portée de main, des expériences le montrent un peu partout sur notre planète... Mais cela demande une véritable volonté politique et des fonds pour les agriculteurs désireux de mettre en œuvre une autre façon de proposer aux hommes de quoi s'alimenter.

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