Peut-on se faire une idée de l'évolution du trait de côte du littoral français ?

Le ministère de l'Ecologie, du Développement durable et de l'Energie a fait produire par le Cerema un indicateur national de l'érosion côtière. Il est à votre disposition sous forme de cartes et de données géoréférencées sur le site Géolittoral. Les cartes sont disponibles par région (sauf pour la Corse et les départements d'outre-mer dont la publication est prévue au premier semestre 2016), elles sont téléchargeables et imprimables (fichiers pdf en A3).

On peut aussi travailler en version dynamique à l'échelle nationale avec de nombreuses options que l'on peut activer ou pas, et un certain nombre d'outils qui permettent, par exemple, de calculer une distance ou une surface... Très pratique pour analyser les phénomènes d'érosion, réfléchir aux effets et travailler sur l'aménagement des territoires côtiers. A l'échelle de 1/100 000, on peut y observer la mobilité passée du trait de côte en métropole et il donne une idée précise des phénomènes d'érosion sur plusieurs dizaines d'années.

Que peut-on observer ? Pour la métropole, plus de 650 km de côtes sont en recul (dont 270 à une vitesse supérieure à 50 cm/an en moyenne). Il n'y a, en revanche, que 430 km qui connaissent l'évolution inverse. Les phénomènes d'érosion côtière n'épargnent aucun département. Pour 7 d'entre eux, les vitesses d'érosion sont supérieures à 3 m/an, et 11 présentent des vitesses d'accrétion équivalentes. Globalement, pour les territoires où les tendances d'évolution passée ont pu être estimées, ce sont 22 % des côtes qui sont en recul (de 0,1 à 8 m/an), soit 26 km2 de territoire perdus entre 1949 et 2005. Les côtes les plus évolutives sont celles d'accumulation (sableuses par exemple) avec les deux formes d'évolution observables : érosion ou accrétion (respectivement 39 et 31 %). En revanche, les plus exposées au recul sont les côtes rocheuses hautes, en particulier celles constituées de roches sédimentaires à plus faible résistance (craies, argiles et les marnes). Les basses (en dessous de 20 m) constituées de roches dites «dures» sont les plus stables, elles constituent 68 % des environnements où l'évolution n'est pas perceptible. Entre les façades du territoire de la métropole, les différences sont relativement faibles. Mais en changeant d'échelle, on observe de fortes disparités : localement on peut voir de forts reculs qui menacent les populations et leurs activités.

 

Les dernières actualités