La biosphère joue-t-elle vraiment son rôle de puits de CO2 ? Une étude internationale publiée dans Nature révèle qu'elle dégage environ deux fois plus de gaz à effet de serre d'origine biogénique (méthane et protoxyde d'azote en particulier) qu'elle n'absorbe de CO2.

Comme le rapporte le Journal de l'environnement, l'action humaine sur la Terre modifie les flux de gaz à effet de serre issus du vivant du fait de l'agriculture, de la déforestation ou de la gestion des déchets. Peut-on faire un bilan net, tous gaz confondus entre l'absorption de CO2 par les océans, les forêts d'une part et les émissions de protoxide d'azote et de méthane d'autre part ? Hanqin Tian (Université d'auburn – Alabama) et ses collègues (français, australien, britanniques) viennent de le faire. Ils montrent que l'absorption de CO2 par la biosphère était deux fois inférieure aux émissions de N2O et de CH4 au cours de la décennie 2000. Chaque année, ce serait entre 3,9 et 5,4 milliards de tonnes équivalent CO2 qui seraient émises par la biosphère. Les responsables sont les zones humides, les ruminants, les décharges, l'agriculture, les écosystèmes naturels et la combustion de la biomasse. Une approche globale, «multigaz » est donc indispensable pour pouvoir vraiment évaluer le changement climatique. Sachant que les émissions biogéniques de CH4 et N2O ont deux fois plus d'impact sur le réchauffement que le puits de carbonne qui nous aide à le combattre.

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