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Les faibles stocks alimentaires, la hausse des prix céréaliers et l'éventualité que certains pays producteurs de riz soient contraints d'en importer l'année prochaine laissent augurer une hausse potentielle des prix alimentaires en 2010.

Trois responsables de la lutte mondiale contre la faim ont averti qu’il fallait se préparer à faire face à une nouvelle crise alimentaire dans le monde et...

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...adopter dès maintenant des mesures visant à renforcer la sécurité alimentaire dans les pays en développement.

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Quelles sont les causes qui pourraient provoquer une crise alimentaire ? Les pistes de réflexion suivantes sont tirées de l'analyse de la situation en 2008. La faim est le résultat de décisions politiques inadaptées ; voir par exemple cet article sur le site du monde diplomatique :

 

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1 - Dans un contexte où les stock sont faibles (16 % de la consommation et de la production mondiale pour les céréales), la forte croissance de la demande en agrocarburants en Europe et aux Etats-Unis peut être un élément déclencheur comme ce fut le cas en 2008.

2 – L'intervention massive des fonds spéculatifs accentue le mouvement de hausse des prix.

3 - La hausse des prix alimentaires accompagne celle des prix du pétrole qui modifie le prix des transports, des intrants chimiques et de l'énergie.

4 - C'est également une question qui touche à la lutte contre la pauvreté. Un rapport de la Banque mondiale de 2008 montre le lien entre lutte contre la pauvreté et investissements agricoles : 75 % de la population pauvre mondiale se trouvent dans les espaces ruraux et pourtant, il n'y a que 4 % de l'aide publique au développement pour l'agriculture dans les pays en développement. Dans les instances internationales, nationales et régionales compétentes en matière de politiques agricoles, commerciales et autres, les décisions sont généralement prises sans tenir compte des paysans. La mise en concurrence d'agricultures ayant des écarts de compétitivité énormes encourage des augmentations violentes d'importations, et donc dépendance croissante et chômage rural. Dans ce cas, la flambée des prix (à la suite, par exemple, de la sécheresse et des incendies de l'été 2010 en Russie et de l'interdiction d'exporter les céréales) peut être une véritable catastrophe pour les pays pauvres importateurs de nourriture. Voir cette vidéo de Marcel Mazoyer (agronome et économiste à l'institut national agronomique Paris Grignon) sur le site Cite-sciences.fr

5 - Le système de distribution (miné par la bureaucratie et la corruption) et de gestion des stocks peut également être déficient. Voir l'exemple de l'Inde dans l'article du Monde (2/9/2010)

6 – Le pouvoir d'achat, et donc la consommation d'une partie importante des populations des puissances émergentes a fortement augmenté. On peut également observer des modifications dans les habitudes alimentaires de ces populations, avec en particulier l'augmentation de la consommation de viande. Or la production de calories d'origine animale est beaucoup plus coûteuse en ressources que celles d'origine végétale.

Ceci peut s'observer également dans d'autres pays du Sud dans les villes, et il faut souligner que l'urbanisation est un phénomène en croissance très forte. Voir le site science.gouv.fr

Comment envisager l'avenir ?

 

Le rapport du 15 avril 2008 sur l’« Evaluation internationale des connaissances, des sciences et des technologies agricoles pour le développement (IAASTD) » propose une révolution agricole écologique en mettant en place des politiques garantes de l'accès à la terre, aux semences et à l'eau potable.

 

De son côté, Sylvie Brunel (géographe) estimait (jeudi 16 septembre 2010 sur France culture) que les stocks étaient reconstitués depuis 2008. De plus, si il y a bien toujours environ un milliard d'humains qui souffrent de la faim comme dans les années 70, c'était 26% de la population mondiale à l'époque contre 13% en 2007 (source FAO). Il y a donc bien eu de gros progrès au niveau de l'agriculture entre ces deux époques. Elle ajoute que si il y a bien eu des émeutes de la faim en 2010 au Mozambique, il faut en chercher les causes du côté des structures d'encadrement qui ont failli et sont donc responsables.

Pour la FAO, le nombre de victimes de la faim est à la baisse : 925 millions continueront à en souffrir en 2010, elles étaient 1,023 milliard en 2009. Le problème étant de savoir comment sont réalisées ces statistiques, quelle est la marge d'erreur pour ces évaluations ? « Toutefois, avec la mort d'un enfant toutes les six secondes pour des problèmes liés à la malnutrition, la faim reste la plus grande tragédie et le plus grand scandale au monde » affirme Jacques Diouf, directeur général de la FAO.

La FAO propose également, avec le PAM, le rapport « L'état de l'insécurité alimentaire dans le monde » qui paraîtra en octobre où figurent les nouveaux chiffres de la faim. Voir la présentation de ce rapport ici

A utiliser également avec des élèves, en raison de ses nombreuses ressources (statistiques, carte interactive...), le portail d'information de la FAO sur la faim dans le monde.

 

 

 

 

 

 


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