La température moyenne sur la Terre a augmenté de 0,6 degré Celsius depuis la fin du dix-neuvième siècle. D'ici la fin de l'actuel, elle devrait encore monter de 1,4 à 5,8 degrés Celsius. Le changement est donc très rapide et très profond. Même les prévisions les plus optimistes sont franchement inquiétantes : l'estimation la plus basse « serait supérieure à tout autre réchauffement sur 100 ans par rapport aux 10 000 dernières années » Voir le site de l'ONU.

Trois raisons principales (voir la Documentation française) expliquent cette brutale montée des températures : 150 ans d'industrialisation utilisant des quantités croissantes de charbon puis d'hydrocarbures, la déforestation et, enfin, certaines pratiques agricoles. Le résultats de ces activités est que la concentration des gaz à effet de serre (GES ) a augmenté. Bien sûr, ces gaz sont indispensables à la vie sur notre planète, mais l'augmentation des quantités altère profondément le climat. Les records de température s'accumulent depuis la fin du vingtième siècle, et les événements climatiques extrêmes se multiplient. Voir les conclusions du GIEC.

Ces changements du climat auront des conséquences probablement difficiles. Comment ne pas vouloir prendre en compte cette éventualité avec sept milliards d'êtres humains embarqués sur la planète bleue. La biodiversité est déjà fortement dégradée. De nombreuses espèces animales et végétales sont affaiblies par la pollution et la dégradation (voire la destruction) de leur habitat du fait des activités anthropiques. On peut craindre des extinctions d'espèces liées à la tendance actuelle au réchauffement. L'humanité n'est pas directement menacée, mais elle devra trouver les moyens de s'adapter à ces évolutions, à la chute de la production agricole, à une extension spatiale de maladies comme le paludisme et à la fréquence plus élevée des tempêtes, inondations, sécheresses...

Une augmentation des températures se traduit également par une expansion du volume des océans du fait de la dilatation ; s'y ajoutent la fonte des glaciers et des calottes glaciaires. Le vingtième siècle a vu le niveau de la mer augmenter de 10 à 20 cm, d'ici la fin du vingt-et-unième un nouvelle hausse de 9 à 88 cm est prévue. Si le scénario le plus extrême se réalisait des zones très basses, mais fortement peuplées (comme au Bangladesh), seraient submergées. L'eau fraîche indispensable à des milliards de personnes serait polluée, ce qui ,provoquerait des migrations massives.

Le problème du réchauffement global est compliqué, il touche le monde entier, et d'autres problématiques (la pauvreté, le mal-développement, la croissance démographique...) lui sont liées. Il ne sera donc pas facile à traiter. Mais comment qualifier un comportement qui consisterait à ne pas en tenir compte ?

La Convention des Nations Unies sur les Changements Climatiques est un traité international adopté par la plupart des pays, mais les gouvernements savaient que leurs engagements ne seraient pas suffisants. En 1995, à Berlin, les parties entamèrent des négociations pour parvenir à des engagements plus solides et plus détaillés pour les pays industrialisés. Et, en 1997, à Kyoto, les gouvernements se sont mis d'accord sur un protocole qui contient des mesures contraignantes. Il est entré en vigueur en février 2005. 84 pays avaient signé à Kyoto, mais beaucoup hésitèrent à le mettre en œuvre. Pour les pays qui sont tenus par les engagements (une quarantaine de pays industrialisés – les Etats Unis ne l'ont pas ratifié), l'objectif est une réduction totale de 5 % des émissions de GES par rapport aux niveaux de 1990 durant la période 2008-2012. Cet objectif est modeste : 5 % de réduction signifiant que l'on continue à émettre 95 % de ce qui était émis en 1990, l'effet de serre continuant à augmenter en proportion.

L'objet de la conférence à Durban (novembre et décembre 2011) est de tenter de redonner un cap aux négociations et un avenir au protocole de Kyoto que l'on peut qualifier de symbole en sursis car les problèmes engendrés par la crise financière semblent réduire ceux liés à la crise climatique à quantité négligeable. Pourtant, l'objectif de limiter à deux degrés Celsius la hausse de la température moyenne de la Terre reste incontournable. Il y a urgence. Les émissions de dioxyde de carbone continuent à croître, tout comme les écarts entre les promesses des pays et ce que la science juge indispensable. La lenteur du processus onusien peut sembler désespérante, l'échec du sommet de Copenhague en 2009 et les quelques progrès techniques réalisés à Cancun en 2010 (et une aide financière pour les pays les plus vulnérables via un « Fonds vert »)ne sont pas franchement rassurants.

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