« Les coûts économiques et les conséquences environnementales de l'inaction politique face au changement climatique sont significatifs » selon Angel Gurria, Secrétaire général de l'OCDE. Voici le compte rendu du texte publié sur leur site le 24/11/2011.

Dans les 40 prochaines années les émissions mondiales de gaz à effet de serre (GES) devraient doubler. Cela impliquerait une augmentation moyenne de 3 à 6 degrés Celsius de la température sur la Terre d'ici 2100 si les gouvernements ne prennent pas d'initiative décisive. Sans changement de nos politiques et de nos comportements, les perspectives de l'environnement de l'OCDE prédisent un avenir funeste à la planète dans moins de 40 ans (2050). L'organisation propose l'exemple du mix énergétique. Sans nouvelles décisions gouvernementales il ne devrait pas changer d'ici 40 ans, et la proportion des énergies fossiles se maintiendra à 85 %. Ce qui porterait la concentration d'équivalent CO2 dans l'atmosphère à 685 parties par million (ppm) ; c'est à dire bien plus que les 450 ppm qui limiteraient la hausse des températures à 2 degrés Celsius selon les scientifiques (avec une probabilité de 50 %). Pour atteindre l'objectif de cette limitation de la hausse des températures à 2 degrés, « les gouvernements doivent se débarrasser de leurs œillères nationales et considérer la situation à l'échelle mondiale » (Angel Gurria). D'où l'importance des négociations en cours à Durban. Pour obtenir les données chiffrées de l'OCDE, suivez ce lien (format Excel (.xls)).

Selon l'OCDE, il est encore possible d'agir. Les gouvernements doivent opter pour « un chemin de croissance plus vert ». Mais il faut se décider très vite ! Le coût estimé est faible en regard de celui que pourrait représenter le choix de ne rien faire. Une réduction de 70 % des émissions de GES (ou de 52 % par rapport aux niveaux de 2005) permettrait une atténuation des perspectives de l'environnement dont le coût serait d'environ 5,5 % du PIB mondial dans l'hypothèse d'un quadruplement de ce PIB à l'horizon 2050. Cela veut dire que maîtriser le changement climatique reviendrait à une croissance moyenne du PIB mondial de 3,3 % par an au lieu de 3,5 % durant les années qui nous séparent de 2050.

Pour atteindre l'objectif de deux degrés au coût le plus bas, il faut mettre en œuvre toutes les possibilités de solutions technologiques. Sans cela, le coût de l'atténuation augmentera. Par exemple, sans technologies de séquestration du carbone, il augmenterait d'un tiers, ou encore, avec un ralentissement du développement des solutions d'amélioration de l'efficacité énergétique et des énergies renouvelables, l'augmentation du coût serait de 100 %. Se limiter aux engagements pris à Copenhague et Cancun de réduction des émissions entrainerait un surcoût d'environ 50 %. Les gouvernements doivent agir maintenant pour éviter que les coûts augmentent.

Dans le contexte de la crise financière et des déficits énormes auxquels les Etats sont confrontés, les débats et négociations à Durban sur les mécanismes de financement de l'aide aux pays en développement pour atténuer la crise climatique seront très vifs. Faire payer le carbone au moyen de taxes ou par des systèmes d'échanges de permis peut aider à trouver des recettes importantes.

Pour obtenir toutes les informations, voir ces pages de l'OCDE en anglais.

 

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