Inconsciemment nous filtrons les informations à partir de notre propre subjectivité. Ainsi, quand on évoque les menaces sur la biodiversité, on retrouve souvent l'image de ce pauvre ours blanc qui meurt d'épuisement à force de nager à la recherche des derniers morceaux de banquise qui n'ont pas encore fondu. En revanche, le cinéma nous a imposé une image détestable du requin. Et quand un des rares accidents se produit, on ne s'interroge jamais sur la part d'imprudence des hommes et la responsabilité des autorités locales. Le risque requin est-il comparable au risque ours blanc ? Ce qui est certain c'est que le premier engendre systématiquement une psychose et des chasses au requin qui ressemblent plus à des expéditions punitives, tandis que les malheurs du « gentil » ours blanc nous font monter la larme à l'œil.

Pourtant, le requin est bien menacé et de nombreuses espèces sont protégées. Quelles sont les raisons à l'origine de cette situation et quelles seraient les conséquences de la disparition du « Seigneur de la mer » (voir le film de Rod Steward, ou la vidéo de sa présentation sur dailymotion) ? Voici quelques pistes pour aborder ces questions avec les élèves dans le cadre d'une étude de cas ou pour une réflexion autour de la biodiversité.

Depuis la fin des années 90, la mortalité des requins a été multipliée par quatre. Les braconniers de la mer utilisent des méthodes barbares pour les 100 millions de requins qu'ils capturent chaque année : ils les mutilent en leur coupant les ailerons (voir cette photo) puis les rejettent directement dans la mer où ils vont agoniser lentement (voir cette vidéo) . Certains Asiatiques sont de grands amateurs de ces ailerons dont la consommation leur assurerait une sorte d'invincibilité. Et comment émouvoir les opinions publiques qui associent cet animal aux images des « Dents de la mer » ? Est-on forcément méchant quand on a l'air méchant ? Selon l'UICN (Union Internationale pour la Conservation de la Nature), deux espèces sont particulièrement menacées, il s'agit des requins bleus et des requins taupes. 90 % des espèces mondiales de requins pouraient disparaître avant le milieu du XXI° siècle en l'absence de mesures de prévention pour mettre fin à la pêche sauvage des squales. Or la baisse de population de ces animaux déjà observée dans l'atlantique perturbe certaines chaînes alimentaires. En effet, les mollusques disparaissent avec eux car leurs prédateurs (les raies, les roussettes...) se multiplient et il n'y a plus de requins pour les chasser. La conséquence est désastreuse pour la qualité de l'eau : les coquilles Saint-Jacques, les huîtres, les palourdes, les praires ont pour qualité de nettoyer l'eau des particules flottantes. Donc, moins de requins, c'est moins de coquillages et donc une eau de moins bonne qualité. On peut dire que les soit disant tueurs des mers garantissent la vie dans les océans. Les requins sont une des conditions de la bonne santé des océans et de l'équilibre des espèces. Voir cette étude dans Science (30mars 2007) : R.A. Myers, J.K. Baum et T.D. Shepherd. "Cascading Effects of the Loss of Apex Predatory Sharks from a Coastal Ocean".

Autres ressources :

Une ONG pour la conservation des requins (Shark Alliance) avec une version française du site. Des chiffres et quelques photos sur le site de plongeur.com. Le plan d'action de la commission européenne.

 

 

 

 

 

 

 

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