En Méditerranée, on observe en ce début de juin 2013 une augmentation du nombre de méduses. C'est une bien mauvaise nouvelle pour cette mer qui compte parmi les plus surexploitées du monde. En effet, cet accroissement est une menace grave pour la biodiversité et pour l'économie du tourisme (150 000 personnes chaque été se font traiter pour des piqûres de méduses en Méditerranée). Tentons de faire le point sur les causes du phénomène qui ne touche pas que la Méditerranée et sur les solutions possibles.

 Le site de l'ACRI propose un portail de l'observation des méduses avec une carte des relevés mise à jour quotidiennement. Voir aussi le site JellyWatch financé par la région PACA et le FEDER.

Les problèmes que pose cette prolifération ? Outre l'impact sur l'activité touristique, il faut noter qu'elle implique également la pisciculture, des pertes de poissons ont été observées. Les méduses sont également en compétition avec les jeunes poissons pour leur alimentation. Elles se nourrissent des œufs et des larves, ce qui a de graves conséquences pour la pêche. On a pu observer aussi la réduction, voire l'arrêt de production d'usines qui ont besoin de l'eau de mer pour leurs systèmes de refroidissement car elles bloquent les conduites d'alimentation.

Les causes de cette prolifération ne sont pas encore clairement établies. Outre les phénomènes cycliques que l'on connait encore trop imparfaitement, on évoque des causes liées à l'homme comme le réchauffement climatique et la surpêche qui débarrasse les méduses de leurs prédateurs naturels (thon ou bonite), ce qui leur laisse de larges possibilités de se reproduire en masse. Autre problème de taille, une des espèces qui se multiplient le plus vite est la Pelagia noctiluca qui se trouve être une des plus vénéneuses. On a pu observer des bancs de plusieurs kilomètres contenant 30 à 40 méduses par mètre carré. La Sicile, la Sardaigne, Malte, le Liban et Israël sont parmi les zones les plus touchées.

Au nombre des solutions, on peut citer les filets protecteurs jusqu'à deux mètres de profondeur qui sont censés protéger les plages (et donc les baigneurs) mais qui ne règlent en rien le problème. Une autre possibilité consiste à les récolter pour les consommer (comme en Chine) ou pour leur potentiel pour la médecine (traitement anticancer ou antioxidants). La solution la plus radicale réside dans l'arrêt de la surpêche, mais on sait déjà combien cette question est délicate... Il en est de même pour la question des solutions à mettre en œuvre pour résoudre la crise climatique, ou même pour limiter les émissions de GES.

 

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