« Si vous regardez les faits sur le changement climatique et n'êtes pas pessimiste, c'est que vous n'avez pas les bonnes données. Si vous rencontrez les gens qui se battent pour changer cette situation et n'êtes pas optimiste, c'est que vous n'avez pas de cœur. » Paul Hawken (écologiste états-unien).
Dans le cadre de la préparation de « Rio+20 » il est important de faire le point sur les dernières données au sujet de la crise climatique.

climat bilan2011 NASA-2


La NASA fournit un article en français au sujet des modèles climatiques : « Les projections climatiques effectuées avec des modèles numériques sophistiqués ont permis d'informer les politiques du monde entier des dangers potentiels des interférences de l'activité humaine avec le système climatique. Ces codes numériques prétendent modéliser une grande partie du système. Mais quelle est la physique de ces modèles, comment sont ils évalués et à quel point sont ils crédibles? »  Pour en savoir plus sur la fiabilité des modèles qui sont utilisés pour prévoir les évolutions du climat, voir aussi cette présentation par Olivier Talagrand (Directeur de Recherches au CNRS) sur le blog climat de TV5.
Un autre article (en anglais) du GISS (Goddard Institute for Space Studies) laboratoire de la NASA propose un bilan des évolutions de températures par rapport à la moyenne pendant la période de référence (1951 à 1980) : On y trouve un graphique qui montre l'évolution des fluctuations des températures et une animation vidéo de 26 secondes pour localiser sur un planisphère les zones où ce réchauffement se manifeste le plus entre 1880 et 2011. Ce sont des données provenant des relevés d'un millier de stations météo dans le monde, des observations de la température de la surface de la mer grâce aux satellites et des mesures effectuées par la NASA dans ses stations de recherche en Antarctique. Les augmentations de températures s'accélèrent depuis une trentaine d'années ; et 9 des 10 années les plus chaudes depuis 1880 se situent après l'an 2000... Par ailleurs, 2011 devrait être une année fraîche à cause de la forte influence de La Niña et de la faible activité solaire, c'est pourtant une des dix années les plus chaudes enregistrées depuis 1880. Or l'activité solaire reprend de l'ampleur et El Niño devrait se manifester, on devrait donc connaître de nouveaux records dans les deux ou trois ans à venir. James Hansen (directeur du GISS) assure que les températures devraient continuer à augmenter car la Terre absorbe plus d'énergie qu'elle n'en émet, et cela même si cette augmentation ne sera pas constante. Pour rappel, la tendance sur le long terme au réchauffement est parfois accélérée, parfois ralentie par des phénomènes naturels. On peut en souligner trois en particulier : le cycle de l'oscillation australe (El Niño en phase chaude et La Niña en phase froide) sur une périodicité de deux à sept ans ; l'activité solaire (cycle de dix à douze ans) et l'activité volcanique (une éruption très puissante peut faire baisser la température moyenne de la planète d'un demi degré).
Peut-on lier ces évolutions du climat depuis 1880 aux activités de l'homme ? Sur la page d'accueil du site climat de la NASA vous pouvez trouver l'évolution de quelques indicateurs mise à jour en continu : « Arctic sea ice minimum, carbon dioxyde, sea level, global temperature, land ice). Parmi les causes anthropiques, les émissions de GES semblent tenir un rôle majeur : la concentration de CO2 dans l'atmosphère n'était que de 285 parties par millions (ppm) en 1880, en 1960 on mesurait 315 ppm et de nos jours elle dépasse 390. L'objectif de ne pas dépasser 350 ppm (taux maximal acceptable pour éviter une crise climatique grave selon de nombreux scientifiques) n'est plus réalisable, et la concentration continue à augmenter de 2 ppm par an actuellement.

Pour les impacts de la crise climatique, voir le site du ministère de l'écologie, du développement durable, des transports et du logement qui met en ligne des observations de l'ONERC (Observatoire National sur les effets du Réchauffement Climatique). Depuis sa création en 2001, cet Observatoire a trois missions principales : informer sur les risques liés au réchauffement climatique, recommander des mesures d'adaptation pour limiter les impacts de la crise climatique et être le point focal du GIEC (IPCC : Intergovernmental Panel on Climate Change) en France.  En plus de liens vers des articles sur l'actualité, cette page propose trois ressources pour la connaissance du changement climatique (les indicateurs du changement, une base de données des projets de recherches et un simulateur de climat pour la France sur le siècle à venir) ainsi que cinq autres liens vers des ressources pour aider à s'adapter au changement climatique dont le PNACC (Plan national d'adaptation au changement climatique).

Les émissions de gaz à effet de serre sont responsables de ces modifications du climat. La production et la consommation d'énergie sont la cause de 70 % de nos émissions de GES, elles vont donc continuer à augmenter dans les années à venir (voir la page de l'ADEME  sur le changement climatique). Selon les dernières estimations de l'AIE, les rejets devraient croître de 43 % d'ici à 2030 si l'on conserve le rythme actuel. La solution serait d'engager des politiques ambitieuses pour maîtriser la consommation d'énergie, pour développer les énergies non carbonées et pour la séquestration géologique du carbone. Ce thème de l'énergie fera l'objet d'un prochain article dans cette rubrique.

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