La croissance économique et le développement permettent des gains en bien-être humain ; mais ils ne peuvent pas être perpétués si on maintient les modes de consommation et de production que nous avons actuellement dans les Nord. Pourtant, parallèlement, une grande partie des sept milliards d'êtres humains ne peut consommer suffisamment pour satisfaire ses besoins élémentaires.  L'évaluation des écosystèmes pour le millénaire de 2005 (UNEP) a conclu qu'environ 60 % des services fournis (par les écosystèmes évalués dans le rapport) se sont progressivement dégradés ou ont été utilisés de façon non durable... La question qui se pose est donc celle des ressources disponibles sur notre planète et surtout de leur gestion durable. Nous proposons donc dans les lignes qui suivent quelques liens vers des ressources pour faire le point sur ces questions.


Pour un bilan sur 20 ans de développement durable (de Rio à Rio+20) on peut se reporter au fichier pdf que propose l'UNEP : (voir le lien ici). On peut y voir, par exemple que les émissions de GES (gaz à effet de serre) continuent à augmenter ainsi que le niveau des océans (+ 2,5 mm par an depuis 1992), que la biodiversité diminue progressivement, que la déforestation se poursuit... Mais il y a aussi des raisons de rester optimiste : on émet moins de CO2 pour produire un dollar de PIB national (un baisse de 23 % depuis 1992), ce qui signifie que l'on peut avoir une croissance économique sans qu'il y ait obligatoirement une croissance de la consommation des ressources. L'UNEP propose également un dossier complet sur l'utilisation efficace des ressources.
Pour rappel, nous avions déjà évoqué ici, dans cette rubrique, le rapport du PNU sur les ressources qui préconise de « faire plus avec moins ».
Le CNRS propose également de faire le point sur le « casse tête des ressources naturelles ». Que reste-t-il des trésor de la planète ? La réponse des scientifiques du centre est plutôt optimiste : Nous sommes très loin de la pénurie de pétrole selon Gilles Rotillon et Michel Cathelineau qui précisent quand même que le pétrole « facile et bon marché » est derrière nous. Pas de pénurie non plus à court terme pour l'uranium et le fer, ce qui n'empêche pas, ici aussi, une envolée des cours. Pour le cuivre et l'or, « il resterait d'immenses gisements à découvrir ». L'article du CNRS fait le point ensuite sur la géothermie dont les perspectives sont très prometteuses selon David Mainprice. La question de l'eau se pose autrement : pour Ghislain de Marsily la question réside surtout dans la disparité de la ressource et la répartition de la population. Il y a aussi le problème du coût de l'installation des infrastructures pour exploiter l'eau dans les régions pauvres. La crise climatique peut aussi provoquer la multiplication d'événements extrêmes, que se passerait-il par exemple si l'on avait une grave sécheresse à la fois en Chine, en Indonésie, en Inde et au Brésil ? Mais la question centrale reste celle de la gestion du capital naturel. James Aronson pense qu'il y a « urgence à tout repenser » car les terres sont surexploitées, et l'on épuise les stocks de ressources naturelles sans leur laisser le temps de se reconstruire. La hausse générale du niveau de vie et l'occidentalisation de certains modes de vie compliquent encore plus la situation. C'est ce qui lui permet d'affirmer que nous sommes entrés dans l'Anthropocène (première période géologique d'abord conditionnée par l'humanité). Pour lui, la bonne attitude est le « juste milieu » à mi-chemin entre la position qui consiste à penser que l'homme est néfaste et celle qui consiste à juger la nature (et les humains)  comme « une machine à produire ».

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