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Air et cycles vitaux de la biosphère
En bref :
Les échanges entre les différentes enveloppes de la Terre
: biosphère, lithosphère, hydrosphère et atmosphère,
sont multiples, complexes et permanents. La vie sur notre planète
est étroitement liée à l’atmosphère,
en tant que réservoir d’éléments chimiques
comme le carbone, l’hydrogène, l’oxygène, l’azote,
le soufre…
Atmosphère et
transfert des éléments chimiques nécessaires à
la vie
Réservoir pour la plupart des
éléments chimiques, l’atmosphère assure une
fonction fondamentale pour les êtres vivants. Les échanges
entre lithosphère, hydrosphère et biosphère sont
divers et permanents. L’atmosphère est une étape privilégiée
de la circulation des éléments chimiques abiotiques qui
servent à l’édification des êtres vivants. En
effet, les organismes vivants ont besoin d’une quarantaine d’éléments
pour synthétiser leur propre matière. Il s’agit :
– du carbone, de l’azote, de l’hydrogène, de
l’oxygène, du soufre et du phosphore. Ce sont les plus importants
car ils constituent l’essentiel de la matière vivante (C,
H, O et N représentent à eux seuls environ 95 % de la constitution
atomique des êtres vivants) ;
– des macroéléments : potassium, calcium, magnésium,
sodium, etc. Ils sont nécessaires en « relative
» grande quantité ;
– des oligo-éléments : zinc, cuivre… nécessaires
en très faible quantité.
Teneur en éléments
du corps humain
Ces
éléments passent alternativement de la matière vivante
à la matière minérale en parcourant des cycles plus
ou moins longs et complexes : les cycles biogéochimiques. Un élément
donné peut ainsi passer par la biosphère, le long des chaînes
alimentaires, pour se retrouver dans l’atmosphère, puis dans
les océans, être stocké durant de très longues
périodes dans des sédiments avant d’être libéré
et réutilisé à nouveau par les organismes vivants.
Il faut cependant souligner que les cycles biogéochimiques de ces
divers éléments ne passent pas forcément par l’atmosphère
(ex. : le phosphore). De plus, il faut signaler le rôle essentiel
de l’eau (H2O) dont le cycle intervient dans la quasi-totalité
des mécanismes intervenant sur Terre : climat, érosion,
vie…

Cycles
du carbone et de l’oxygène
Rôle de ces éléments
dans la nature
L’oxygène et le carbone
constituent 83,5 % des atomes du corps humain. Organisés en molécules
avec l’hydrogène et l’azote, ils constituent la plus
grande partie de la matière organique caractéristique des
êtres vivants. L’atome de carbone possède des caractéristiques
tout à fait particulières :
d’une part, il se comporte comme un atome neutre capable de se combiner
avec des atomes électropositifs et des atomes électronégatifs
;
d’autre part, chaque atome de carbone est capable de former quatre
liaisons avec d’autres atomes et environ un million de composés
différents du carbone sont actuellement recensés.
De plus, le carbone et l’oxygène interviennent de façon
prépondérante dans les mécanismes énergétiques
indispensables aux êtres vivants. D’un point de vue énergétique,
il existe deux types d’êtres vivants :
- Les autotrophes : organismes capables de construire leur propre matière
à partir des différents éléments minéraux
de leur environnement. Par exemple, lors de la photosynthèse, les
végétaux chlorophylliens sont capables de constituer leur
matière organique à partir du dioxyde de carbone (CO2
), de l’eau et des sels minéraux, en utilisant l’énergie
lumineuse. Le dioxygène rejeté dans l’atmosphère
peut être considéré comme un déchet de la photosynthèse.
- Les hétérotrophes : organismes qui élaborent leur
matière organique à partir de molécules fabriquées
par d’autres êtres vivants ou morts. Ils les utilisent comme
matières premières et comme source d’énergie
lors de deux mécanismes différents :
• La fermentation, en milieu
anaérobie (sans dioxygène) au cours de laquelle les molécules
organiques sont dégradées de manière incomplète
et avec libération de CO2. Exemple : transformation
du glucose en éthanol lors de la fermentation alcoolique réalisée
par certaines bactéries.
• La respiration en milieu aérobie (avec dioxygène)
au cours de laquelle l’ensemble des molécules énergétiques
est dégradé en CO2 et en H2O qui
sont rejetés dans l’atmosphère. Exemple, transformation
du glucose au cours de la respiration animale et végétale.
Le rendement de la respiration est largement supérieur à
celui de la fermentation : la dégradation d’une mole de
glucose libère près de 45 fois plus d’énergie
lors la respiration que lors de la fermentation.

Cycle du carbone
La composition chimique de l’atmosphère
est déterminée par des échanges constants entre les
quatre grands réservoirs (ou sphères) de l’environnement
terrestre que sont l’atmosphère, l’hydrosphère
(océans), la lithosphère (sol et roches du sous-sol) et
la biosphère. Les différents éléments sont
recyclés en permanence, passant sans cesse d’une sphère
à l’autre, sous l’effet de divers processus. Pour un
élément donné et par rapport à une sphère
particulière, il est possible de déterminer des sources
à partir desquelles l’élément va être
introduit dans la sphère et des puits à partir desquels
l’élément va en être retiré. Le carbone
par exemple, existe essentiellement dans l’atmosphère sous
forme de dioxyde de carbone (CO2).
Contenu des principaux réservoirs
de carbone terrestre
(milliards de tonnes)
| Biosphère
Atmosphère
Hydrosphère
Lithosphère
|
Organismes vivants
Matière organique morte
Gaz carbonique
Carbone dissous dans l’océan
Carbone fossiles
Sédiments calcaires
|
550
2 500
700
37 000
10 000
20 000 000 |
Source : Duplessy, J-C.,
Morel, P., Gros temps sur la planète, 1990.
Ce carbone de l’atmosphère
peut être échangé avec la biosphère par le
biais des mécanismes de la photosynthèse, qui constitue
un puits et de la respiration-fermentation qui constitue une source. Les
différents échanges entre les réservoirs de carbone
sont résumés dans le schéma suivant :
Le cycle naturel simplifié
du carbone

Cycle
de l’oxygène
L’oxygène atmosphérique,
bien que pouvant résulter de la dissociation de l’eau, est
essentiellement d’origine photosynthétique. De ce fait, le
cycle de l’oxygène est souvent associé à celui
du carbone auquel il est antiparallèle dans son trajet principal
: combustion et respiration épuisent l’oxygène qui
est reconstitué par la photosynthèse. En fait, le cycle
de l’oxygène, en raison de sa capacité à participer
à de multiples combinaisons chimiques est très complexe.
Citons pour exemples :
– la formation de l’ozone : 3O2<->
2O3 ;
– l’oxydation des minéraux comme le fer : 4FeO + O2
-> 2Fe2O3 ;
– l’oxydation du monoxyde de carbone, de l’azote…
Le cycle simplifié de
l’oxygène dans la biosphère


Autres
cycles biogéochimiques
Le cycle de l’azote
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Le
cycle de l’azote est l’un des plus complexes des cycles biogéochimiques.
L’azote atmosphérique (N2), qui constitue près
de 80 % du poids de l’air, représente la plus importante
réserve de cet élément pour la biosphère.
Cependant, rares sont les organismes pouvant l’utiliser tel
quel. Pour être assimilé par les plantes, l’azote
doit se présenter sous une forme oxydée : nitrates
(NO3-)
ou réduite : ammoniaque (NH4+). Le cycle
de l’azote est constamment alimenté par l’atmosphère
de différentes façons, dont la plus importante est la
fixation bactérienne. Certains micro-organismes sont capables
de fixer l’azote
de l’air :
- des bactéries (azobacter
et clostridium) utilisant l’énergie de leur respiration
pour incorporer directement N2 sous forme de protides. Mortes,
elles enrichissent ensuite le sol en azote organique.
- des bactéries (rhizobium) vivant en symbiose avec des légumineuses
dans des nodules fixés aux racines. Elles assimilent d’énormes
quantités d’azote atmosphérique et le transforment
en azote organique qui nourrit la plante et diffuse dans le sol lors
du dépérissement des nodules.
- des «algues bleues» (cyanobactéries) pouvant également
fixer directement l’azote de l’air. Elles jouent un rôle
très important dans la productivité des rizières.
Les décharges électriques
des orages provoquent l’oxydation de l’azote et produisent
des nitrates (N2 + O2 -> NO3) qui
se déposent sur le sol et peuvent ensuite être assimilés
par les plantes. L’azote est ainsi amené jusqu’aux
racines des plantes sous forme de nitrates, servant à la fabrication
de protéines végétales, et entre donc dans les chaînes
alimentaires. À la mort des végétaux et des animaux,
les décomposeurs font passer progressivement l’azote de l’état
organique à l’état minéral avec comme produit
final, l’ammoniac (NH3). NH3 est ensuite repris
par d’autres bactéries qui le transforment progressivement
en nitrates (NO3-) de nouveau assimilables par les
plantes : c’est le processus de nitrification. L’azote fixé
par les organismes vivants peut retourner dans l’atmosphère.
Il existe, en effet, un processus de dénitrification bactérienne
dans lequel les nitrates sont transformés en azote rendu à
l’atmosphère (une faible partie est également rejetée
dans l’atmosphère par les phénomènes volcaniques).
Le cycle naturel simplifié
de l’azote


Le cycle du soufre
Dans la biosphère, le soufre
circule essentiellement sous forme :
– d’hydrogène sulfuré (H2S) ;
– de dioxyde de soufre (SO2) ;
– et de sulfates (SO42-). En général,
dans la plupart des sols, le soufre est un élément assez
rare qui provient de la décomposition de la roche-mère contenant
des minéraux tels les pyrites (FeS2). La principale
source de soufre pour les organismes vivants sont les sulfates (SO42-),
dont la solubilité dans l’eau en fait la seule forme de soufre
élémentaire inorganique disponible. Ces sulfates peuvent
être absorbés par les plantes qui les utilisent pour élaborer
des acides aminés sulfurés : cystine, cystéine et
méthionine.

Lorsque les plantes meurent, ce soufre
est restitué au sol par l’activité de micro-organismes
(par exemple les sulfobactéries) qui réduisent le soufre
organique (acides aminés) en hydrogène sulfuré (H2S).
L’hydrogène sulfuré peut alors se dégager dans
l’air ou dans l’eau, ou être transformé en produits
dont l’oxydation aboutit à la production de sulfates qui
peuvent à nouveau être repris par les racines des plantes
et continuer ainsi le cycle. Le cycle du soufre présente également
une phase sédimentaire. Lorsqu’il précipite en milieu
anaérobie en présence de fer, le soufre s’accumule
sous forme de FeS2, qui pourra être réintroduit
dans le cycle par l’érosion des sols et le volcanisme.
Le cycle naturel simplifié
du soufre


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