Utilisations

Biodiversité et alimentation

Chasse, pêche, cueillette

Les hommes ont toujours prélevé leurs ressources alimentaires dans les milieux naturels. De nos jours, ces prélèvements sont encore importants et représentent, pour de nombreux pays du « Sud », la plus grande part de leur alimentation. Au Ghana par exemple, 75 % de la population tirent l’essentiel de sa ration protéique des espèces sauvages.

  • La chasse, qui permet un apport de viande, concerne de nombreuses espèces de mammifères, d’oiseaux,  de reptiles et d’amphibiens. Quelques espèces d’insectes et de mollusques sont aussi consommées par certaines populations.
  • La pêche, principale source de protéines pour l’humanité, touche en majorité les poissons, mais également les crustacés et les mollusques. Plus de 200 millions de personnes dans le monde n’ont que la pêche comme moyen de subsistance.
  • La cueillette, très répandue dans le monde, concerne les champignons et les différents organes des végétaux : fruits, graines, tiges, racines, bulbes, tubercules…

Agriculture

Les populations humaines ont commencé à se sédentariser et à pratiquer l’agriculture il y a environ 10 000 ans. La culture de certaines espèces végétales et l’élevage de certaines espèces animales se sont ainsi progressivement développés en divers endroits du monde. En sélectionnant ces espèces grâce à de multiples croisements ou hybridations, en les améliorant, voire en les acclimatant, l’Homme a réalisé une véritable « domestication » du vivant.

Les plantes cultivées

Actuellement, les plantes cultivées regroupent environ 200 espèces, ce qui est peu comparé aux 250 000 espèces de végétaux supérieurs répertoriées. Et de plus, ce ne sont que six espèces qui assurent à elles seules la plus grande part de l’apport agroalimentaire de la population mondiale : le blé, le riz, le maïs, la pomme de terre, l’orge et le manioc. Elles sont aussi utilisées pour nourrir les animaux d’élevage.

Riziculture en Thaïlande © IRD

D’autres espèces également très cultivées produisent des huiles (tournesol, colza, arachide, soja, olive), du sucre (betterave et canne à sucre), des substances aromatiques (vanillier, poivrier…) et stimulantes (théier, caféier, cacaoyer). De nombreuses plantes sont à l’origine d’une très grande variété de fruits et légumes.
La plupart des plantes cultivées ont une origine tropicale ou subtropicale : le maïs par exemple provient  d’Amérique centrale. Les plantes cultivées constituent avant l’heure un bel exemple de mondialisation puisqu’elles ont été introduites sur tous les continents.

Les espèces animales

Les espèces animales d’élevage, également peu nombreuses, regroupent des mammifères et des oiseaux  dont la domestication est souvent très ancienne. Comme pour les plantes cultivées, l’Homme a progressivement sélectionné des races animales de plus en plus performantes. Il exploite aussi depuis longtemps certaines espèces d’abeilles pour la fabrication du miel, de la cire, de la gelée royale et de la propolis.

  Espèce d’origine Aire d’origine Première domestication connue
Bœuf
Aurochs ?
Europe
- 4 000
Cheval
Sud Ukraine
- 1 500
Chèvre
Chèvre à Bézoard
Caucase, Zagros iranien
- 7 500
Chien
Irak
- 10 000
Cochon d’Inde  
Amérique du Sud
- 8 000
Mouton
Mouflon oriental ?
Asie mineure
- 7 500
Canard de Barbarie
Canard musqué
Côte nord de l’Amérique du Sud
?
Coq
Coq bankhiva
Bassin de l’Indus
- 2 000
Dindon
Mexique
+ 1 500
Faisan
Asie
?

Paon

Inde
?
Pintade
Afrique
?

Aquaculture

En raison de la demande alimentaire croissante de poisson et pour éviter une pêche excessive, l’Homme a imaginé et développé l’élevage piscicole de plusieurs espèces telles que le saumon. Des espèces de crustacés comme la crevette ou de mollusques comme les moules sont aussi concernées. L’aquaculture s’intéresse également aux végétaux : la culture d’algues est particulièrement développée dans l’Est asiatique.

[ Pour en savoir + ] : l’aquaculture
[ Pour en savoir + ] : les macroalgues
[ Pour en savoir + ] : Site de la FAO

Biodiversité et industries

De tout temps, les hommes ont utilisé comme sources d’énergie et de matières premières de nombreux produits d’origine végétale et animale. Grâce à la biodiversité, ils ont ainsi pu se chauffer, fabriquer des vêtements et de multiples objets. Après la seconde guerre mondiale, certains de ces produits naturels ont été remplacés progressivement par des substances issues de la pétrochimie telles que les fibres textiles synthétiques ou les matières plastiques

Les produits industriels d’origine végétale

Le bois

La plupart des civilisations ont utilisé le bois comme source d’énergie, comme matériau de construction et comme matière première. C’est encore le cas dans de nombreuses régions du globe.

Le bois, source d’énergie

La maîtrise du feu, il y a environ 400 000 ans par Homo erectus, a été à la base de la plupart des activités humaines et donc fondamentale pour l’adaptation de l’Homme à son environnement. Au bois de chauffe et au charbon de bois se sont progressivement substitués le charbon, puis les hydrocarbures (pétrole et gaz naturel). Mais le bois constitue encore la première source d’énergie domestique dans de nombreux pays en développement. Les pays industrialisés montrent un intérêt croissant pour les bioénergies et en particulier la combustion des matières végétales. Des chaudières à bois, à paille ou à céréales ont été ainsi mises au point et sont de plus en plus utilisées.

[ Pour en savoir + ]

Le bois, matériau de construction

Le bois, matériau de construction ancestral et durable, est encore très utilisé à travers le monde pour la construction d’habitations et parfois d’ouvrages d’art.

Le bois, matière première

Le bois est la matière première principale de l’industrie de la pâte à papier, l’une des industries manufacturières et exportatrices les plus importantes. Il est également utilisé pour la fabrication de nombreux objets et meubles en tous genres (ébénisterie). Actuellement, les bois exotiques sont de plus en plus recherchés, ce qui constitue l’une des causes de la destruction des forêts tropicales.

Les fibres végétales

Utilisation dans l’industrie de la vannerie

Près de 600 espèces de rotin sont à l’origine d’une importante fabrication de mobilier et de vannerie en Chine et en Asie du sud-est. Ces plantes grimpantes sont étroitement liées au devenir des arbres auxquels elles s’accrochent.
Il existe d’autres espèces végétales utilisées dans l’industrie de la vannerie : bambou, jonc, osier, raphia, sorgho et autres graminées…

Utilisation dans l’industrie textile

Le coton
Domestiqué il y a environ 5 000 ans en Perse, au Pérou et au Mexique, le coton est un arbuste dont les fruits contiennent à maturité des fibres blanches caractéristiques que l’on récolte. Très sensible aux maladies et aux insectes ravageurs, le coton nécessite beaucoup de pesticides. Sa culture a également besoin d’engrais et de beaucoup d’eau.
Produit de luxe au départ, le coton s’est peu à peu popularisé avec les vastes plantations américaines.

[ Pour en savoir + ]

Monoculture de coton au Brésil © IRD

Le chanvre
Originaire d’Asie centrale, le chanvre s’est répandu dans le bassin méditerranéen et en Chine où il est cultivé depuis plus de 5 000 ans. Cette plante herbacée a surtout été utilisée pour la fabrication de vêtements, de linge de maison, mais également de voiles et de cordages pour les bateaux. Actuellement, les fibres de chanvre sont surtout employées pour la fabrication de papiers spéciaux, de matériaux isolants, de divers produits industriels…

[ Pour en savoir + ]

Le lin
Originaire du Moyen-Orient, le lin est une plante herbacée présentant de belles fleurs bleues. Sa culture nécessite peu de pesticides contrairement à celle du coton. Ses fibres sont utilisées depuis très longtemps pour la fabrication de tissus. Outre l’industrie textile (vêtements et revêtements muraux), l’exploitation des fibres de lin concerne la fabrication de joints, de matériaux industriels composites…

[
Pour en savoir + ]

Les productions végétales

Plantation d’hévéas en Thaïlande
© IRD

Le latex

Le caoutchouc a d’abord été fabriqué à partir du latex issu d’un arbre découvert en Amazonie : l’hévéa ou « bois qui pleure ». D’immenses plantations d’hévéas existent dans le sud-est asiatique, région qui produit à elle seule plus de 90 % du caoutchouc naturel. Celui-ci reste encore très utilisé malgré la mise au point de caoutchouc synthétique au siècle dernier.

[ Pour en savoir + ]
[ Pour en savoir + ] : historique du caoutchouc

Les huiles

De nombreuses plantes oléagineuses produisent des graines dont l’huile est utilisée en industrie.

L’huile de lin
Les graines de lin produisent de l’huile utilisée dans les domaines de la diététique, la peinture, l’imprimerie…

L’huile de Jojoba
Arbuste originaire des régions arides du Mexique, le jojoba est désormais cultivé dans de nombreux pays. Il est exploité pour sa production d’huile très fine pouvant être utilisée dans l’élaboration de produits cosmétiques, de vernis et même dans la lubrification des moteurs fonctionnant à haut régime.

Les huiles de colza et de tournesol
Véritables produits de substitution du pétrole, ces huiles sont transformées en esters, puis ajoutées au gazole ou au fioul domestique pour former des biocarburants.

L’huile de Jatropha
Le Jatropha est un arbuste tropical dont la graine fournit une huile pouvant être utilisée comme biocarburant. Cette plante peut vivre en zone semi-aride et demande peu d’entretien. C’est pourquoi sa culture est en plein développement dans de nombreux pays africains, en Inde, en Asie du sud-est et en Amérique centrale.

[ Télécharger ] : les biocarburants (.pdf, 368 ko)
[ Pour en savoir + ] : les biocarburants

Les substances odorantes

De très nombreuses espèces secrètent des substances odorantes utilisées dans l’industrie des parfums : rose, violette, jasmin, lavande, muguet, patchouli…

 

La chimie verte

De nombreux produits d’origine végétale peuvent remplacer le pétrole dans plusieurs domaines de l’industrie chimique. Ces substances végétales présentent un double avantage : elles sont aussi performantes que les produits pétroliers tout en étant biodégradables. On peut les utiliser dans l’élaboration de détergents, lubrifiants, emballages, matériaux d’équipement et de construction, etc.

[ Pour en savoir + ] : Institut pour la recherche agronomique
[ Pour en savoir + ] : Pôle de compétitivité Industrie et Agro-Ressources

Les produits industriels d’origine animale

La laine

La laine provient de la toison de différents mammifères : moutons en premier lieu, mais aussi chèvres, chameaux, vigognes et lapins angoras. Elle est utilisée dans l’industrie textile. Les principaux pays producteurs sont l’Australie, la Chine et la Nouvelle-zélande.

[ Pour en savoir + ]

Les peaux

Depuis des millénaires, l’Homme utilise des peaux d’animaux possédant une épaisse fourrure pour se protéger du froid. La recherche de peaux pour l’industrie du luxe a mis en danger de nombreux animaux (félins, crocodile…). La peau de certains poissons est également commercialisée sous le nom de « galuchat ».

[ Pour en savoir + ]

La soie

Utilisée pour la fabrication de tissus précieux, la soie est une substance fibreuse produite par la chenille d’un papillon, le bombyx du mûrier, lorsqu’elle élabore son cocon. L’élevage de ces insectes appelés « vers à soie » a débuté en Chine, il y a plus de 4 500 ans.

[ Pour en savoir + ]

Les substances odorantes

L’industrie des parfums utilise certaines substances d’origine animale : l’ambre gris (provenant du cachalot), la civette (sécrétée par le mammifère du même nom), le musc (produit par un cervidé)…

Biodiversité et santé

Près des deux tiers des médicaments utilisés actuellement ont comme origine une substance naturelle extraite de microorganismes, d’animaux et surtout de végétaux.

Espèce Date d’isolement du principe actif Nom et rôle de la substance active Pour en savoir +
Pavot
1817
La morphine soulage la douleur
[ Voir ]
Quinquina
1820
La quinine combat le paludisme
[ Voir ]
Saule blanc
1829
L’aspirine calme la douleur et diminue la fièvre
[ Voir ]
Digitale
1868
La digitaline régule le rythme cardiaque
[ Voir ]
Penicillium
1928
La pénicilline est un antibiotique
[ Voir ]
Pervenche de Madagascar
1958-1965
La vinblastine et la vincristine permettent de lutter contre le cancer
[ Voir ]
If de l’Ouest
1971
Le taxol est une substance anticancéreuse
[ Voir ]
Armoise
1972
L’artémisine est un antipaludéen

[ Voir ]
ou
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(.pdf, 496Ko)

If européen
1980
Le taxotère est un anticancéreux
[ Voir ]

[ Pour en savoir + ] : la grande pharmacopée de la nature

Récolte d’écorce pour les médicaments © IRD

La biodiversité représente un extraordinaire réservoir de molécules à potentiel thérapeutique, en particulier celle des forêts tropicales qui renferment une abondante diversité biologique : l’Amazonie regroupe à elle seule environ 25 % de la biodiversité mondiale.
Plusieurs milliers de plantes médicinales sont à la base des pharmacopées traditionnelles encore utilisées dans plusieurs pays : selon l’Organisation Mondiale de la Santé, près de 80 % de la population mondiale en dépendent.
De nombreuses autres espèces végétales et animales, répertoriées ou inconnues, ont sans doute des vertus thérapeutiques. Actuellement, on redécouvre cette richesse : « l’or vert » intéresse les entreprises privées de l’industrie pharmaceutique et les organismes publics de recherche. C’est pourquoi de nombreuses recherches sont entreprises pour explorer et exploiter ce gisement, sachant que seulement 2 % des espèces de plantes supérieures connues ont été analysées à ce jour.

Pour découvrir de nouveaux médicaments, la stratégie actuelle, privilégiée par les industriels et les chercheurs, consiste à tester in vitro les capacités de différentes substances naturelles à détruire certaines bactéries ou à inhiber la croissance de cellules cancéreuses par exemple. Aujourd’hui, il est possible de passer au crible plus de 10 000 molécules par jour. Des informations provenant des médecines traditionnelles orientent ce criblage moléculaire souvent aléatoire : on parle d’ethnopharmacologie. C’est ainsi qu’une molécule aux propriétés anti-diabétiques à été isolée d’une plante médicinale, le fenugrec, utilisée depuis plus de 2 000 ans sur le pourtour méditerranéen et en Inde.

[ Pour en savoir + ]

D’autres recherches portent sur différentes espèces de microorganismes, en particulier pour la fabrication de nouveaux antibiotiques, et sur des espèces animales, principalement des invertébrés marins. N’oublions pas que de très nombreuses espèces, en particulier végétales, sont utilisées dans l’industrie des cosmétiques.

[ Pour en savoir + ]

Biodiversité et loisirs

Jardins et plantes d’ornement

Dans le temps et dans l’espace, l’art du jardin a toujours été l’un des reflets culturels des différentes sociétés humaines. Actuellement, on assiste à un véritable engouement pour les plantes ornementales. De nombreuses espèces tropicales, telles que les orchidées et les cactus, ont été introduites en Europe. Ces espèces végétales ornementales se banalisent de plus en plus, au point que leur nombre devient beaucoup plus élevé que celui des plantes agricoles. Issues de variétés sauvages ou d’hybridations, elles continuent de faire l’objet de nombreuses manipulations génétiques. Un exemple : la création, en 2004, de la rose bleue par des généticiens japonais qui ont utilisé le gène de la delphinine, pigment bleu provenant de la pensée.

Rose bleue d’Anet avec l’aimable autorisation de Patrick Pochon.

Le commerce d’animaux

Divers animaux font l’objet d’un commerce important, soit en tant que nouveaux animaux de compagnie, animaux d’agrément ou de collection (insectes, poissons, oiseaux, reptiles, mammifères…), soit pour certains produits à usage symbolique, décoratif ou vestimentaire (fourrures, peaux, ivoire, plumes…). Ce commerce est désormais fortement réglementé.

L’écotourisme

L’écotourisme, en pleine expansion actuellement, est un tourisme « écologique ». Fondé au départ sur l’observation des paysages, de la faune et de la flore de certains milieux, il permet également d’aller à la rencontre de différentes ethnies.
Certaines d’entre elles trouvaient dans la nature les matières premières pour se nourrir, se vêtir, s’abriter, accomplir leur rituels… L’arrivée de l’écotourisme, en apportant de nouvelles ressources financières, modifie l’économie de ces sociétés. Par exemple, les revenus du tourisme ont permis à certains Ibans de Malaisie de préserver la ressource piscicole en ne vendant plus à l’extérieur les produits de leur pêche.

[ Pour en savoir + ] : Organisation mondiale du tourisme
[ Pour en savoir + ] : l’écotourisme, une nouvelle opportunité pour l’Afrique ?

Biodiversité et biotechnologies

Dès le Néolithique, les hommes ont utilisé sans le savoir les microorganismes pour la fermentation de matières premières agricoles lors de la fabrication de fromages, de boissons alcoolisées comme le vin et la bière, et le traitement de certaines fibres textiles issues du lin et du chanvre par exemple.

[ Pour en savoir + ] : traitement du lin
[ Pour en savoir + ] : transformation du chanvre

Ce sont aussi des microorganismes qui assuraient et assurent de plus en plus la dégradation des déchets organiques et la dépollution de l’eau.
Mais c’est seulement à partir du milieu du XIXe siècle que des scientifiques comme Louis Pasteur ont mis en évidence le rôle de certains microorganismes. C’est alors que progressivement se sont développées les biotechnologies : ensemble des méthodes et des techniques qui utilisent le vivant comme outil, aussi bien des cellules entières que des composants cellulaires (gènes, enzymes…). Tous les organismes sont concernés : bactéries, champignons, végétaux et animaux dont l’Homme.
Depuis les années 1970, avec la mise en pratique du * clonage * et plus récemment l’élaboration des * Organismes Génétiquement Modifiés * (OGM), les biotechnologies sont en plein essor. Elles se sont imposées dans la plupart des domaines : santé, environnement, agriculture, industrie, informatique…

[ Pour en savoir + ] : les biotechnologies
[ Pour en savoir + ] : état des lieux OGM
[ Pour en savoir + ] : culture OGM dans le monde

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