Effets nocifs
du bruit sur la santé
En bref : les
différentes formes de surdité sont dues en particulier
à une exposition répétée ou prolongée
à des bruits excessifs. De plus, en perturbant le sommeil et
en surchargeant le système nerveux, certaines ambiances sonores
affectent également l’ensemble de l’organisme en
particulier les systèmes nerveux, cardio-vasculaire, respiratoire
et digestif et peuvent même entraîner des perturbations
sexuelles. Par leurs activités et leurs modes de vie, les jeunes
sont les plus vulnérables aux nuisances sonores.
Principaux troubles liés
au bruit
Les effets du bruit, assez bien
pris en compte sur l’audition, sont tout à fait sous-estimés
sur la santé. Or ils apparaissent indiscutablement à partir
de niveaux sonores égaux ou supérieurs à 65
dB (A). En effet, hormis la voie spécifique allant au cortex
auditif, le bruit agit par une deuxième voie non spécifique
qui aboutit à la substance réticulée ; ceci
provoque des lésions organiques diverses ainsi que des troubles
psychologiques. Les dépressifs, les hypocondriaques, les
anxieux et plus généralement
toute personne confrontée à des difficultés, peut
être gravement affectée par le bruit dans certaines conditions,
au point d’être conduite au meurtre ou au suicide. Il
existe une accoutumance au bruit, c’est un phénomène
actif et fragile qui mobilise de grandes quantités d’énergie
pour neutraliser l’effet de l’agression sonore. Elle
est d’autant plus importante que le sujet accepte de supporter
le bruit, par exemple, pour conserver son emploi.
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Troubles
cardio-vasculaires
• Augmentation de la fréquence cardiaque.
• Augmentation de la pression artérielle.
Effets sur la
vigilance
• Troubles de l’attention.
Troubles digestifs
Réponses
psycho-sensori-motrices
• Diminution de l’apprentissage, de la mémoire,
des performances intellectuelles.
Effets sur le
comportement et la santé mentale
• Apparition ou renforcement de l’agressivité
ou de la dépression.
Modifications
hormonales
• L’hypoglycémie augmente.
• Hypersécrétion de cortisol, de cathécholamines,
de thyroxynes…
Troubles respiratoires
• Augmentation du rythme et de l’amplitude respiratoire.
Troubles vocaux
Troubles
de l’acuité auditive
Effets
sur la vision
• Diminution de la dopamine qui agit sur les cellules
de la rétine, d’où une diminution des contrastes.
Effets sur le
sommeil
• Augmentation du sommeil léger au détriment
du sommeil profond, d’où augmentation des réveils
nocturnes.
Effets sur la
thermorégulation
• Augmentation de la sudation.
• Baisse de la température cutanée mais aussi production
de chaleur. |
Sait-on que le bruit à la
maison peut freiner l’épanouissement de l’enfant
? Au cours des deux premières années de la vie, l’acquisition
du langage chez les enfants exposés à ces « surcharges
» sonores se fait plus lentement que chez un enfant qui grandit
dans le calme. De plus, coucher tôt un enfant ne signifie pas
obligatoirement qu’on lui garantit une longue nuit. Un enfant
qui doit dormir entre 11 et 12 heures selon son âge, doit être
couché entre 19 et 20 heures. Or, ceci correspond souvent au
sein de la famille à un moment d’intense activité
qui peut se prolonger jusqu’à 22 heures et au-delà.
Ceci induit des difficultés d’endormissement et perturbe
le sommeil de l’enfant. Ainsi, le temps moyen d’endormissement,
d’environ 30 minutes, est au moins doublé lorsqu’il
y a du bruit. Cette réduction de la durée et de la qualité
du sommeil l’empêche de tirer le maximum de profit de ses
cycles de sommeil pendant lesquels se font les maturations physiques
et intellectuelles. Il est donc très important de préserver
la qualité et la quantité de son sommeil, en évitant
d’utiliser les appareils audiovisuels à trop forte puissance,
en remettant à plus tard la mise en service des appareils ménagers
trop bruyants. Un moulin à café électrique produit
un bruit d’une intensité de 85 dB, un aspirateur 75 dB,
un poste de télévision à puissance raisonnable
atteint 70 dB. Ceci est d’autant plus important que la sensibilité
au bruit des enfants pendant leur sommeil est supérieure de 10
dB par rapport à celle des adultes.
Jeunesse-bruit : des synonymes
Une
enquête réalisée dans le cadre des travaux de l’Université
Paris III datant de 1982, rapporte que 90 % des personnes interrogées
associent les termes « bruit » et « jeunesse
». Le bruit en effet, est pour les jeunes, synonyme de vie. De
là à s’entourer de bruit, il n’y a qu’un
pas, facilement franchi par nos « Pop sourdingues » qui
sortent à la fin d’un concert les oreilles en feu, groggy,
la tête prête à éclater. Les niveaux sonores
enregistrés au passage des groupes « branchés »
ou dans les discothèques sont très – trop –
élevés : ils se situent bien au-delà des 105 dB
à ne pas dépasser. Lors d’une étude réalisée
en France en 1979, dans une dizaine de clubs, les niveaux sonores maxima
relevés étaient de l’ordre de 102 dB sur la piste
de danse, avec des pics à 110 dB. Extrait de La santé
de l’homme, n° 265.
Dans les discothèques et
les rave-party, le « nuage musical » qui, entre
autres s’oppose aux bruits extérieurs, facilite très
souvent l’isolement « mental » des participants. Les
niveaux sonores souvent supérieur à 110 dBA et les rythmes
d’environ 100 battements par minutes dans les très basses
et très hautes fréquences, créent une forte sensation
de pulsations accélérées qui dépasse la
sensation strictement auditive. En particulier les infra basses résonnent
dans le ventre et dans la poitrine entraînant une surexcitation
émotionnelle proche de la transe.
Bruit et scolarité
Selon diverses études,
il semblerait qu’environ 80 % des salles de classe jouissent d’une
mauvaise acoustique, celle-ci n’ayant été que très
rarement prise en compte au moment de leur conception. Par ailleurs,
les écoles sont souvent situées à proximité
d’axes ferroviaires, routiers ou aéroportuaires contre
les nuisances desquels elles ne sont pas protégées. Il
résulte de ces mauvaises situations acoustiques de nombreux troubles
pour les élèves : agitation, manque de concentration,
de persévérance, participation réduite aux activités
proposées, troubles du langage écrit ou parlé (dyslexie),
retards dans l’acquisition de la langue et du savoir. La qualité
du message reçu est elle aussi altérée par ces
mauvaises conditions scolaires : la voix du professeur est masquée
en présence de bruits de trafic et cela ne peut s’améliorer
en criant, car alors le contenu informatif du message ne passe plus.
Une étude effectuée dans des écoles de Bordeaux
a permis de mettre en évidence que des élèves de
classes bruyantes pouvaient commettre jusqu’à quatre fois
plus d’erreurs de retranscription sous la dictée que ceux
de classes calmes, et même huit fois plus en présence de
fenêtres ouvertes : ces tests ont été faits dans
des écoles présentant des niveaux sonores de 56 à
68 dB (A), le bruit extérieur étant de 70 dB (A), avec
des pics de 85 à 90 dB (A). Un autre problème très
important est constitué par le vacarme qui règne dans
les cantines scolaires et qui s’ajoute aux nuisances exposées
ci-dessus. Une étude menée dans les Hauts-de-Seine a permis
d’y mesurer des niveaux compris entre 69 et 85 dB (A), dont 14
% dépassaient 84 dB (A), ce qui correspond au bruit produit dans
un atelier de tournage ; ces niveaux proviennent entre autres de la
mauvaise qualité acoustique des salles, du bruit des couverts
sur les tables et des chaises traînées par terre, le tout
lié à l’agitation et aux cris d’enfants difficiles
à maintenir calmes dans une telle ambiance.
Source : Écho
Bruit, Gazette du CIDB, mars 1986.

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