Risques naturels

En bref : Ces risques ont des conséquences différentes selon les climats, les régions et les populations concernés. Leur réduction nécessite une connaissance approfondie des séismes, des tempêtes, des inondations ainsi que des enjeux humains, économiques et environnementaux. Souvent, leurs conséquences peuvent être aggravées par la présence de risques technologiques. Actuellement, les aspects réglementaires se renforcent, de nombreuses recherches et diverses techniques cherchent à réduire les effets des aléas et à mieux protéger les enjeux. Renforcer la prévision et la prévention ainsi que l’information des populations, imposée par la loi de 1987, devrait permettre de réduire ces risques. La gestion de la crise et de la post-crise nécessite une coordination des différents acteurs. L’école intègre peu à peu dans ses pratiques cette culture du risque ainsi que la connaissance de comportements adaptés à de telles situations.

Risque avalanche
Risque tempête
Risque séisme
Risque mouvement de terrain
Risque cyclone
Risque feu de forêt
Risque volcanique
Risque inondation

Risque feu de forêt

Définition

Les feux de forêts sont des sinistres qui se déclarent et se propagent dans des formations boisées d’une surface minimale d’un hectare, telles que les forêts ou des formations subforestières (maquis ou garrigue). Quelque fois provoqués par inconscience, ils s’avèrent trop souvent d’origine criminelle.

[ Pour en savoir + ]

Historique

Sous l’empereur Napoléon Ier, l’auteur de tels actes était fusillé sur le lieu de son crime. C’est surtout au XIXe siècle que cette catastrophe naturelle s’est développée. Les étincelles des machines à vapeur s’ajoutèrent aux causes habituelles de la foudre, de la fertilisation par écobuage et de la malveillance. Au XXe siècle, après les terribles incendies de la forêt landaise : 42 000 hectares en 1937 et 396 000 hectares de 1941 à 1947, l’ordonnance de 1945 instaura une politique de prévention et deux ans après, la création d’un corps spécifique de sapeurs pompiers.

Deux événements ont fortement marqué les mémoires :
– Le 3 octobre 1970, l’incendie du massif du Tanneron coûta la vie à la femme et aux quatre enfants de l’écrivain Martin Gray.
– En avril 1989, l’incendie de la Montagne Sainte-Victoire.

Le contexte actuel

Contrairement aux idées reçues, la forêt française est en pleine expansion. Ses 15 millions d’hectares font de la France, le pays le plus boisé d’Europe. Les incendies sont liés aux transformations socio-économiques de certaines régions :
- Exode rural et déclin des activités agropastorales notamment l’abandon des zones boisées, progression des friches et écobuage.
- Développement du tourisme avec l’arrivée massive l’été de personnes peu sensibilisées aux risques feux de forêts.
- Développement de l’urbanisation diffuse avec le « mitage » des forêts et la multiplication des sources potentielles d’incendie… La forêt méditerranéenne est la plus vulnérable avec ses espèces particulièrement sensibles au feu et les conditions climatiques spécifiques à la région. Les incendies de forêts sont beaucoup moins meurtriers que la plupart des catastrophes naturelles. Mais, ils n’en restent pas moins coûteux au niveau matériel et environnemental. Ainsi, en 2002, plus de 125 millions d’euros ont été consacrés à la prévention et à la lutte contre les feux de forêts.

Aléa

Un départ de feu nécessite plusieurs facteurs :

- un combustible (matière carbonée telle que le bois)
- un comburant (l’oxygène de l’air)
- un corps qui, en se combinant à un autre corps, permet la combustion de celui-ci
- une mise à feu : flamme, étincelle…

Les facteurs qui interviennent dans le déclenchement et la propagation des feux de forêts sont multiples :
1. Source de chaleur comme les flammes, étincelles…
2. Apport accru en oxygène dû au vent.
3. Existence d’un combustible comme la végétation sèche.

La chaleur générée par un incendie est transportée vers l’avant des flammes selon trois processus, c’est-à-dire la conduction, qui permet la transmission de proche en proche de l’énergie cinétique produite par le mouvement, le rayonnement thermique qui est le principal mode de propagation de l’énergie sous forme d’ondes infrarouges, et la convection qui est liée aux mouvements d’air chaud, voit son importance augmenter avec le vent et la pente. Ce processus contribue au transport de particules incandescentes en avant du front de flammes et au déclenchement de foyers secondaires.

Les principales causes de départ de feux en 2000

S’ajoute à cela, d’autres causes dont les reprises d’incendie, les lignes électriques, et les dépôts d’ordures en particulier dans le Languedoc-Roussillon.

Les facteurs aggravants naturels

Pour le combustible
- La sécheresse. À noter que depuis quelques années, les périodes de sécheresse dans certaines régions, s’allongent et s’intensifient.
- L’existence de certaines espèces (les pins…) qui résistent mal au feu et les formations végétales comme la garrigue, les broussailles, le maquis…
- Le développement de certains parasites qui fragilisent arbres et arbustes.

Pour le comburant (oxygène de l’air)
Les périodes de mistral, de tramontane sont redoutables car l’oxygène devient alors très abondant. Les brusques changements de direction de ces vents compliquent la lutte. De plus, le relief les oriente puis les concentre, favorisant ainsi l’ascension des langues de feu et la dispersion des flammèches.

Les facteurs aggravants anthropiques

- La malveillance (pyromanes…)
- Certains travaux agricoles et forestiers, la déprise agricole qui favorise l’extension des friches, l’urbanisation par le mitage, la réduction des interfaces entre zones habitées et zones sensibles de la forêt qui réduisent les zones tampons.
- Les causes accidentelles spécifiques aux transports (étincelles…) aux lignes électriques et aux dépôts d’ordures.
- Certaines activités liées aux pique-niques et aux loisirs (barbecues, mégots, tessons de bouteilles qui font effet de loupe en concentrant les rayons solaires).

Un feu ascendant brûle d’autant plus rapidement que la pente est forte car l’efficacité des transferts thermiques par rayonnement et convection est accrue. Un feu descendant voit sa vitesse ralentie mais le risque qu’il saute d’une pente à une autre est très important. On parle de « saute de feu ». Le front de flammes est la partie la plus virulente du feu, située à l’avant d’un foyer d’incendie.

Enjeux

Humains
Le plus souvent, les sapeurs-pompiers et plus rarement les promeneurs et les résidents peuvent être blessées, brûlées, asphyxiées…

Économiques
Destruction, dommages aux habitations, aux ouvrages, aux activités…

Environnementaux
En France, chaque année, environ 20 000 à 80 000 hectares de forêts sont brûlés entraînant la destruction d’une grande partie de la faune et de la flore. Les espèces rampantes et les oisillons sont en général les plus touchés. On note également l’accélération du processus de la disparition d’espèces rares. Par ailleurs, les sols s’en trouvent modifiés, voire stérilisés et les paysages transformés.

Résultat d'un incendie de forêt sur les hauteurs de Nice (avril 2002).
© Avec l’aimable autorisation du Dr. Raymond Piccoli.

Prévention

Elle passe par la mise en place et l’entretien des espaces, la vigilance, les aspects législatifs et documentaires, les parades techniques et la recherche au niveau collectif et individuel.

La vigilance

À titre expérimental, le satellite Stentor du centre national d’étude spatiale (CNES) permettra de transmettre en direct les données vidéo et phoniques nécessaires à la lutte contre les incendies.

Aspects législatifs et documentaires : au niveau collectif

Les plans spécifiques
Les plans de prévention des risques (PPR) outils privilégiés de la prévention, remplacent les plans de zones sensibles aux incendies de forêts (PZSIF). Leur élaboration conduite sous l’autorité du préfet permet de délimiter les zones à risque et de définir les mesures de prévention.

Le Plan intercommunal de débroussaillement et d’aménagement forestier (PIDAF).

Le code forestier en particulier dans son livre III.
Le code de l’urbanisme à travers les plans d’occupation des sols (POS) devenus les plans locaux d’urbanisme (PLU) et les plans d’aménagement de zones (PAZ) intègrent les zones à risque et définissent les conditions d’utilisation des sols.

Les directives territoriales d’aménagement (DTA), stratégies d’aménagement à moyen et long terme prennent également en compte les risques feux de forêt.

L’information préventive

Le code de l’environnement précise, dans l’article L 125.2 de la loi du 22 juillet 1987, la nécessité d’une information préventive des populations.

Au niveau des départements
- La réalisation des dossiers départementaux des risques majeurs (DDRM).

Au niveau des communes
- La réalisation de dossiers communaux synthétiques (DCS) et de dossiers d’information communaux sur les risques majeurs (Dicrim) établis par le maire.

Préfecture de……………………… Commune de …………………………

FEU DE FORÊT
Surpris par un feu de forêt, vous devez :

Ouvrir le portail de votre terrain :
Pour faciliter l’accès des pompiers

Fermer les bouteilles de gaz situées à l’extérieur
et les éloigner si possible du bâtiment :
Pour éviter une explosion

Rentrer dans la bâtiment le plus proche :
Un bâtiment solide et bien protégé est le meilleur abri

Fermer les volets, portes et fenêtres :
Pour éviter de provoquer des appels d’air

Boucher avec des chiffons mouillés toutes les entrées d’air
(aérations, cheminées…) ; arrêter la ventilation :
La fumée arrive avant le feu

Suivre les instructions des pompiers :
Ils connaissent le danger

 

LE PASSAGE DU FEU NE DURE PAS TROP LONGTEMPS
Gardez votre calme, les services de secours sont prêts à intervenir

LES RÉFLEXES QUI SAUVENT

Ouvrez le portail de votre terrain Ne vous approchez jamais à pied ou en voiture d’un feu de forêt Fermez les bouteilles de gaz à l’intérieur
Pour mieux connaître ce risque et sa prévention,
consultez dès maintenant le dossier complet en mairie
Enfermez vous dans un bâtiment
Fermez les volets

Le maire appose ces affiches :
Dans les locaux accueillant plus de 50 personnes
Dans les immeubles regroupant plus de 15 logements
Dans les terrains de camping ou stationnement de caravanes regroupant plus de 50 personnes.

Ces trois derniers documents disponibles en mairie, ne sont pas imposables au tiers.

Les structures

La création de l’entente interdépartementale protège la forêt contre l’incendie dans 15 départements. Elle coordonne les actions de l’État, des collectivités locales et des partenaires privés. Elle supervise le fichier Prométhée, créé en 1973. Elle fédère et harmonise les données en provenance de sources diverses et les redistribue à tous ceux concernés par les incendies de forêts. Mise à jour quotidiennement, on y trouve pour chaque incendie : le lieu, la date, l’heure, les circonstances, l’origine, les surfaces atteintes, les moyens engagés, les dommages… En 2002, on comptait 1 677 feux de forêts pour 6 299 hectares.

Au niveau individuel
Sensibilisation des populations sur le danger des mégots, des barbecues, et le rôle essentiel des propriétaires dans l’entretien des terrains boisés…

Les parades techniques

Elles sont diverses :
- Aménagements de la forêt : équiper les forêts de pistes pour l’accès des pompiers, points d’eau, replanter avec des espèces pyro-résistantes, débroussailler.
- Résorption des causes des incendies en contrôlant l’écobuage, réoccuper la forêt et ses alentours par des activités agropastorales.
- Surveillance assurée par un dispositif complexe en liaison radio permanente : tours de guet sur des points hauts et dégagés, patrouilles de surveillance tout terrain de l’ONF…, patrouilles aériennes.

[ Pour en savoir + ]

La recherche

Certaines structures développent des programmes de recherche sur les différents aspects du risque incendie de forêt à partir d’enquêtes, de modélisation et d’études. Au niveau français, le Cemagref et au niveau européen, le saltus.

Gestion de la crise

Les acteurs de la surveillance et ceux chargés des secours sont regroupés au sein de la Défense de la forêt contre les incendies (DFCI). Il existe également deux centres interrégionaux de coordination de la sécurité civile (CIRCOS) situés à Bordeaux (Gironde) et à Valabre (Bouches-du-Rhône). Les sapeurs-pompiers, en cas de grands incendies, disposent de moyens terrestres importants et aériens (avions, hélicoptères bombardiers d’eau, canadairs). Par leur disponibilité et leur mobilité, les équipes de surveillance permettent d’attaquer plus rapidement les départs du feu. En réduisant de 10 minutes les délais d’intervention, plus de 90 % des incendies sont contenus sous le seuil de 10 ha. En cas d’incendie, la population est informée par le signal national d’alerte. Pour tous les risques majeurs, il existe des consignes générales, complétées par des consignes spécifiques à chaque risque. Dans l’application des conduites à tenir (CAT), le rôle de chacun est essentiel.

AVANT

- Repérer les chemins d’évacuation, les abris ;
- Prévoir les moyens de lutte (points d’eau, matériels) ;
- Vérifier l’état des fermetures, portes et volets, la toiture.

PENDANT

si l’on est témoin d’un départ de feu :
- informer les pompiers (18) le plus vite et le plus précisément possible ;
- si possible attaquer le feu ;
- dans la nature, s’éloigner dos au vent.
- si on est surpris par le front de feu, respirer à travers un linge humide ; à pied, rechercher un écran (rocher, mur…) ; en voiture, ne pas sortir.
- une maison bien protégée est le meilleur abri : fermer et arroser volets, portes et fenêtres ;
- occulter les aérations avec des linges humides ;
- rentrer les tuyaux d’arrosage.

Après crise

Contrairement à d’autres risques naturels, ce n’est pas la garantie « catastrophes naturelles » qui s’applique. Les préjudices causés par les feux de forêt figurent en effet parmi les risques assurables et peuvent donc faire l’objet d’un dédommagement, au titre du régime de l’assurance incendie.


La France méditerranéenne en feu
retour sur les incendies de forêts de l’été 2003 (Géoconfluence)
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