Risques naturels

En bref : Ces risques ont des conséquences différentes selon les climats, les régions et les populations concernés. Leur réduction nécessite une connaissance approfondie des séismes, des tempêtes, des inondations ainsi que des enjeux humains, économiques et environnementaux. Souvent, leurs conséquences peuvent être aggravées par la présence de risques technologiques. Actuellement, les aspects réglementaires se renforcent, de nombreuses recherches et diverses techniques cherchent à réduire les effets des aléas et à mieux protéger les enjeux. Renforcer la prévision et la prévention ainsi que l’information des populations, imposée par la loi de 1987, devrait permettre de réduire ces risques. La gestion de la crise et de la post-crise nécessite une coordination des différents acteurs. L’école intègre peu à peu dans ses pratiques cette culture du risque ainsi que la connaissance de comportements adaptés à de telles situations.

Risque avalanche
Risque tempête
Risque séisme
Risque mouvement de terrain
Risque cyclone
Risque feu de forêt
Risque volcanique
Risque inondation

Risque mouvement de terrain

Définition

Les mouvements de terrain regroupent un ensemble de déplacements, plus ou moins brutaux, du sol ou du sous-sol, d’origine naturelle ou anthropique.
- les affaissements et les effondrements de cavités.
- les chutes de pierre et éboulements.
- les glissements de terrain.
- les avancées de dunes.
- les modifications des berges de cours d’eau et du littoral.
- les tassements de terrain provoqués par les alternances de sécheresse et de réhydratation des sols.
Ils peuvent être regroupés en deux grandes catégories, à savoir les processus lents et continus (tels que les affaissements, tassements…), et les événements plus rapides et discontinus (les effondrements, les éboulements, les chutes de pierres, etc.).

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Historique

Dans le monde, les mouvements de terrain provoquent la mort de 800 à 1 000 personnes par an, sans compter les mouvements dus aux séismes, probablement les plus meurtriers. En France, les zones soumises aux mouvements de terrain sont surtout les Alpes et de façon moindre les Pyrénées, en raison de l’existence de reliefs très contrastés et de conditions climatiques rigoureuses. Si les conditions géologiques et climatiques sont réunies, on peut observer dans certaines régions des glissements sur les pentes, l’effondrement de carrières, de cavités naturelles mais aussi du sous-sol de nombreuses villes souvent à caractère patrimonial. Actuellement, des glissements très importants, amorcés depuis quelques années, sont sous haute surveillance :
- La Clapière (Alpes-Maritimes) : une masse de l’ordre de 50 millions de m3 de matériaux instables est susceptible de glisser et de barrer la vallée de la Tinée, provoquant l’inondation en amont de Saint-Étienne-de-Tinée et, en cas de rupture de ce barrage instable, la destruction, par la vague déferlante, des villages situés en aval.
- Les Ruines de Séchilienne (Isère) : 20 millions de m3 qui pourrait barrer la vallée de la Romanche et, en cas de rupture, provoquer l’inondation de l’agglomération grenobloise.

Le risque est la confrontation d’un aléa ou de plusieurs aléas avec un ou des enjeux. Les mouvements de terrain de grande ampleur peuvent être à l’origine de phénomènes induits plus graves encore : inondations, vague déferlante, ondes de submersion dues à la chute d’une masse de terrain dans la retenue d’un barrage par exemple.

Glissement de terrain de la montagne de la Clapière, St Étienne-de-Tinée, Alpes-Maritimes, France.
© Avec l’aimable autorisation du Dr. Raymond Piccoli.

Aléa

Les mouvements lents et continus

Souvent aggravés par l’eau de ruissellement et d’infiltration. On distingue :

Les affaissements
Évolution de cavités souterraines dont l’effondrement est amorti par le comportement souple des terrains superficiels :
- des vides naturels par dissolution de roches solubles, calcaires, gypse… comme à Draguignan ;
- des ouvrages souterrains exécutés sans précaution comme le métro de Paris ;
- des carrières souterraines de calcaire, craie, mines de sel, de charbon, comme les marnières en Haute-Normandie ;
- des ouvrages souterrains (caves…) laissés à l’abandon comme à Saint-Émilion ou encore à Laon.

Les tassements
Diminution de volume de certains sols vaseux, tourbeux, argileux…, sous l’effet des charges appliquées et/ou de la surexploitation des nappes aquifères. Ces phénomènes peuvent être de grande extension, exemple de Mexico. Cette ville, construite sur des alluvions, s’est tassée de 7 mètres depuis le début du siècle par exploitation excessive de la nappe tout comme à Osaka, Bangkok, Venise.

Les phénomènes de gonflement-retrait
Les sols argileux se gonflent en période de pluie et se rétractent en période de sécheresse. Les arbres peuvent accentuer ce phénomène. Plusieurs dizaines de milliers de constructions ont ainsi été endommagées au cours de la sécheresse qui a affecté la France de 1989 à 1992. (Tassement, gonflement-retrait, Pise en Italie).

Les glissements de terrain
Avant la rupture, un versant instable se déplace par gravité de quelques mm à quelques dm par an pour s’accélérer en phase paroxysmale à quelques mètres par jour. Pour les couches profondes, les volumes de terrain en jeu sont considérables plusieurs millions de m3 (glissement d’Harmalières, en mars 1981, qui a affecté 50 hectares, ou encore Glissement de terrain, La Conchita en Californie).

Les mouvements rapides et discontinus

Les effondrements
Déplacements verticaux instantanés de la surface du sol par rupture brutale de cavités souterraines préexistantes, naturelles ou artificielles telles que les mines ou les carrières. Souvent, une excavation grossièrement cylindrique appelée fontis, apparaît. L’Inspection générale des carrières (IGC) surveille les carrières de Paris et de la Petite couronne soit 2 349 hectares « minés », parfois sur plusieurs niveaux avec du gypse, de la craie et surtout du calcaire grossier. (Effondrement d’une cavité naturelle par dissolution du gypse, Bargemont en France).

Les écroulements et chutes de blocs
Résultat de l’évolution de falaises allant de la simple chute de pierres inférieures à 0,1 m3, à l’écroulement catastrophique supérieur à 10 millions de m3 avec, dans ce dernier cas, une extension importante des matériaux éboulés et une vitesse de propagation supérieure à 100 km/h. (Chute de bloc, La clapière, Alpes-Maritimes en France)

Les coulées boueuses et torrentielles
Phénomènes caractérisés par un transport de matériaux plus ou moins fluide :
- coulées boueuses sur des pentes lors d’un afflux d’eau ;
- coulées torrentielles dans le lit de torrents au moment des crues ;
- lahars liés à l’activité volcanique.

L’érosion littorale
Les zones littorales sont soumises à un recul quasi généralisé :
- glissements ou effondrements dans le cas de côtes à falaises du Nord-Pas-de-Calais, en Normandie et la Côte Basque…
- érosion dans le cas de côtes basses sableuses : chaque année 800 km reculent de 1 m et 1 000 km reculent de 0,5 m.
Le plus souvent lente et progressive inférieure à 0,5 m/an, cette érosion peut être spectaculaire lors de fortes marées et de tempêtes, brutale de 5 à 10 m en un seul hiver en Vendée, 100 m en 2 heures à la Pointe de la Coubre.

Enjeux

humains
Une dizaine de morts par an en France résultant essentiellement des mouvements rapides.

matériels
Endommagement, destruction, interruption d’activité, perte de production, obstruction de voies de communication, gel de terrains pouvant toucher, en montagne, des villages entiers comme Avignonnet dans l’Isère… Dans certaines régions du globe, le coût annuel peut atteindre quelques millions d’euros.

Environnementaux
Destruction de forêts, recul du littoral, modification des systèmes d’écoulement superficiel, modification des paysages…

Prévention

La prévention des risques et la protection des populations nécessitent des mesures collectives et individuelles.

La vigilance

Face à des mouvements de terrain déclarés, elle consiste, à partir de mesures topographiques, d’études géologiques et géomécaniques, à élaborer un modèle interprétatif. On dénombre trois types d’évolution :
– état stationnaire : la déformation évolue régulièrement. Le risque de rupture soudaine très faible, nécessite cependant de maintenir la surveillance ;
– amortissement : la déformation diminue, le risque de rupture aussi, mais le mouvement peut reprendre ;
– aggravation : le mouvement évolue vers la rupture. L’expert doit juger de la gravité de la situation, des délais de rupture et donc de l’opportunité d’une évacuation.

Mais ces phénomènes complexes et les profils délicats à interpréter, obligent l’expert à suivre plusieurs paramètres pour valider en permanence le modèle de comportement du mouvement qu’il a élaboré. Les plans communaux d’alerte, d’information des populations, d’évacuation et de secours ont été, sont ou seront réalisés pour les communes menacées. Ils prévoient des « scénarios catastrophes », prennent en compte les caractéristiques des populations concernées, les secours, les voies de communication, les itinéraires et moyens d’évacuation, les lieux d’hébergement….

Aspects législatifs et documentaires : Cartographie des aléas et zonage

La manifestation des mouvements de terrain est variable. Chaque événement est unique et ne se reproduit pas dans les mêmes conditions. Toutefois ceux connus et constatés, constituent des indices essentiels. À partir de ces données sont déterminés des aléas de référence pris en compte pour réaliser les plans nécessaires à des aménagements durables et préserver la sécurité des personnes et des biens. Les cartes de zones exposées aux risques de mouvements des sols (cartes Zermos) permettent d’effectuer un zonage du territoire en fonction de l’intensité, de la gravité et de la probabilité d’apparition des mouvements de terrain. Ce zonage nécessite une analyse des événements passés et des facteurs d’instabilité comme la pente, la géologie, la météorologie… Ces cartes, sans valeur juridique ni réglementaire, servent de base à l’établissement des plans d’exposition aux risques (PER mouvement de terrain) devenu plans de prévention des risques (PPR). Ils intègrent le risque mouvement de terrain dans les documents d’urbanisme (PLU), en définissant trois zones, les couleurs définissent le niveau de l’aléa :
- zone rouge, inconstructible ;
- zone bleue, à risque moyen, des mesures de protection peuvent être prises (maîtrise des eaux de ruissellement, respect de la stabilité précaire des pentes…) ;
- zone blanche, présumée sans risque. EXEMPLE DE LAON
Les plans de prévention des risques naturels (PPR) et l’information préventive des populations sont développés dans l’approche globale.

Les parades techniques

Les parades actives
– suppression de la masse présentant un risque : purge, abattage…
– confortement de la masse instable : piliers, ancrage, injection de béton, mur de soutènement.
– Stabilisation : reboisement, végétalisation.
– Action sur l’eau : collecte des eaux de surface, drainage…

Les parades passives
– Système de déviation, de guidage, de freinage et d’arrêt des éboulis : grillage, filets, murs, fossés, plage de dépôts…

Filet de protection, La Réunion.
– Dispositions constructives : renforcement des façades et fondations profondes pour les ouvrages exposés…

Casquette pare blocs et galerie, Suisse.

La recherche

Les systèmes d’informations géographiques (SIG), sont des outils informatiques qui permettent de réaliser des superpositions cartographiques et des traitements de l’information sur ordinateur. Les différentes cartes existantes (topographie, localisation de phénomènes naturels, zones habitées…) sont numérisées et organisées dans le SIG pour pouvoir être superposées les unes aux autres pour analyser, comprendre et modéliser des situations particulières et de comprendre l’organisation dans l’espace des différents objets.
Quels sont les terrains géologiques les plus propices aux mouvements de terrain ?
Quels sont les secteurs d’une ville le plus souvent inondés ?

Les SIG sont des outils intéressants car les documents informatiques peuvent être modifiés et mis à jour facilement et rapidement. Lorsque les données sont stockées dans un SIG, il faut préciser l’échelle de validité de l’information (1/1 000 000, 1/25 000, 1/100…), ainsi que le système de projection géographique utilisé et si l’on superpose des cartes numérisées sous des systèmes de projection différents, on obtiendra des représentations erronées (pont à côté de la route, maison en mer…)

[ Pour en savoir + ]

Gestion de la crise

Pour les risques majeurs, il existe des consignes générales complétées par des consignes spécifiques à chaque risque. Dans l’application des conduites à tenir (CAT), le rôle de chacun est essentiel. Les consignes générales sont applicables, à L’EXCEPTION BIEN ÉVIDEMMENT DU CONFINEMENT, REMPLACÉ ICI PAR L’ÉVACUATION.

AVANT

Les équipements minimums
- Radio portable avec piles.
- Lampe de poche.
- Eau potable.
- Papiers personnels.
- Médicaments urgents.
- Couvertures.
- Vêtements de rechange.
- Matériels de confinement.

S’informer en mairie
- Sur les risques encourus.
- Sur les consignes de sauvegarde.
- Sur le signal d’alerte.
- Sur les plans d’intervention.

Organiser
- Le groupe dont on est responsable.
- Discuter en famille des mesures à prendre si une catastrophe survient, (protection, confinement, évacuation, points de ralliement).

Simulations (exercices)
- Y participer ou les suivre.
- En tirer les conséquences.

PENDANT

Évacuer
- Ne pas chercher à rejoindre les membres de sa famille.
- Suivre les consignes données par la radio.

S’informer
- Écouter la radio : les premières consignes seront données par France-Inter.

Informer
- Le groupe dont on est responsable.

Maîtriser le comportement
- De soi, des autres.
- Aider les personnes âgées et handicapées.
- Ne pas téléphoner.
- Ne pas fumer.

Après crise

S’informer
- Écouter et suivre les consignes données par la radio et les autorités.

Informer
- Les autorités de tout danger observé.

Apporter une première aide aux voisins
- Le groupe dont on est responsable.

Évaluer
- Les dégâts.
- Les points dangereux (s’en éloigner).

La loi n° 82-600 du 13 juillet 1982 modifiée, relative à l’indemnisation des victimes de catastrophes naturelles (art. L.125-1 à L.125-6 du code des assurances) a fixé pour objectif d’indemniser les victimes de catastrophes naturelles en se fondant sur les principes de solidarité nationale. Valable pour tous à l’exception du risque feux de forêt.

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