Risques naturels

En bref : Ces risques ont des conséquences différentes selon les climats, les régions et les populations concernés. Leur réduction nécessite une connaissance approfondie des séismes, des tempêtes, des inondations ainsi que des enjeux humains, économiques et environnementaux. Souvent, leurs conséquences peuvent être aggravées par la présence de risques technologiques. Actuellement, les aspects réglementaires se renforcent, de nombreuses recherches et diverses techniques cherchent à réduire les effets des aléas et à mieux protéger les enjeux. Renforcer la prévision et la prévention ainsi que l’information des populations, imposée par la loi de 1987, devrait permettre de réduire ces risques. La gestion de la crise et de la post-crise nécessite une coordination des différents acteurs. L’école intègre peu à peu dans ses pratiques cette culture du risque ainsi que la connaissance de comportements adaptés à de telles situations.

Risque avalanche
Risque tempête
Risque séisme
Risque mouvement de terrain
Risque cyclone
Risque feu de forêt
Risque volcanique
Risque inondation

Risque tempête

Définition

Une tempête correspond à l’évolution d’une perturbation atmosphérique ou d’une dépression, dans laquelle se confrontent deux masses d’air bien distinctes par les températures, l’humidité… On parle de tempêtes pour des vents moyens supérieurs à 89 km/h. En Europe, le risque tempête concerne en premier lieu le nord du continent car situé sur la trajectoire d’une grande partie des perturbations atmosphériques. En France, l’ensemble des zones littorales sont les plus concernées telles que la façade atlantique et les côtes de la Manche. Selon Météo-France, en France chaque année, une tempête sur dix peut être qualifiée de « forte » selon le critère utilisé par cet organisme si au moins 20 % des stations départementales enregistrent un vent maximal instantané quotidien pouvant atteindre 200 km/h.

© NOAA Photo Library

Les tornades sont des phénomènes atmosphériques très voisins. Ce sont des tourbillons de vents violents pouvant atteindre 500 km/h qui se manifestent par une colonne nuageuse d’axe quasi vertical, le tuba, accolé à la base d’un cumulonimbus. Les tornades sont rendues visibles en particulier par des poussières, du sable ou des débris divers soulevés du sol. Toujours accompagnées d’orages et de pluies diluviennes, elles entraînent d’importants dommages malgré leur courte durée de vie. En effet, à l’action du vent s’ajoute le rôle de la très rapide baisse de pression constatée lors de leur passage qui peut entraîner une véritable explosion des bâtiments . Les tornades se produisent au plus fort des orages * multicellulaires * ou * supercellulaires *.

Quelques photos d’orages…

Historique

Lors de la tempête des 2 et 3 septembre 1983, le naufrage d’un caboteur panaméen libère 160 tonnes de fioul léger et 20 tonnes de fioul lourd polluant dix kilomètres de côtes du Finistère. Lors des 25-27 et 30 janvier 1990, des tempêtes sur l’Europe provoquent 11 victimes et environ un milliard d’euros de dégâts en France.

En France, les tempêtes de décembre 1999 ont causé la mort de 92 personnes, la destruction d’environ 500 000 ha de forêts et plus de deux milliards d’euros de dommages.

 

Aléa

La troposphère, partie basse de l’atmosphère, siège d’un brassage de masses d’air horizontal et vertical, est le domaine de la majeure partie des phénomènes météorologiques.

[ Consulter également … ]

La surface de deux masses d’air voisines, de caractéristiques différentes, appelée front peut donner naissance à une perturbation et à une tempête. Par exemple, un front chaud sépare une masse d’air chaud poussant une masse d’air froid. Au contact de l’air froid, l’air chaud, chargé d’humidité, se refroidit. La condensation engendre nuages et pluie.

[ Pour en savoir + ]

Les manifestations des tempêtes
- Les vents, conséquences directes de l’inégalité des pressions, sont d’autant plus violents que la chute de pression est importante et rapide entre l’anticyclone (zone de hautes pressions) et la dépression (zone de basses pressions). On parle de tempêtes pour des vents moyens supérieurs à 89 km/h soit de degré 10 sur l’échelle de Beaufort qui en comporte 12, échelle conçue par Francis Beaufort en 1805 qui désigne la force du vent par des degrés ; elle a évolué et la présentation ci-dessous est utilisée internationalement depuis 1946.
- Les pluies potentiellement importantes et violentes accompagnent le plus souvent les tempêtes ce qui peut générer des inondations, des glissements de terrains, des coulées boueuses… Sur le littoral, l’effet tempête est renforcé par l’action des vagues déferlantes. Par exemple un vent de 130 km/h peut engendrer des vagues de 15 m de haut et le phénomène de marée de tempête correspondant à une hausse temporaire du niveau de la mer. Interviennent également, la topographie, la surface du sol et la force de Coriolis.

[ Pour en savoir + ] : Tempête de décembre 1999.

Enjeux

Du fait de la pluralité des effets (vents, pluies, vagues…) et des zones géographiques touchées, les conséquences sont importantes pour les hommes, les activités et l’environnement.

Humains
Les tempêtes peuvent faire de nombreuses victimes ; sans-abri, blessés et morts.

Économiques
Destructions, détériorations, dommages aux bâtis et aux biens, aux ouvrages comme ponts, routes… ; destructions des réseaux électriques, téléphoniques…

Environnementaux
Destruction de la faune, la flore en particulier la forêt, dépôts de déchets, accumulation de boues…

Les pluies et état de la mer, peuvent amplifier les dégâts causés par le vent en provoquant des inondations, des glissements de terrain, des coulées de boue… Conjonction entre aléas et enjeux, les différentes phases du risque tempête comprennent la prévention, la protection, la gestion de la crise proprement dite, les aspects réparations et les leçons à tirer.

Prévention

La vigilance
• Au niveau international

Depuis 1950, une surveillance existe avec l’Organisation météorologique mondiale (OMM), réseau international de 10 000 stations terrestres d’observation et 7 000 stations sur navires dont 120 pour la France. Ce réseau chargé de recueillir et de communiquer les données météorologiques relevées dans le monde (par avions, satellites, bouées en mer…) permet de faire des prévisions fiables à cinq jours.

[ Pour en savoir + ]

• Au niveau national et régional

Chaque jour, Météo France émet des bulletins qui informent sur un risque éventuel de tempête. Lors d’une mise en vigilance orange ou rouge, des bulletins de suivi nationaux et régionaux précisent :
- la description de l’événement ;
- sa qualification ;
- les conseils de comportement ;
- la date et heure du prochain bulletin.

En cas de situation orange, les conseils comportementaux sont donnés dans les bulletins de suivi régionaux. Ils sont repris voire adaptés par le préfet du département. Mis en pré alerte par le préfet, les services opérationnels et de soutien préparent en concertation avec le Circosc (Centre interrégional de coordination de la sécurité civile) un dispositif opérationnel. En cas de situation rouge, les consignes de sécurité à l’intention du grand public sont données par le préfet de département sur la base des bulletins de suivis nationaux et régionaux. Le dispositif de gestion de crise est activé à l’échelon national, départemental et communal.

Les bulletins spéciaux prennent deux formes :
• Communiqué météorologique spécial (CMS) destiné aux services de sécurité et aux médias.
• Bulletin d’alerte (BA) destiné aux autorités et services chargés d’alerter la population. Il permet aux services concernés (DSC, DRM, EDF…) de prendre les dispositions.

La procédure vigilance météo mise en service en octobre 2001 par Météo-France, a pour objectif de souligner et de décrire les dangers des conditions météorologiques des prochaines 24 h. La carte de vigilance, élaborée deux fois par jour, à 6 heures et 16 heures, horaires compatibles avec une diffusion efficace pour les services de sécurité et les médias, a trois objectifs :
- donner aux autorités publiques, à tous les échelons, les moyens d’anticiper une crise majeure par une annonce plus précoce et davantage ciblée que d’autres phénomènes majeurs ;
- fournir aux préfets, aux maires et aux services opérationnels les outils de prévision et de suivi permettant de préparer et de gérer une telle crise ;
- assurer simultanément l’information la plus large possible des médias et de la population en donnant les conseils ou les consignes de comportement adaptés à la situation.

Les outils de la vigilance : codes couleurs des cartes de vigilance

  Pas de vigilance particulière ;
  Phénomènes habituels dans la région, mais occasionnellement dangereux ;
  Vigilance accrue nécessaire, phénomènes dangereux d’intensité inhabituelle prévus ;
  Vigilance absolue obligatoire, phénomènes dangereux d’intensité exceptionnelle prévus.

• Au niveau régional

Les bulletins météorologiques spéciaux (BMS), envoyés par le SMIR (service météorologique interrégional), comportent un avis de coup de vent et de tempête quand les conséquences du phénomène sont maîtrisables. Ces bulletins précisent la nature du risque, les zones concernées, les caractéristiques de la menace (vitesse des vents…). Ils sont destinés aux décideurs : DSC, DRM (délégation risque majeur), stations météorologiques…

Les aspects législatifs et documentaires

L’information préventive
La loi du 22 juillet 1987 a instauré le droit des citoyens à une information sur les risques majeurs auxquels ils sont soumis sur tout ou partie du territoire, ainsi que sur les mesures de sauvegarde qui les concernent (article L125.2 du Code de l’environnement). Sous l’autorité du préfet des documents d’information des populations sont réalisés, généralement par les services interministériels de défense et de protection civiles (SIDPC) :
- Les dossiers départementaux des risques majeurs (DDRM)
- Les dossiers communaux synthétiques (DCS)
- Les dossier d’informations communales sur les risques majeurs (DICRIM)

Les aspects techniques

Dans les zones plus particulièrement sensibles notamment littorales et vallées canalisant les vents, les constructions et l’urbanisme sont adaptés à des normes :
- pente du toit ;
- orientation des ouvertures ;
- importance des débords ;
- ancrage des cheminées, des toits ;
- élagage des arbres potentiellement dangereux ;
- amarrage de tout objet susceptible de se transformer en projectile.
L’objet de ces normes n’est pas de réaliser des édifices résistants mais d’accorder une attention particulière aux détails de construction améliorant la résistance générale des bâtiments au phénomène.

La recherche

© NOAA Central Library

L’observation des paramètres météorologiques
L’Organisation météorologique mondiale (OMM) coordonne à l’échelle mondiale, par le biais de la Veille météorologique mondiale (VMM), la collecte et la diffusion des observations nécessaires aux prévisions.
Les observations utilisées sont :
- les mesures régulières, réalisées à partir de stations météorologiques de surface et à partir de navires ;
- les profils verticaux de vents, température et humidité établis à partir de ballons sondes lâchés sur terre et sur mer à heures fixes ;
- les mesures effectuées par les avions commerciaux ;
- les mesures réalisées en mer par des bouées dérivantes ou fixes (300 environ) ;
- les mesures effectuées par des satellites en orbite polaire.
Toutes les six heures, 15 000 observations sont ainsi effectuées et réceptionnées de façon continue à Toulouse.

L’exploitation des paramètres météorologiques
La simulation numérique est le principal outil employé par les météorologistes pour prévoir l’évolution de l’atmosphère, et le temps qu’il va faire. Une coopération indispensable va du simple échange d’idées et de méthodes à la réalisation de modèles communs, ou même jusqu’à l’installation de centres communs de production de prévisions météorologiques. Parmi les réalisations de modèles communs à divers services météorologiques, on peut citer en particulier :
- Le modèle Hirlam (High Resolution Limited Area Model), résultat de la coopération engagée depuis 1985 par les pays scandinaves, l’Irlande, les Pays-Bas et l’Espagne ;
- le modèle Arpège-IFS (Integrated Forecast System) développé par Météo France et le CEPMMT (Centre européen pour les prévisions météorologiques à moyen terme) depuis 1987. Le modèle IFS du Centre européen de la prévision atmosphérique à moyen terme, et le modèle global (grande échelle) Arpège centré sur la France mis en service en décembre 1993, fournit des prévisions deux fois par jour, à trois ou quatre jours d’échéance. Une des originalités d’Arpège est la variation dans l’espace de sa résolution c’est-à-dire plus fine dans les zones jugées intéressantes (20 km environ sur la France), plus large aux antipodes (240 km) ;

- le modèle Aladin développé par Météo France en collaboration avec des chercheurs d’Europe orientale à partir de 1992, exploité depuis par certains pays d’Europe de l’Est, la France, le Maroc et la Belgique. Le modèle à domaine limité Aladin-France fournit des prévisions à échelle plus fine, puisque la maille est d’environ 10 Km et à courte échéance (48 heures le matin et 36 heures le soir).

Deux centres météorologiques sont exploités en commun en Europe :
- le CEPMMT, (Centre européen pour les prévisions météorologiques à moyen terme) créé en 1974, regroupe dix-huit pays d’Europe occidentale, est situé à Reading (Royaume-Uni) ; il fournit quotidiennement des prévisions à moyenne échéance jusqu’à dix jours ;
- le centre RC LACE (Regional Center for Limited Area Modelling in Central Europe), créé en 1994, regroupe six pays d’Europe centrale et orientale à savoir l’Autriche, la Croatie, la Hongrie, la République tchèque, la Slovaquie et la Slovénie ; il fait fonctionner deux fois par jour, sur un ordinateur installé à Prague, un modèle à domaine limité fournissant des prévisions à échelle fine jusqu’à deux jours d’échéance.

Gestion de la crise

La planification des secours a pour but la mise en place rapide et efficace de tous les moyens de secours disponibles pour faire face à une situation de crise c’est le cas des plans d’organisation des secours (Orsec), mis en place par l’article 2 de la loi 87-565 du 22 juillet 1987.

Conseils de comportement
Une fois prévenu de ce risque, il s’agit de choisir un abri sûr pour soi et les animaux, de sécuriser les objets qui pourraient être endommagés et/ou servir de projectiles. Dans la mesure du possible :
- rester chez soi ;
- continuer de s’informer de l’évolution de la situation en restant à l’écoute de vos stations de radio locales ;
- prendre contact avec les voisins pour s’organiser ;
- débrancher antennes et appareils électriques

• En cas d’obligation de déplacement
- se limiter au strict indispensable en évitant les secteurs forestiers ;
- signaler départs et destinations aux proches.

• Pour protéger votre intégrité et votre environnement proche
- ranger ou fixer les objets sensibles aux effets du vent ou susceptibles d’être endommagés ;
- n’intervenir en aucun cas sur les toitures ;
- ne pas toucher à des fils électriques tombés au sol ;
- riverain d’un estuaire, surveiller la montée des eaux, envisager de possibles inondations ;
- prévoir des moyens d’éclairage de secours ;
- faire une réserve d’eau potable ;
- en cas d’utilisation d’un dispositif d’assistance médicale (respiratoire ou autre) alimenté par électricité, contacter l’organisme qui en assure la gestion.

Il faut noter que les tempêtes s’accompagnent souvent de fortes précipitations, s’ajoutent alors les consignes spécifiques au risque inondation.

[ Pour en savoir + ]

Après crise

Après la tempête, il est nécessaire de supprimer tout futur risque éventuel de chute d’objets, d’électrocutions, réparer l’urgent et faire le bilan des dommages.

L’indemnisation
La loi n° 90-509 du 25 juin 1990 (extension de la loi n° 82-600 du 13 juillet 1982) prévoit que les effets du vent dus aux tempêtes sont écartés du champ d’application du régime d’indemnisation des catastrophes naturelles (défini par la loi n° 82-600 du 13 juillet 1982). Ils relèvent d’une garantie spécifique volontaire de la part de l’assuré, alors annexée aux contrats classiques d’assurance (dommages aux biens et pertes financières induites).

La garantie « tempête » couvre, non seulement les effets du vent (tempête, ouragan, cyclone), mais aussi les dommages causés par la pluie, la neige ou la grêle. Sont ainsi assurés les dommages matériels causés par :
- l’action directe du vent ou du choc d’un corps renversé ou projeté par le vent (ex : toitures endommagées, tuiles arrachées, façades abîmées par la chute d’un arbre ou la cheminée du voisin…) ;
- le poids de la neige ou de la glace accumulée sur les toitures et les chéneaux ;
- l’humidité due à la pluie, la neige ou la grêle pénétrant à l’intérieur du bâtiment assuré et détruit ou endommagé par l’un de ces phénomènes naturels ;
- la grêle.

La garantie tempête peut aussi couvrir des dommages indirects : privation de jouissance (frais de relogement), honoraires d’expert, dommages électriques, frais de déblais des décombres… Seuls sont en principe indemnisés les dommages survenus pendant le sinistre et au cours des 48 heures suivantes.

[ Pour en savoir + ]

En ce qui concerne les effets dus aux vents, les assureurs ne prennent en compte que les vents d’une intensité anormale (plus de 100 km/h), à l’origine de nombreux dommages affectant des bâtiments de bonne construction (c’est-à-dire en mesure de résister à l’action habituelle des vents). Il faut que ces dommages aient une ampleur exceptionnelle (destructions nombreuses dans la commune où se situent les biens sinistrés et dans les communes environnantes). Suite à une tempête, même si le contrat d’assurance ne couvre pas les dommages subis, l’assuré est tenu :
- de déclarer le sinistre à son assureur dans les cinq jours qui suivent la prise de connaissance du sinistre par l’assuré ;
- de garder les justificatifs et de conserver une preuve des dommages (photographies) dans l’hypothèse où des réparations ont été effectuées avant passage de l’expert.

[ Pour en savoir + ] sur les consignes en cas de tempête

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