| Origines
et compositions du sol
En bref : un sol est formé
d’une fraction minérale issue des roches du sous-sol, d’humus
et d’une multitude d’êtres vivants. Il provient le plus
souvent de la dégradation de roches originelles dites matériau
parental. Celles-ci subissent peu à peu et selon les conditions
climatiques et biologiques des transformations plus ou moins profondes
qui aboutissent à une couche de sol plus ou moins épaisse
aux caractéristiques particulières. La texture et la structure
d’un sol conditionnent ses propriétés physiques et
chimiques, en particulier par rapport à l’eau qui y circule.
Le sol, milieu de vie intense, regroupe différents écosystèmes
selon la profondeur et l’humidité, le couvert végétal,
la porosité… Siège de nombreuses réactions
chimiques et de phénomènes biologiques, il constitue, en
particulier avec l’atmosphère et l’hydrosphère,
un des maillons des cycles indispensables à la vie.
• Principaux
composants du sol
• Évolution d’un sol
• Caractéristiques
du sol
•
L’eau dans
le sol
• Vie
du sol et relations alimentaires
• Cycles
biogéochimiques
Principaux composants
du sol
Issu de l’évolution des
roches, le sol est un système complexe formé de très
nombreux composants minéraux et organiques soumis à des
phénomènes physiques, chimiques et biologiques en constante
interaction. Il comprend :
Une fraction
minérale
faite de fragments de roche issus
du sous-sol comprenant, du plus fins au plus gros, des argiles, des
limons, des sables, et d’ions comme les anions phosphate, (PO43-),
sulfate (SO42-) et nitrate (NO3-).
Les silicates tels les argiles, constituent 95 % des roches de la croûte
terrestre ; quant au grain de sable, il s’agit d’un cristal
de quartz, forme cristalline de la silice.
Des organismes vivants
Racines, champignons, invertébrés, quelques vertébrés
et une multitude de micro-organismes qui transforment la matière
organique en matière minérale.
De l’humus
Matière organique en cours de minéralisation essentiellement
issue des feuilles mortes, cadavres, excréments.
Système vivant, le sol contribue à la pérennisation
des cycles de la matière comme ceux de l’azote, du carbone,
du phosphore, du soufre…
En surface, les roches soumises à des variations de température,
au vent et à l’eau éclatent en fragments de plus en
plus petits. On parle de * gélifraction
*, d’érosion éolienne
et hydrique.
Transportés plus ou moins loin par l’eau et le vent, ceux-ci
se déposent sous forme d’argiles, de sables et de limons
et constituent la fraction minérale d’un sol.
Dans le sol, de nombreux phénomènes chimiques interviennent,
telles l’hydrolyse et la dissolution des carbonates. Ils dépendent
des conditions de pH, d’humidité, de température,
d’oxygénation du milieu, ainsi que de la diversité
des êtres vivants.
Des molécules de toute nature vont échanger et mettre en
commun, des * électrons
*, en quantité plus ou moins grande
et plus ou moins rapidement.
Dessin d’un atome

C’est ainsi que les feldspaths et ferromagnésiens sont à
l’origine de la formation des minéraux argileux oxydés,
des oxydes de fer et d’aluminium et des éléments solubles
non argileux. Il est à noter que les silicates tels les argiles,
constituent 95 % des roches de la croûte terrestre et qu’un
grain de sable correspond en réalité à un cristal
de quartz, forme cristalline de la silice.

Évolution
d’un sol
Les sols se forment sur des milliers
d’années. Leur évolution dépend notamment du
relief, de facteurs climatiques, des organismes qui y vivent, de la nature
de la roche-mère du sous-sol et des activités humaines.
Ainsi, selon les aires biogéographiques, les sols évoluent
plus ou moins vite vers un substrat cultivable. Lors de son évolution,
la roche-mère sera altérée dans sa partie supérieure
par des réactions physiques, chimiques et biochimiques, ce qui
« l’éloignera » progressivement de la surface.
On distingue ainsi dans le monde de
nombreux types de sols plus ou moins fertiles et plus ou moins cultivables.
Parmi eux, on compte notamment les podzols, les rendosols ou rendzines
(sols peu évolués et caractérisés par leur
richesse en carbonates), les brunisols (sols bruns pouvant se mettre en
place sous des forêts à feuillage caduque), les rankosols
ou rankers et les calcosols.
[ Pour
en savoir + ]

Caractéristiques
du sol
Le sol comporte trois phases : une
phase solide (qui est minérale et organique), une phase liquide
ou solution du sol (qui correspond à l’eau et aux éléments
dissous), et une phase gazeuse (composée principalement de dioxygène,
de méthane, de dioxyde de carbone)…
Les constituants du sol

Le sol est d’abord caractérisé
par une texture et une structure qui vont fortement conditionner ses propriétés
physiques et chimiques, notamment celles liées à l’eau.
La texture
Elle est la résultante du
mélange argile, sable, limon, dont les pourcentages
varient d’un sol à l’autre.
Échelle granulométrique
de la texture du sol
| Terre
fine |
Terre
grossière |
| Argile |
Limons fins |
Limons grossiers |
Sables fins |
Sables grossiers |
Graviers |
Cailloux |
| < 2 mm |
2 mm à 20 mm |
20 mm à 50 mm |
50 mm à 200
mm |
200 mm à 2 mm |
2 mm à 20 mm |
> 20 mm |
Certains spécialistes, notamment agronomes et pédologues,
savent déterminer approximativement, après humidification,
si le sol est plutôt argileux, limoneux ou sableux. En effet, l’argile
colle aux doigts, au toucher le limon est doux et le sable rugueux.
Test d’estimation de la texture
dominante d’un sol
| TEST |
RÉSULTAT |
CONSÉQUENCE
SUR LA TEXTURE |
| Toucher de la terre sèche |
Soyeux ou talqueux |
Abondance de limons fins |
| Savonneux |
Abondance de limons grossiers |
| Rugueux |
Sables grossiers |
| Réalisation d’un boudin
de terre humide |
Possible |
A>10 % |
| Impossible |
A<10 % |
| Réalisation d’un anneau
avec le boudin de terre |
Fissuration avant 1/2 fermeture de l’anneau |
L>A
A<30 % |
| Fissuration au 3/4 de la fermeture |
L<A
A<30 % |
| Anneau réalisable |
A>30 % |
|
D’après A.
Fleury et B. Fournier, INA P.G. |
De retour au laboratoire, pour déterminer plus finement sa texture,
on évalue pour cet échantillon de sol la teneur en sable,
en argile et limon. Ensuite on utilise un diagramme qui permet de déterminer
la classe texturale du sol, on le dit par exemple limoneux, argilo-sableux,
limono-argilo-sableux…
Par exemple, si le sol a 40 % de sable, on trace la parallèle au
côté limon et séquente au côté
sable à 40 %. De même pour 20 % d’argile,
on trace la parallèle au côté sable et séquente
au côté argile à 20 %. Le point de rencontre
des deux droites correspond à la texture de ce sol. La troisième
parallèle permet de déduire la teneur en limon (40 % dans
cet exemple).
Triangle des textures
 |
A
: argileux
As : argilo-sableux
Al : argilo-limoneux La : limono-argileux
Laf : limono-argileux fins
Las : Limono-argileux sableux |
L
: limoneux
Ls : limono-sableux
Lfa : limoneux fins argileux
Lf : limoneux fins
Ltf : limoneux très fins
Sl : sablo-limoneux
S : sableux |
[ Pour
en savoir + ]

Le complexe argilo-humique
Le calcium du sol va constituer ce
qu’on appelle un pont calcique. En effet, par réactions
chimiques et mises en commun d’électrons, il va se lier
à l’humus et à l’argile, pour former le complexe
argilo-humique (CAH). En retenant, certaines pollutions, celui-ci joue
un rôle prépondérant. Cependant, il est bon de savoir
que cette capacité, appelée pouvoir épurateur est
très limitée.

La structure
Elle correspond à la façon
dont les minéraux sont agencés.
Structure fragmentaire
L’agencement des grains, appelés agrégats
est suffisamment espacé pour permettre à la fois une infiltration
et une rétention suffisante de l’eau nécessaire
à la végétation. De plus ceci favorise les interactions
chimiques, donc le bon fonctionnement des cycles de l’azote, du
carbone, du phosphore et du soufre : c’est la structure la plus
intéressante pour l’agriculture. Il existe plusieurs types
de structure fragmentaire.
Structure particulaire
Elle se caractérise par une agrégation des particules
insuffisamment fines et développées (la plage de sable).
Sa capacité d’infiltration est très élevée
mais sa capacité de rétention très réduite,
le sol est donc incultivable. Cependant, il existe une flore spécifique
adaptée à ces conditions particulières, avec par
exemple des racines profondes et une transpiration réduite.
Structure compacte
À l’opposé de la structure particulaire, elle limite
fortement l’infiltration de l’eau dans le sol qui s’engorge
on le dit saturé en eau. Ce sol s’appauvrit en oxygène
et devient difficilement pénétrable par les racines. Cependant,
certaines plantes tolèrent ces conditions de vie par exemple.

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