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Pierre Garnier


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Pierre Garnier

La poésie spatiale et la nature : je pense que la poésie spatiale tient avant tout dans l’occultation du signe – Dire : le mot est une matière, ou plutôt dire le mot est un mot, c’est dire l’oiseau est un oiseau – ça supprime le signe – ça crée au contraire un monde où le signe s’est recroquevillé, s’est retiré – le spatialisme pur c’est la chaise est le mot chaise ; est le mot chaise – la chaise en tant qu’objet s’est retirée, elle est devenue intouchable – cela veut dire que le poète est libre enfin dans le monde, hors de la désignation, comme l’oiseau se pose sur la branche du pommier sans savoir que « ça » se nomme « pommier » - oh, l’heureuse liberté du monde non désigné ! – Il y a, dans les premiers poèmes spatiaux, un retrait de la chose, une fuite de la chose ; le mot devenant la seule réalité – il se produit un immense espace blanc entre la chose qui n’est plus désignée, et le mot qui la désignait mais ne la désigne plus – pour l’un comme pour l’autre, c’est une nouvelle liberté – d’où cette impression d’objet libre des premiers poèmes spatialistes – le « poème » devient un « électron libre » - le signe est cassé, le mot est déchaîné.