La représentation
du soldat
pendant la Grande Guerre

11. Flaucourt (Somme), le 24 juillet 1916
 
 

La batterie de 155 long qui se trouve à notre droite est commandée par un original. Il fait faire l'appel comme au quartier, tout le monde aligné derrière les pièces. Il fait faire du maniement d'armes. « Quel fou ! Dit notre lieutenant. Il ne se rend pas compte du lieu où il est. Avec toutes ses histoires, ses servants n'auront pas d'abris de bombardement. Un de ces jours, il y aura une catastrophe à cette batterie là ! »

La catastrophe vient rapidement. Un obus de 210 boche tombe non loin de la batterie. Comme il a une fusée à retard il éclate en terre sans lancer aucun éclat mais en remuant une quantité de terre énorme. Le fou veut savoir ce qu'est cela. Il envoie un brigadier avec un homme pour déterrer la fusée de l'obus. Le trou creusé par l'explosion est plein de gaz dégagés par la poudre, aussi l'homme tombe dans le trou, asphyxié. Le brigadier appelle au secours, met un masque et descend dans le trou pour retirer son camarade. Le malheureux ne s'est pas rendu compte que le masque ne sert à rien. Le brigadier tombe asphyxié à son tour. Le capitaine se précipite alors, se fait attacher en dessous des épaules, met son masque et veut descendre. On le descend et on le retire un instant après, à demi asphyxié. Évacué sur l'heure, il ne reparaît plus jamais. Et la batterie voisine redevient normale.





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« La représentation du soldat pendant la Grande Guerre »
Dossier du service éducatif et culturel de l’Historial de Péronne

© CRDP - Académie d’Amiens, septembre 2004
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