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Nous arrivons à Menevillers. Le village n'est pas loin des lignes et il est complètement évacué. Beaucoup de maisons sont touchées par les obus. Des meubles gisent épars jusque dans la rue. J'aperçois en passant une copie du fameux tableau de Millet : l'Angélus, puis c'est un diplôme de tir qui s'envole suivant les caprices du vent. Malgré l'habitude, on ressent vivement l'horreur de toute cette dévastation. Non seulement les maisons sont destinées à être détruites par l'inhabitation autant que par le bombardement, mais les objets intimes sont jetés à la rue, exposés à tous les regards, souillés par la boue et la pluie, déchiquetés par les soldats qui passent.
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