La représentation
du soldat
pendant la Grande Guerre

5. Sauvillers (Somme), le 10 mars 1916
 
 

« Ce qu'on était bête en 1914, dit Prot. En ce temps là, j'ai vu faire tirer trois coups de canon sur un cycliste boche passant sur une route.

Et on avait un matériel épatant, dit Léchoppier. Les tourelles du fort de Moulinville ne voulaient pas fonctionner. On ne savait pas les faire fonctionner. Les canons ne valaient pas cher non plus. Nous avons tiré cinquante coups pour démolir le clocher d'Herméville. Jamais nous n'avons pu en venir à bout. Le clocher était trop loin.

Alors vous avez avancé vos canons ?

Ah ! Mais non ! Il fallait abattre le clocher où un observateur boche venait nous espionner, car le clocher était neutre (ni boche ni français, entre les lignes). Un capitaine a eu un trait de génie. On a chargé un obus sur une brouette et on l'a conduit à Herméville. L'observateur boche s'est sauvé en nous voyant arriver. Nous avons posé l'obus dans le clocher avec une mèche. Puis nous sommes partis. Le clocher s'est abattu quand nous sortions du village ».




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« La représentation du soldat pendant la Grande Guerre »
Dossier du service éducatif et culturel de l’Historial de Péronne

© CRDP - Académie d’Amiens, septembre 2004
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