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Présentation de l'auteur, intérêt des carnets
Instituteur et secrétaire de mairie dans un village du Loiret, Orveau, il est mobilisé en août 1914 à l'âge de trente ans. Il laisse derrière lui sa femme Angélique, institutrice elle aussi à Orveau ainsi qu'un petit garçon d'environ cinq ans dont on sait peu de chose car il n'en parle pas dans ses carnets.
On pense qu'au départ, Charles Barberon a écrit son expérience de guerre sur des carnets comme ceux que possédaient la plupart des soldats : petits et minces, ils trouvaient facilement place dans la poche ; puis, au cours de ses permissions, il a recopié ses textes sur les deux carnets beaucoup plus grands (sensiblement format A4) que l'Historial a achetés.
Les quinze mois qui séparent les deux versions sont l'occasion pour l'auteur d'ajouter les commentaires et les réflexions que lui permet le recul du temps ainsi que l'expérience acquise au front.
Ces deux carnets ont valeur pédagogique car, le plus souvent, un soldat note dans ses carnets des réflexions sur le temps qu'il fait, la nourriture, les soucis quotidiens, ce qui les rend répétitifs. Rien de tel dans les carnets de Barberon ; cela tient à la personnalité de l'auteur, un lettré qui parle couramment l'allemand et apprécie la culture allemande. Cela tient aussi au fait qu'il n'hésite pas à introduire des dialogues dans ses récits pour les rendre plus vivants. Cela tient enfin (et surtout) au fait qu'il aborde différents aspects de la vie militaire (la hiérarchie, la vie quotidienne du soldat, la stratégie, le carriérisme…) mais aussi les rapports entre le front et l'arrière, la confrontation avec les autres (l'ennemi, les civils, les alliés, les enfants.) Son analyse lucide des bouleversements de la société liés à la guerre, le côté visionnaire de certaines de ses remarques font de Barberon un témoin important de la Grande Guerre et de ses carnets un document d'un grand intérêt pédagogique.
Les deux carnets sont agrémentés de cartes en couleur montrant les déplacements de l'auteur pendant le conflit.
Charles Barberon est démobilisé en mars 1919. Il a effectué toute la guerre au 113e régiment d'infanterie. D'abord servant d'une batterie, il en est ensuite le fourrier (celui qui s'occupe des fournitures). Il n'a subi aucune blessure pendant la guerre.
La sélection de textes qui suit est arbitraire. Elle a été faite au détriment d'autres textes qui présentaient sans doute des situations et contenaient des commentaires tout aussi dignes d'intérêt.
Les carnets de Charles Barberon sont consultables sous certaines conditions au centre de documentation de l'Historial.
Objectifs
Dégager les idées essentielles contenues dans un texte.
Connaître le vocabulaire propre à un état (ici celui de soldat)
Reconnaître différents niveaux de langage (du correct au très familier)
Etablir ou consulter une frise chronologique
Classer des textes en fonction de leur contenu
Différents classements sont possibles :
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texte descriptif, dialogue ;
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aspects militaires, civils ;
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images positives et négatives du soldat. …
Déroulement de la séquence
Au choix : tous les textes sont remis aux élèves et on travaille sur l'ensemble (prévoir plusieurs séances) ou bien on a opéré une sélection pour traiter un thème (voir liste.)
Faire lire le texte retenu, en expliquer le vocabulaire si nécessaire, le situer sur une frise au besoin et le résumer ou, s'il est très court, en faire découvrir l'idée essentielle.
Contenu des textes
Les textes sont l'occasion de présenter le quotidien du soldat, en particulier celui de l'artilleur. Le regard de Barberon est souvent critique vis à vis du comportement du soldat, de la hiérarchie et particulièrement vis à vis des officiers. Les misères causées par la guerre sont bien dépeintes : désolation des ruines, bombardements, tentatives dérisoires pour se protéger, banalisation de la mort.
Le soldat n'est pas héroïque dans les textes de Barberon ; c'est un bonhomme (ainsi se nommaient les soldats eux-mêmes par dérision) qui n'est plus maître de son destin et qui, dès qu'il en a l'occasion, se laisse aller à des actes indignes d'un être civilisé.
Barberon assiste à la déchéance du combattant sans vraiment s'en indigner ; il se contente de témoigner. Il ne se sent pas meilleur que ses compagnons qu'il évite de blâmer.
Instituteur, c'est le sort des enfants qui le scandalise le plus : absence d'école, absence du père, absence d'autorité, ils sont les victimes directes de la guerre qui est censée les épargner. Pire encore, c'est le soldat qui pervertit l'enfant en lui donnant de mauvais exemples.
Résumé des textes
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L'inaptitude et ses conséquences
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Se faire vacciner sans désobéir au règlement
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Attitude des civils face à des prisonniers allemands, réflexions d'un soldat français
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Influence de l'uniforme sur la mentalité
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L'artilleur est débrouillard ou comment détruire un clocher
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Se protéger : construire un abri
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Paysage désolé, description du front
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Sentiments à l'égard de l'ennemi
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Cimetière allemand, la nature reprend ses droits, un village détruit
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Un fou, un obus tombe sur une batterie
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Un tir d'artillerie inefficace
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Approvisionner une batterie, la boue, les chevaux aussi font la guerre
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Les enfants livrés à eux-mêmes
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Pauvres chevaux
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Après la bataille, pillage, enterrement d'un Allemand
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Espionnite
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Etre ou ne pas être médaillé
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Fatalité
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L'école du front
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Distractions de soldats et mauvaises habitudes
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Comment on monte en grade
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Le commandement
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La haine de l'autre
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Pillage
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Alcoolisme
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Vol
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Dévastation
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Le 11 novembre, liesse populaire
Liste des thèmes
Le soldat, l'artilleur : textes 5, 6, 7, 8, 9, 10, 11, 12 18
Comportements liés à la guerre : textes 4, 13, 15, 19, 20, 23, 24, 25, 26, 27
Hiérarchie et commandement : textes 1, 2, 10, 16, 17, 21, 22
La vision de l'autre (l'Allemand) : textes 3, 8, 9, 15, 23
Lien avec une autre activité :
Il est possible prolonger la séquence en mettant en parallèle des textes de Barberon et des photographies de Tournassoud ou de Pilette, les secondes servant d'illustration aux premiers.
On peut procéder de même avec certaines eaux-fortes d'Otto Dix.
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