La représentation
du soldat
pendant la Grande Guerre

Fiche d'interprétation : le patriotisme culturel
 
 
Contexte et présentation

Le début du conflit (1914-1915) : une vision classique de la guerre fondée sur l’offensive et la percée même si à cette date la guerre de position est déjà commencée.

La nature réelle du conflit n’est prise en compte que progressivement ( voir à ce propos les cartes postales évoquant la guerre d’usure et la bataille de matériel lors de la bataille de Verdun de 1916). L’enlisement du conflit est perçu de manière aiguë au cours des années 1916-1917. Il accentue les tensions (grèves ouvrières et mutineries en 1917) dans la société et provoque une certaine lassitude. Un doute s’instaure sur une issue possible du conflit auquel il faut répondre. Les symboles patriotiques s’inscrivent, cette fois, davantage dans le conflit en cours et participent à la création d’un mythe. Il se fonde sur : un lieu (Verdun), des chefs, des héros (les poilus), une mémoire combattante (arc de triomphe).

Les qualités morales du combattant se trouvent d’autre part plus fortement mises en valeur à travers des slogans (La résistance, En avant, On les aura), des maximes (...c’est bien celle des âmes), l’évocation de la violence des combats et des sacrifices exigés (désolation du champ de bataille, attitude énergique et endurcie des poilus, feu du canon).


 
Le recours aux mythes nationaux

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Le mythe de la Révolution et des guerres de la Révolution :

l’image du citoyen-soldat héritier des soldats de l’an II et des valeurs de la Révolution (la liberté, les droits démocratiques) :

  • l’hymne national ;

  • le drapeau tricolore ;

  • la Marianne coiffée du bonnet phrygien ;

  • les références aux guerres de la Révolution (Valmy), à la guerre franco-prussienne de 1870 (Alsace-Lorraine).


 
Les variantes du mythe de la patrie-messie et du soldat missionnaire :

  • Une variante républicaine et laïque partie intégrante d’un religion civique : la France patrie des droits de l’homme héritière de la nation historique et politique ;

  • une variante conservatrice et religieuse plus prégnante en 1916-1917 : l’image d’une France éternelle, fille de l’Église et de ses fondements spirituels ;

  • les codes qui fondent l’idée de croisade patriotique : la profession de foi du soldat ;

  • le vocabulaire : France immortelle ; âmes ; Je crois ; credo…

  • les symboles religieux : la croix ; le ciel auréolé du champ de bataille.






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« La représentation du soldat pendant la Grande Guerre »
Dossier du service éducatif et culturel de l’Historial de Péronne

© CRDP - Académie d’Amiens, septembre 2004
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