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Présentation
L’approche culturelle et ethnique est le mode majeur pour décrier l’ennemi et exprimer la haine de l’autre dans les cartes qui sont ici rassemblées. Le traitement qui en est fait utilise deux types de sources.
Le premier s’inspire des débats qui ont opposé les cercles intellectuels allemands et français sur la place et la fonction des deux cultures nationales à partir des années 1890 : à la communauté allemande et à la pensée germanique régies par des principes « organiques » répondent le modèle français et anglo-saxon de la société politique, de l’individu citoyen et autonome.
Le deuxième mode de traitement, le plus important, développe un point de vue ethnique et biologique. L’animal et l’homme des sociétés primitives ou archaïques dominés par les instincts grégaires constituent des sujets de prédilection pour caractériser l’ennemi. Le but vise bien entendu à établir la nature intrinsèquement barbare, cruelle et inhumaine de l’adversaire. Ce point de vue essentialiste amène à fonder et à justifier une opposition de genre identitaire et culturel irréductible entre les peuples en guerre suivant le principe consacré à l’époque de « la lutte de la civilisation contre la barbarie ».
Il reprend à son compte un ensemble de représentations qui se sont forgées lors de l’expansion européenne et la formation des sociétés coloniales. Le développement des sciences humaines et des sciences de la vie depuis la seconde moitié du XIXe siècle a également contribué à renouveler la perception et la place de l’homme et des sociétés dans des domaines aussi divers que la géographie, l’histoire, l’ethnologie, la sociologie. Les Européens ont pu facilement se familiariser avec ces représentations et les préjugés qu’elles véhiculent grâce notamment aux progrès de la culture écrite.
Il est bon de rappeler, à ce propos, que les concepts scientifiques ne sont pas neutres, que les notions qu’ils produisent mêlent un certains nombre de préjugés aux connaissances apportées (ex. le concept de mentalité primitive).
Cette culture scientifique a également été une science de gouvernement dans le sens où elle a fourni les outils intellectuels à l’expansion européenne et permis de justifier conquêtes et asservissement. Elle a aussi, d’une certaine manière, favorisé la formation des idéologies racistes.
La transposition du champ d’application de ces représentations à l’Europe témoigne en tout cas de la radicalisation culturelle produite par le conflit et des fondements sur lesquels elle a pris appui.
Les valeurs antithétiques : la barbarie contre la civilisation
Le bestiaire : le gorille, le cochon.
L’homme primitif : l’image des peuples vivant en tribu (Noirs, Indiens ), de l’homme préhistorique, du paysan asservi au Moyen-Âge.
Les mœurs dégradantes : le sacrifice humain, l’anthropophagie comme corollaires des sociétés demeurées au stade primitif.
Les comportements déterminés par les instincts et l’atavisme (la brutalité, la cruauté).
L'opposition entre Kultur et Civilisation.
Le vocabulaire : « la bête féroce » « la barbarie ».
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