La représentation
du soldat
pendant la Grande Guerre

Fiche d'interprétation : l’antagonisme politique
 
 

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Présentation

Ces représentations attribuent la responsabilité de la guerre, ses crimes et ses mobiles à la nature du régime politique de l’Allemagne.

L’image de l’empereur Guillaume II et de la famille impériale servent de modèle pour en exprimer l’idée. A travers la figure de l’empereur, c’est le régime autocratique, les valeurs aristocratiques et militaires qui l’ont fait naître qui sont visés.

Ces représentations s’inspirent du processus guerrier qui a conduit à l’installation du régime impérial. La guerre a en effet constitué un atout majeur pour la Prusse dans la réalisation de l’unité allemande dans la seconde moitié du XIXe siècle (La référence à la défaite de 1870 et à la perte de l’Alsace-Lorraine sont implicites à cette vision du régime allemand).

Ce facteur est ici exploité pour accréditer la nature intrinsèquement impérialiste du régime en place et la menace qu’il fait courir aux nations démocratiques qui lui sont opposées.


Le caractère oppressif et usurpateur attribué au régime allemand fonde parallèlement un droit naturel à la guerre des nations alliées pour la défense de la démocratie. Les notions de droit et de justice furent, durant le conflit, des poncifs couramment employés par le nations alliées pour justifier leurs objectifs de guerre.

L’image du tyran

L’empereur est présenté en despote et en tyran (le système autocratique et impérial au sens général). Le pouvoir absolu qu’il est censé exercer en fait l’ennemi de l’humanité et des valeurs constitutives des sociétés démocratiques (la justice, le droit).


Le système de référence utilisé fait appel à un fonds culturel facilement identifiable et inscrit dans la mémoire collective notamment par le biais de l’éducation religieuse et scolaire.


La référence historique : l’image du chef de guerre de l'Allemagne est associée aux tribus barbares qui mirent fin à l’empire romain au Ve siècle (Attila et les Huns).

Cette relation vise à établir un atavisme germanique qui serait antinomique à la culture politique, à ses fondements historiques dont les pays alliés revendiquent l’héritage (la romanité).


La référence religieuse et biblique : Guillaume II symbolise le mal absolu. Il est représenté en antéchrist comme le suggère l’image du pacte scellé avec la mort et le diable.


La référence humaniste : les images de génocide, de destruction, de soulèvement populaire accréditent l’idée d’un pouvoir (l’autocratie) ennemi du peuple et des droits de l’homme.

L’ennemi de la démocratie

La condamnation du régime autocratique est aussi traduite dans le langage du droit et de la justice. L’arsenal juridique est réduit à son acception radicale et extrême (la condamnation à mort et l’appel au régicide).

La symbolique employée décline, là encore, les référence historiques, religieuses et culturelles (pendaison, crucifixion…).





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« La représentation du soldat pendant la Grande Guerre »
Dossier du service éducatif et culturel de l’Historial de Péronne

© CRDP - Académie d’Amiens, septembre 2004
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