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Formes, signes, taches nous révèlent ici une vision sombre et figée où notre œil plane à distance, en profondeur sur un champ de cadavres. Jusqu'à la ligne d'horizon de cette perspective aérienne, les corps sont amoncelés et constituent un labour de chair et de terre. Le cadrage de l'image suggère l'extension en hors champ de ce spectacle tragique. Au premier plan, des corps apparaissent sans grande précision. Ils s'effacent au fur et à mesure de l'éloignement et deviennent une masse informelle qui s'étend à l'infini.
La plaine de Wijtschaete qu'Otto Dix nous révèle après la bataille semble prête à engloutir les corps meurtris, labourés dont les taches blanches ponctuent la partie terrestre de cette terrible vision en assurant sa profondeur. Le regard s'échappe par la partie inférieure du ciel. Une bande blanche s'étire sur toute la longueur de l'image avant que celle-ci ne se referme sur une traînée devenue noire et intense, reflétant de façon abstraite ce tragique soir de bataille. Ici, plus de mouvements, la mort est passée. On constate les effets de la bataille, à distance. On est invité à juger.
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