La représentation
du soldat
pendant la Grande Guerre

Fiche d'interprétation
 
 
La guerre idéalisée : Lettre du 23 février 1915 (N°2)

Les affirmations de genre :

  • masculin (expérience initiatique et virile) : Croyez bien que ce n’est pas mauvais pour la santé ; Cela développe beaucoup un jeune homme ; Allez-y tondeuse ; Qu’ils s’amusent ;

  • militaire : Lui qui voulait être hussard ! Qu’attend-il !;

  • social : le ton patelin : Nous sommes soignés comme des princes ; On ne se bile pas beaucoup ici ; le ton galant et conventionnel : et je n’oublie pas les bons moments… ; Veuillez bien dire des choses de ma part à… ; le ton paternaliste : A l’avenir, ne soyez pas si paresseuse ; Excusez le moche de ces caricatures je ne suis pas du tout disposé.

La valorisation de l’univers guerrier synonyme d’aventures individuelles et collectives au détriment de la vie civile associée à l’immobilisme et à un individualisme narcissique : À propos de la guerre. Je finis par croire que c’est rigolo ; Nous faisons de la photo ; Une bonne chanson dans le patois de notre midi réchauffe notre âme ; Je suis heureux de savoir que les copains fassent comme les camarades ; Adieu leur longue chevelure… ; Un jeune homme qui n’a dans sa vie barbotté que dans le fusain, les crayons et la peinture.


La mutation des représentations :
Lettres du 27 avril et du 16 mai 1915 (N° 3 et N°5)

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La prise en compte des réalités de la guerre, de ses traumatismes physiques et psychologiques : C’était pas rigolo ; je suis actuellement loin du bruit du canon ; je passerais bien neurasthénique …

La révision des représentations identitaires : On est un peu comme les pitous dans la flotte des tranchées ; hussard démonté ; Adieu cavalerie ; ces honneurs m’intimident … Donc ne rougissons pas ; je passerais bien neurasthénique ; la nostalgie trottine. Il me tarde un peu de revoir le Clapas. La distanciation des liens avec ses proches.


Les recours au socle des représentations identitaires comme système de réparation des traumatismes :

La réaffirmation des identités de genre : mais cela ne m’irait pas (deux fois) ; J’aime bien les embusques ; Je suis flemme comme 36 escadrons d’élèves des Beaux-Arts ; Qui sait s’il pourrait entendre le bruit du chambard.

Les registres de langage qui mettent l’accent sur l’ancrage des représentations : le consentement exprimé sur le mode de l’altérité et du détour : Mais je ne vais pas me plaindre ; Mais cela ne m’irait pas ; Je vais vous paraître un peu « barbe » ; A propos de … Que fait-il ? Militaire sans doute comme les camarades ;

Les valeurs patriotiques et guerrières, la haine de l’ennemi exprimée avec force par les dessins « aboutis » et « séparés » de la narration qui, elle, se veut plus spontanée et en phase avec des préoccupations immédiates : la statue de la victoire ; l’Allemand « tête de veau ».

 

Synthèse - Continuité et discontinuité des représentations de la guerre : Carte illustrée de janvier 1919 (N°49)

Les représentations classiques : les champs d’honneur à l’arrière-plan ; la statuaire

Les représentations nées de l’expérience de guerre : la primauté accordée au poilu comme agent de la victoire et l’héroïsation de son sacrifice à travers son portrait ; l’idéal pacifiste évoqué par le soleil se levant à l’horizon.

L’articulation du statut combattant à son imaginaire par l’organisation didactique des plans.






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« La représentation du soldat pendant la Grande Guerre »
Dossier du service éducatif et culturel de l’Historial de Péronne

© CRDP - Académie d’Amiens, septembre 2004
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