La représentation
du soldat
pendant la Grande Guerre

Séquence pédagogique : l’identité combattante et son imaginaire
 
 
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cinq lettres illustrées s’étalant du 23 février au 31 décembre 1915. Une carte illustrée de janvier 1919.

Présentation

La séquence comprend cinq lettres illustrées de Laurent Medus adressées à Henriette Solleliand au cours de l’année 1915. La première lettre datée du 23 février 1915 est la deuxième chronologiquement du fonds inventorié à l’Historial (le contenu de la première est incomplet). Même si nous n’avons pas connaissance de la date d’incorporation de l’auteur, son contenu laisse entendre qu’elle est récente, pour le moins que l’auteur n’a pas encore été confronté aux dures réalités de la guerre.

La séquence proposée permet de cerner les représentations de départ de l’auteur combattant et de les confronter avec celles que vont déterminer l’expérience du conflit au cours de cette période initiatique (période de fixation du front et d’installation de la guerre dans la durée).

A travers ce procès des représentations du soldat, il s’agira de distinguer les représentations relevant des formes d’avant-guerre de celles apparues au cours du conflit (éléments de continuité et de discontinuité) et de déterminer en quoi ce redéploiement des représentations implique un renouvellement de l’identité combattante et de son imaginaire.

L’étude de la dernière illustration de la correspondance au terme du conflit (janvier 1919) interviendra pour valider les propositions étudiées sous forme de synthèse et les mettre en perspective avec ce que les historiens appelleront l’esprit combattant pour caractériser un mode majeur de représentation du conflit et du combattant durant l’entre-deux-guerres (idéologie pacifiste). Ce dernier point sera l’occasion de rattacher l’étude singulière de cas aux représentations collectives et à leurs évolutions.

 
1- La guerre idéalisée
(lettre du 23 février 1915) N°2

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Objectif – Définir le socle des représentations de la guerre chez l’auteur constitutif de l’imaginaire combattant d’avant-guerre.

Etablir une typologie des formes d’adhésion à la guerre. Relever les stéréotypes culturels de l’auteur et les décliner à travers l’affirmation des identités de genres masculin, militaire, social.

2- La mutation des représentations
(lettres du 27 avril et du mai 1915) N°3 et N°5

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Objectif – Déterminer en quoi l’expérience du combat et l’enlisement du conflit conduisent l’auteur à réviser ses représentations. Déterminer les facteurs de continuité exprimant le consentement à la guerre.

Repérer les informations qui traduisent la perte du prestige militaire, de l’héroïsme guerrier, des repères sociaux.

Relever les valeurs et les registres de langage (écriture, dessin) utilisés par l’auteur comme recours aux traumatismes provoqués par l’expérience de guerre : la réaffirmation de l’identité de genre ; la tonalité humoristique ; la mise en exergue des valeurs patriotiques et de la haine de l’ennemi (dessins dont le caractère abouti et distinct de la narration expriment l’ancrage et la force des sentiments exprimés).

3- Le redéploiement de l’imaginaire de la guerre
(lettres du 1er et décembre 1915) N°7 et N°8

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Objectif – Définir au terme du processus initiatique de l’expérience de guerre, les propositions nouvelles de l’auteur concernant l’identité combattante et son imaginaire.

Formuler l’inversion des imaginaires : l’imaginaire de la paix (idéal pacifiste) se substituant à l’imaginaire de la guerre (dessin intitulé Pax).

Formuler la transformation du statut combattant : l’héroïsation du sacrifice et du martyr combattant se substituant à l’héroïsme conquérant des débuts (dessin intitulé Vers l’exil).

4- Continuité et discontinuité des représentations de la guerre

Objectif – Etablir une synthèse des représentations de l’auteur, de leurs transformations et de leur mise en perspective historique.

Décrire la dernière image (N°49) de la correspondance où l’auteur dresse un bilan de son expérience de la guerre.

Relever les valeurs rémanentes, constitutives du socle de représentation d’avant-guerre.

Identifier les valeurs nées de l’expérience de la guerre.

Déterminer leur hiérarchisation, leur articulation et leur projection.

Rattacher ce nouvel imaginaire de la guerre aux modes établis par la mémoire collective et aux courants de pensée issus de la guerre (les monuments aux morts, les cérémonies commémoratives, l’idéologie pacifiste et l’esprit combattant de l’entre-deux-guerres…).




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« La représentation du soldat pendant la Grande Guerre »
Dossier du service éducatif et culturel de l’Historial de Péronne

© CRDP - Académie d’Amiens, septembre 2004
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