La représentation
du soldat
pendant la Grande Guerre

Fiche d’interprétation
 
 
L'opposition héros/antihéros (numéros 10-17-48-52)

010
017
048
052

 

Les éléments de contexte : la bataille de la Somme (juillet-novembre 1916), secteur dans lequel se trouve l'auteur ; la bataille du Chemin des Dames (avril-mai 1917) durant laquelle furent employés les premiers chars français.

La confrontation à l’ennemi confère à ce dernier une infériorité de statut. Le soldat allemand est présenté dans la position du vaincu : bras levés, en fuite, à la renverse; l'as de pique symbole de malchance lui est accolé (l’antihéros).

L'image du poilu traduit la supériorité militaire et morale : effet de surprise, esprit d’initiative, avantage technologique, attitude narquoise et enjouée (le héros).


La criminalisation de l’ennemi ( numéros 14-19-54)

014
019
054

 

L'ennemi est assimilé à un tyran. L'allégorie patriotique du monument aux héros est transformée ici en bûcher de l'inquisition. L'ennemi symbolise le mal absolu : ses traits s'apparentent à ceux du Malin ; Le ton verdâtre du coloris accentue les vices et les crimes dont il est accusé ; la charge de ses forfaits et exactions le font se plier en deux et se figer dans le sol.

Dans une autre image, l'ennemi est associé au personnage de légende Barbe bleue. L'image classique du soldat est remplacée par celle du criminel et du terroriste (grenade et couteau ensanglanté dans les mains, visage patibulaire, habits dépareillés et négligés, position trébuchante).

Dans les deux représentations, l'utilisation du procédé focal (effet loupe) met en exergue le personnage décrié. Le poilu apparaît sous les traits du jeune parisien des faubourgs, à l'aise, gouailleur et fier. La posture artiste adoptée agit en contre-point de l’ennemi diabolisé et annihilé. L’œuvre artistique se double ainsi de son sens moral suivant le schéma classique de la lutte du Bien contre le Mal.

L’opposition de genre identitaire (numéros 06-42-43-44-63)

006
042
043
044
063

 

Les différences de genre sont établies à travers les attributs physiques et moraux.

Le soldat allemand : les indispositions physiques (lourd, gros, hirsute, oreilles décollées).

Les indispositions morales : lourdeur d'esprit, esprit simplet, mœurs primitives.

Le soldat français : les attributs physiques : droit, soigné, élégant.

Les attributs moraux : la fierté, le caractère enjoué et entreprenant. L'opposition irréductible entre les deux cultures est soulignée par la raillerie des traditions culturelles allemandes (l'usage de la bière, le style gothique). Le raffinement et le goût français sont opposés aux mœurs allemandes jugées grotesques et primitives.




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« La représentation du soldat pendant la Grande Guerre »
Dossier du service éducatif et culturel de l’Historial de Péronne

© CRDP - Académie d’Amiens, septembre 2004
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