CANOPE academie d'Amiens

Amiens – 80 – Carré militaire belge, cimetière de Saint-Acheul, 1914-1918

 
Amiens-80-Cimetière Saint Acheul
 
Amiens-80-Cimetière Saint Acheul

Avec le carré consacré aux tombes des soldats morts pendant la guerre de 1870-1871 du cimetière de la Madeleine, Amiens compte deux cimetières militaires, celui du quartier Saint Pierre au nord de l’agglomération et celui de Saint Acheul, rue de Cagny, à proximité de l’axe menant à Longueau, à l’ouest de la ville donc. Ce dernier, en grande partie rénové en 1997, est ouvert au cours du premier conflit mondial. Avec en son centre une sculpture due à Albert Roze, élevée en 1924 à l’initiative du Souvenir français, cette vaste nécropole – 15.170 m2 – regroupe les soldats décédés dans les différents hôpitaux de la ville. Entre 1914 et 1918, Amiens en effet est un site stratégique, une des villes qui se situent à l’arrière du front, alors plus à l’Est à hauteur d’Albert ou de Péronne.

Le cimetière de Saint Acheul est un des dix-neuf mémoriaux nationaux que compte le département de la Somme. Parmi les 2.739 tombes présentes à l’intérieur de ses murs, on trouve celles de douze soldats britanniques, d’un russe, ainsi que de dix soldats belges (De Bruycker Amand, De Wulf Jozeph, Genqiue Oscar, Lemahieu Henri, Seranne Karel, Tanghe Joris, Van der Linden Jozeph, Van Haute Armand, Verhulst Karel, Vroone Johannes). Ceux-ci sont décédés entre 1916 et 1918, notamment dans un des hôpitaux temporaires de la ville d’Amiens, au 18 rue Emile Zola. Sur le territoire français, on dénombre d’ailleurs une centaine de lieux d’inhumations différents pour les nombreux soldats belges morts au cours des deux conflits du XXème siècle. Leurs tombes sont disséminées, pour la plupart dans des cimetières communaux, des mémoriaux nationaux français ou britanniques.

Pourtant, il est à préciser que les autorités belges ont rapatrié en Belgique la plupart de leurs soldats tombés sur le sol français. Demeurent les corps non réclamés par la famille des défunts. Leurs tombes en France sont ornées d’une plaque circulaire émaillée aux trois couleurs du drapeau du pays (noire, jaune et rouge). Sur la stèle qui marque l’emplacement du corps, l’inscription présente est rédigée en français pour les soldats wallons ou en néerlandais pour les soldats flamands. Avec la mention « mort pour la Belgique ». Au cimetière militaire de Saint Acheul, ces dix sépultures sont rassemblées et alignées aux cotés des tombes françaises.

Rappelons qu’entre 1914 et 1918, l’armée belge combat aux cotés des Alliés les forces militaires allemandes. Au cours de l’été 1914, après avoir violé la neutralité de la Belgique, pourtant reconnue depuis 1839 par des traités internationaux, celles-ci ont occupé la quasi-totalité du pays jusqu’à l’armistice de novembre 1918. Tandis que le gouvernement belge en exil s’installe en France, près du Havre, le roi Albert 1er et son état-major militaire sont à la Panne, sur la côte belge de la Mer du Nord. Son armée, l’armée belge pour sa part s’est repliée non loin de là, derrière l’Yser, d’où elle fera face à l’ennemi.

Marc Nadaux