CANOPE academie d'Amiens

Coye-la-Forêt – 60 – Château de la Reine blanche

 
Coye-la-forêt-60-Chateau de la reine blanche.
 
Coye-la-forêt-60-Chateau de la reine blanche.Coye-la-forêt-60-Chateau de la reine blanche.

Le château de la Reine Blanche est une des constructions qui ornent les étangs de Comelles. Situés conjointement sur les communes d’Orry-la-Ville et de Coye-la-Forêt, ceux-ci – une quarantaine d’hectares – sont un des lieux de promenades de la forêt de Chantilly, au sud du département de l’Oise. Ces étangs de la vallée de la Thève, un affluent de l’Oise, sont depuis le Moyen-Age propriété monastique, celle de l’abbaye de Chaalis suivant la volonté du roi Louis VI le Gros, puis de l’abbaye de la Victoire, sise près de Senlis, de l’abbaye de Royaumont, avant d’entrer dans le patrimoine de la famille de Bourbon-Condé, à l’époque moderne.

Les étangs sont vendus comme Biens nationaux pendant la Révolution française, puis rachetés par Louis VI Henri de Bourbon-Condé, sous la Restauration, en 1819. Avec les bois qui les bordent, ceux-ci sont un cadre idéal pour les chasses princières, celles du dernier des Condé notamment. Quelques années plus tard, en 1825, ce dernier confie à son architecte, Victor Dubois, le soin de reconvertir l’ancien moulin, dit de la Loge de Viarmes, en un rendez-vous de chasse. Il se dit que la reine Blanche de Castille, mère de Louis IX, Saint Louis, y aurait possédé elle-même un château, en ces lieux situés à l’extrémité ouest des étangs de Commelles. Ce relais de vénerie sera donc baptisé « Château de la Reine Blanche ».

C’est un des premiers exemples de construction de style néogothique. Venue d’Angleterre et portée par le romantisme, cette nouvelle manière plaît donc au prince de Condé, qui a lui-même longtemps séjourné en Angleterre. Achevé après trois années de travaux, le château est orné sur sa façade de trois statues de chevaliers, réalisées par les sculpteurs Boichard et Thierry. Celui-ci est composé essentiellement de deux pièces principales, voûtées sur croisées d’ogives et décorées de tentures vertes : un salon au rez-de-chaussée, ainsi qu’une salle à manger au premier étage. Les lieux sont également agrémentés de salles de jeux, d’une cuisine et d’offices, aménagés à l’intérieur des tourelles d’angle. Propriété de l’Institut de France de part le legs effectué par le Duc d’Aumale, le château de la Reine Blanche – qui a accueilli en 1882 l’impératrice Elisabeth d’Autriche – est classé Monument historique depuis le 9 mai 1989.

Marc Nadaux