CANOPE academie d'Amiens

Longueval – 80 – Mémorial sud-africain, 1914-1918

 
Longueval-80-Mémorial Sud Africain.
 
Longueval-80-Mémorial Sud Africain.

Le 20 avril 1916 cependant, suivant la promesse faite par le président Louis Botha, la 1st South African Infantry Brigade, ses quatre régiments, placés sous le commandement du Brigadier general H.T. Lukin, débarque dans le port de Marseille pour rejoindre le front Ouest.

Pendant la Bataille de la Somme, près de Longueval, le secteur du Bois du Diable (Devil Wood), décrété indispensable à toute progression vers l’Est, est confiée à la 1ère Brigade sud-africaine. Celle-ci connait là son baptême du feu sur le front occidental. Du 15 au 20 juillet 1916, pris sous de très violents tirs d’artillerie (jusqu’à 400 coups à la minute), à peine protégés par des abris construits à la hâte, coupés de l’arrière, ces soldats vivent là un véritable cauchemar. A l’heure de la relève, des 3.200 hommes qui constituaient la brigade, seuls 143 sortent vivants de leurs tranchées…

Après le conflit, au Bois Delville où 600 dépouilles de soldats du Commonwealth y reposent, non retrouvés, le mémorial national sud-africain est inauguré le 10 octobre 1926, par la veuve du président Louis Botha. Dessiné par l’architecte Herbert Baker, il se situe en face du cimetière militaire du bois Delville, à l’extrémité d’une avenue bordée de chênes, dont les glands proviennent d’Afrique du Sud.

L’entrée s’effectue en passant sous un arc de triomphe. Celui-ci est surmonté par un groupe en bronze, réalisé par Alfred Turner. Il représente Castor et Pollux, les jumeaux de la mythologie grecque, les Dioscures, tenant un seul cheval fougueux. Enfants de Léda et Zeus, l’un est mortel, l’autre divin. Et à la mort du premier, ce dernier obtiendra de Zeus qu’ils soient réunis dans l’immortalité. Cette différence et ce destin commun sont à mettre en parallèle avec le Britannique et le Boer, maintenant compagnons d’armes et unis dans la nouvelle nation.

Le mémorial lui-même est un cénotaphe, un tombeau vide. A quelques mètres derrière le monument, le musée sud-africain est une réplique du fort du Cap, inauguré en 1986. Il commémore la contribution sud-africaine durant la Première Guerre mondiale, la Seconde Guerre mondiale, le Blocus de Berlin (1948-1949) et la Guerre de Corée (1950-1953). Les deux maisons, qui se veulent typiquement coloniales, représentent, selon l’architecte, les deux peuples blancs d’Afrique du sud, et le mur semi-circulaire, les remparts de la civilisation.

Marc Nadaux