CANOPE academie d'Amiens

Vadencourt – 02 – Mémorial de la Résistance, 1939-1945

 
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« Les sanglots longs des violons de l’automne … ». A ce message répété les 1er, 2 et 3 juin, par la B.B.C. dans son programme de langue française, Radio Londres, répondent, par le même canal, le 5 juin, vers 21 h 15, les trois autres strophes. Et celles-ci avertissent alors le réseau de résistance Ventriloquist, basé en Sologne, son dirigeant Philippe de Vomécourt, agent du S.O.E. (Special Operation Executive, autrement dit les services secrets britanniques), que les voies ferrées des environs doivent être sabotées prochainement. Il s’agit de freiner les déplacements des troupes allemandes en réserve vers les théâtres d’opérations du Débarquement. Une mission d’importance.

Bientôt c’est l’ensemble des foyers de la résistance intérieure qui est en alerte. Et ainsi, le 7 juin suivant, l’état-major F.T.P. (Franc-Tireurs et Partisans, créés à la fin de l’année 1941 par la direction du Parti communiste français), à Lille, décide d’envoyer une partie de ses effectifs vers le maquis des Ardennes. Basé sur les hauteurs de la ville de Revin, celui-ci est alors dirigé par Jacques Pâris de Bollardière, de la France libre, gaulliste donc, parachuté au mois d’avril précédent. Et c’est tout un bataillon de quelques 300 combattants, issus de la 2ème compagnie, basée à Harnes, au nord-est de Lens, de la 5ème de Bruay, au sud-ouest de Béthune, ainsi que de la 6ème du nord d’Arras, qui est mobilisé.

Deux jours plus tard, le 9 juin, ces jeunes gens de 18-20 ans en moyenne, maigrement armés, se dirigent alors vers Wassigny, au nord du département de l’Aisne. Le périple se fait à pieds, de jour comme de nuit, sans que les résistants possédent de véritables cartes des lieux qui puissent les guider efficacement. Et les accrochages se multiplient avec les forces allemandes, gestapo et militaires, désorganisées certes par les opérations liées au débarquement allié, mais néanmoins bien présentes dans la région. A Bourlon tout d’abord, passé Arras, puis dans l’Aisne, à Aisonville, avant que l’ennemi ne décide de se concentrer à quelques kilomètres de là, au village voisin de Vadencourt.

Là, les combats durent toute la nuit du 13 au 14 juin, avant que Marcel Cavroy, un capitaine F.T.P. présent dans le groupe des combattants, ne donnent l’ordre de la dispersion vers les maquis voisins de Mennevret, du Nouvion, d’Erloy ou même des Ardennes. Certains seront même faits prisonniers près de Péronne, dans la Somme, à Aizecourt-le-Haut, pendant que d’autres tentent de regagner leurs bases, près de Lens donc. Le bilan de cette opération est lourd. Puisque de ces 300 résistants du Pas-de-Calais, 68 seront fusillés à la citadelle d’Arras, 86 mourront en déportation et 32 autres au combat. Une plaque commémorative dans le village de Vadencourt honore d’ailleurs la mémoire de sept d’entre eux, des combattants F.T.P. de la 2ème compagnie de Lens : Roland Demester, Roger-Jules Durocher, Marcel Gavroy, Jacques Lecoeur, Henri Legroux, Maurice Lenfant, Charles Roche.

Marc Nadaux