Cartes postales évoquant l’habitat provisoire

Photo 1 : Carte postale représentant une maison « Adrian » à Roisel (Somme) après-guerre

Photo 2 : Carte postale représentant une rue de maisons « Nissen » à Albert (Somme) après-guerre

Les baraques provisoires les plus utilisées pour loger la population durant la reconstruction sont les « Adrian » et les « Nissen ».

La Nissen (du nom de son concepteur britannique) dite encore Métro a une forme demi-cylindrique en tôle. Très rapide à édifier, le baraquement est formé d’une ossature en bois couverte de papier bitume et de tôles avec une façade en demi-lune. Il repose sur un soubassement en brique l’isolant du sol. Ses dimensions sont standardisées (4, 73 m sur 8,08 m) lui donnant une surface habitable de près de 38 m2. Découpé en 2 ou 3 pièces, il est éclairé de deux petites fenêtres et dispose d’une unique porte sur sa façade.

Photo 3 Carte postale représentant des baraques provisoires à Bouchavesnes (Somme) après-guerre.

Les baraques en bois de type Adrian sont de taille variable selon le nombre de pièces qu’elles comportent. Comme les Nissen, elles reposent sur un soubassement en brique qui les isole du sol.

 

 

 

 

Photo 4 Carte postale représentant l’église provisoire de Bouchavesnes (Somme) après-guerre.

Photo 5 Carte postale représentant l’école et la mairie de Grancourt (Somme) après-guerre.

L’habitat provisoire installé pour les usages collectifs (école, mairie, église, logement des ouvriers travaillant au déblaiement ou à la reconstruction) est généralement placé sur la place du village. La baraque collective est de grande taille, de type Adrian ( photo N° 1 ) ou de type Nissen (photo N° 2)

 


Photo 6 Carte postale de 1925 représentant l’avancement des travaux de reconstruction à Albert (Somme).

Photo 7 Photographie d’une maison « provisoire » aujourd’hui dans le village de Rancourt (Somme).

Les « provisoires » sont progressivement abandonnées à partir du milieu des années 1920 pour le relogement des populations dans les constructions en dur comme le montre l’avancée des travaux à Albert, ville qui fut complètement rasée entre 1915 et 1918 du fait de sa proximité immédiate avec la ligne de front.

Au début du XXIe siècle, on trouve encore plusieurs centaines d’abris en bois dans les campagnes de la Somme (photo 7) datant de la Reconstruction et qui ont perduré en fonction de la qualité des matériaux avec lesquels ils ont été réalisés et de l’attention avec laquelle ils ont été entretenus et réemployés.

 

La reconstruction et l’habitat provisoire

Commencée dans l’immédiat après-guerre, la reconstruction s’étale tout au long des années 1920.

En attendant, le ministère des Régions libérées installe des structures provisoires pour loger les réfugiés de retour dans leur village ou ville d’origine et pour abriter les services à usage collectif (écoles, mairies, églises). Elles se constituent essentiellement de baraquements préfabriqués prélevés sur les stocks des armées françaises et britanniques et qui, durant la guerre, avaient servi d’entrepôt pour les munitions, de logement pour la troupe dans les cantonnements ou pour l’accueil des blessés dans les hôpitaux de campagne.

Les « provisoires » , dont beaucoup sont édifiés grâce aux associations de femmes françaises ou américaines, ont la forme de petites maisonnettes en bois ou d’immenses demi-cylindres en tôle. En 1922, 91% des habitants sinistrés de la Somme résident encore dans des structures provisoires. Ces baraques seront utilisées jusque dans les années 30 et une estimation rétrospective de 1933 donne le nombre de 33 350 abris édifiés dans la Somme pendant la période de transition dont plus de 26 000 pour l’habitation.

La reconstruction des maisons individuelles et édifices publics est quant à elle bien avancée à partir du milieu des années 1920. Elle s’est faite dans la plupart des cas en conformité avec le cadastre urbain d’avant-guerre, les principales nouveautés étant la généralisation de la brique comme matériau qui remplace le torchis dans les campagnes, l’introduction de certains éléments de confort urbain (adduction d’eau, électrification) et l’ajout de style architecturaux contemporains (« art déco »).