La Bataille de la Somme
(juillet-novembre 1916)

La bataille de la Somme de 1916 est considérée comme l'une des plus grandes opérations militaires de la Première Guerre mondiale.

Avec celle de Verdun qui se déroule la même année, elle marque en effet un tournant dans la conduite de la guerre tant par la durée des combats que par les moyens considérables en hommes* et en matériels qui se trouvent engagés.

La décision de lancer une vaste offensive sur le front de la Somme est prise lors de la conférence interalliée de décembre 1915. Deux grands objectifs ont guidé ce choix de campagne : le premier vise à permettre une meilleure utilisation et coordination des forces de l'Entente après les échecs répétés de 1915. À cet effet, le dispositif d'attaque prévoit la coopération des armées françaises et britanniques sur la portion du front occidental où s'établit leur jonction. Le choix pour le front de la Somme doit beaucoup aussi à des facteurs d'ordre logistique, du fait de sa proximité avec les grands axes de communication et les principaux foyers de production de l'arrière.

Le plan de l'offensive est quant à lui plus classique : il s'agit toujours de percer le front de l'adversaire et, en cas de succès, de pousser l'avantage plus au nord en direction des principales voies de communication de l'ennemi**.

L'offensive déclenchée par l'armée allemande sur Verdun en février 1916 vient cependant contrarier les préparatifs de la bataille en obligeant les Français à raccourcir leur front d'attaque et à réduire leur participation à la seule 6e armée.

Plusieurs fois reportée, l'offensive est finalement déclenchée le 1er juillet. Ses résultats se révèlent très rapidement en-deça des espoirs placés dans l'intense préparation d'artillerie qui a précédé l'assaut***. Pour l'armée britannique, ils sont catastrophiques avec la perte durant cette seule journée de 58 000 soldats dont 20 000 tués.

Les efforts répétés des Franco-britanniques au cours des premières semaines de combat parviennent à faire reculer l'adversaire, sans véritables conséquences majeures pour ce dernier qui parvient à s'accrocher au terrain depuis ses retranchements fortifiés et ses lignes de défense établies en profondeur.

À partir de la mi-juillet, l'enlisement de l'offensive contraint le commandement français à réviser à la baisse ses objectifs en portant l'essentiel de son effort au nord de la Somme aux côtés des forces Britanniques. Au cours de cette seconde phase des opérations, la poussée décisive est abandonnée au profit d'une guerre d'usure dans laquelle se succèdent les assauts de grignotage. À la fin novembre, face à l'épuisement des troupes et aux intempéries qui gênent considérablement l'évolution des hommes et le transport du matériel, le commandement allié se résoud à cesser les opérations. Après cinq mois de combats presque sans interruption, un constat d'échec s'impose aux deux camps, qui l'un sur la Somme, l'autre à Verdun, ne sont parvenus à lever le blocage stratégique qui s'était mis en place à la fin 1914. Quant au bilan humain il se présente comme l'un des plus lourds de la Grande Guerre et ce n'est pas un hasard si, par la suite, les deux batailles de 1916 occuperont une place de choix et durable dans la mémoire collective du conflit tant elles apparaîtront comme emblématique de la « grande boucherie ».****



* On estime que 3 millions de soldats participèrent à la bataille sur une durée de 5 mois.

** Le dispositif tactique des armées franco-britanniques disposées de part et d'autre de la vallée de la Somme prévoit un déploiement des troupes sur un axe compris entre les villes de Bapaume et de Péronne situées en secteur allemand (voir la carte en page centrale).

*** Du 24 au 30 juin 1916.

**** Les pertes (notion qui comptabilise les tués, blessés, disparus et prisonniers) sont estimées pour la bataille de la Somme à environ 1 200 000 hommes toutes armées confondues.

debut du document