Les séismes
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Séisme de Rognes (Provence), 11 juin 1909

Le 11 juin 1909, un séisme de magnitude 6,2 détruisit les villes de Lambesc, Saint-Cannat et Rognes dans le massif de la Trevaresse en Provence (Vaucluse). C’est, à ce jour, le séisme le plus fort enregistré en France métropolitaine.
Les effets du séisme
Ce séisme a tué quarante-six personnes, blessé 250 habitants. 2 000 constructions ont été endommagées et l’estimation des dégâts fut, en 1882, de un à 2,2 milliards de francs. D’après les témoignages des habitants et le constat des dégâts, une carte isoséiste a pu être dressée.
Courbes isoséistes du séisme de Rognes. II à XI : degrés d’intensité sismique (d’après J.-P. Rothé).
© Sciences de la Terre et de l’univers par André Brahic, Michel Hoffert, André Schaaf et Marc Tardy. Éditions Vuibert, 1999.
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Les causes du séisme
C’est le rapprochement de la plaque Afrique et de la plaque eurasiatique qui est la cause essentielle de ce séisme. Plus précisément, le séisme de Provence est lié à l’activité sismique des Alpes : c’est la déformation de la marge européenne de la plaque eurasiatique provoquée par la poussée de la petite plaque « apulo-adriatique » (globalement l’Italie), elle-même comprimée par la plaque Afrique.
L’allongement des isoséistes observé sur la carte pour l’intensité de degré IX met en évidence l’existence d’un réseau de failles, dont le jeu est responsable du séisme.
© André Dagorne et René Dars. Les risques naturels. PUF, collection « Que sais-je ? » n° 3533, 4e édition 2005.
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Prévention
En 1997, Jérôme Lambert, ingénieur au BRGM (Bureau de recherches géologiques minières) a évalué les dégâts que pourrait causer un nouveau séisme dans cette région. Si le séisme avait eu lieu en 1982, en intégrant le développement de l’urbanisation, il y aurait eu 400 à 970 morts, 1 850 à 5 650 blessés, 450 bâtiments détruits, 21 850 endommagés (sur 25 420 bâtiments), soit 4 660 millions de francs de dégâts auxquels il faut ajouter une perte de 500 millions de francs liée à la perturbation de l’activité économique.
Cette modélisation montre que si les séismes présentent un aléa modéré en métropole, il s’agit tout de même d’un risque majeur. La région de Rognes est maintenant classée en zone II, à sismicité moyenne, et les règles de construction parasismique s’y appliquent. (voir : Repères. Face aux séismes. Risque sismique).

Petites expériences de « constructions parasismiques »
Dans un récipient contenant de la gelée (type gélatine alimentaire), on met au centre des cubes de bois modélisant les habitations. On place quelques cubes au centre de la gélatine, et d’autres le long de la paroi du récipient. On provoque un séisme, les habitations adossées à la paroi résistent mieux. (Source : Sismalp.)

On prend trois baguettes (style brochettes en bois) longues, la première de 30 cm, la deuxième de 20 cm et la troisième de 10 cm. On les leste de pâte adhésive à une extrémité (même masse). On place les trois baguettes lestées dans les trous d’une planchette horizontale. On provoque un séisme, l’oscillation la plus importante est observée pour la plus grande baguette lestée (le plus grand immeuble). (Source : Sismalp.)




© CNDP - CRDP de l’académie d’Amiens – « Thém@doc » – Les séismes, 2006.
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