Politique démographique et croissance en Chine par le recteur Gérard-François Dumont

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L’auteur [biographie en ligne], démographe et géographie à l’université de Paris IV et directeur de la revue Population & Avenirs (liens 1 et 2) pendant presque 25 minutes réparties sur 3 vidéos (produites par le PNC EDD du réseau Canopéles données et enjeux actuels de la politique démographique chinoise en termes socio-économiques et géopolitiques.

[Le résumé suivant a été amendé et retouché par l'auteur].
1 – Gérard-François Dumont commence par rappeler que, depuis plus de vingt siècles, la population de la Chine a toujours représenté aux environs d’un cinquième de la population dans le monde. Depuis sa mise en place à la fin des années 1970 dans l’objectif de contrôler strictement l’évolution démographique, la politique dite de l’enfant unique est supervisée par une importante Administration qui sanctionne tout dépassement. Toutefois, des dérogations existent pour les minorités ethniques (moins de 10% des Chinois) et la population rurale, notamment lorsqu’un couple rural a pour premier enfant une fille.
2 -   La politique démographique coercitive engendre un déficit de filles (120 garçons pour 100 filles en Chine à la naissance alors que la norme biologique générale est pour 105 garçons pour 100 filles) qui se chiffre en millions car les femmes recourent fréquemment à l’avortements lorsque l’échographie prédit une fille ou les familles organisent des infanticides de bébés féminins à la naissance. Cette politique de l’enfant unique engendre aussi une forte intensité du vieillissement de la population (une Chine vieille avant d’être riche ?), et probablement sa diminution à compter des années 2030. De même, la population active, qui, longtemps nombreuse, a représenté l’atout majeur de la croissance économique de la Chine, va baisser.
 3 -  En terme de géopolitique (interne/externe), d’une part, cette politique de l’enfant unique entraîne au sein de la population chinoise des révoltes locales (souvent masquées par les médias contrôlés par le pouvoir) par exemple lorsque l’administration accepte des naissances moyennant rétribution, mais encore faut-il en avoir les moyens… Les pauvres le vivent comme une flagrante injustice. D’autre part, les minorités, que le pouvoir a dû exempter de cette obligation, voient leur poids démographique relatif augmenter, au détriment des Hans majoritaires (90% de la population chinoise). En outre, comme les femmes à marier manquent, on va les chercher chez les pays voisins, et au sein de ces derniers d’abord chez ceux pauvres qui acceptent de se faire payer et de vendre leurs filles. Au Viêt Nam par exemple, cette pratique est peu aprécié par les autorités, ce qui envenime les rapports entre ce pays et son voisin chinois. Et comme les garçons (frustrés) sont en surnombre, le pouvoir les motive en les envoyant par exemple en Afrique participer à la politique d’investissement de leur pays.
La baisse démographique prévisible de la Chine pourrait signifier la perte de son rang de pays le plus peuplé à l’avantage de l’Inde dès les années 2030. L’Inde serait davantage encore en situation d’exiger une place de membre permanent au Conseil de sécurité de l’ONU.
Un des effets de cette politique de l’enfant unique serait de mettre en cause l’idée souvent répandue selon laquelle le XXIe siècle serait « le siècle de la Chine » censée pouvoir dominer le monde. 

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