OISE 1914-1918
Mémoire et Histoire

Portraits

FERNET André Charles (1886-1916)
[Aviateur] [Ecrivain] [Mort pour la France] [Pierrefonds]

Un jeune auteur dramatique
Né à Pierrefonds (Oise) le 24 août 1886, André Fernet est le fils de Charles Alexis Fernet (1838-1919) médecin et professeur agrégé à la faculté de médecine de Paris, et d’Amélie Eugénie Desmarest. Il est frère cadet de Jean Fernet (1881-1953) qui deviendra vice-amiral (1939) puis conseiller du maréchal Pétain sous le régime de Vichy.
Brillant élève, André Fernet intègre l’Ecole des Sciences politiques. Il fait son service militaire à l'intendance de la 3e Division de Cavalerie à compter d'octobre 1904. Licencié en droit en 1907 et licencié ès Lettres, il entre au Conseil d’Etat comme auditeur de 1ère classe l’année suivante. Il n’a que 22 ans.
Critique littéraire, il publie en 1910 chez Grasset, sous le pseudonyme André Fergan, le roman L’ascète. L’Académie Française remarque son œuvre en le couronnant des Prix Monthyon et Maillé-Latour-Landry. Il s’essaye alors à l’art dramatique en écrivant une pièce de théâtre en trois actes, La Maison divisée, qui sera jouée au Théâtre de l’Odéon-Europe en 1913. Sa pièce Le cœur pur sera éditée en 1916.

Un aviateur tué en plein vol
Domicilié à Paris, au 7 de la rue Mirabeau, il est mobilisé comme attaché d’Intendance le 1er août 1914. Insistant pour participer plus activement aux combats, il passe le 15 février 1915 au Quartier Général de la 3e Division de Cavalerie comme observateur aérien. Blessé au cours d’une mission, il reçoit la croix de guerre avec palme. Sa citation à l’Ordre de l’armée (6 septembre 1915) indique : « Excellent observateur, d’un courage calme et réfléchi, a fait preuve d’un grand mépris du danger en décidant, d’accord avec son pilote, de tout risquer pour rejoindre nos lignes ; a été blessé en atterrissant en avant des tranchées françaises ».
Parti à Chalons le 10 mars 1915, il profite de sa convalescence pour obtenir son brevet de pilote militaire (n°2374) qu’il obtient à l'école d'aviation militaire de Pau, le 15 janvier 1916.
Du 25 au 29 février 1916, on le note au Groupe des Divisions d’Entraînement (GDE). Il est ensuite affecté comme lieutenant dans l’escadrille C.42 le 2 mars 1916 commandée par le capitaine Henri Lecomte. Pilote sur Caudron G3, il est chargé de mission de convoyage avion à la RGA du 23 au 29 mars 1916.
Il est tué au cours d’un combat aérien le 1er juin 1916 aux commandes du Caudron G4 n° 2474, dans les environs de Château-Bréhain (Moselle). Son coéquipier, le lieutenant Marcel Brienne, perd également la vie. Selon certaines sources, leur adversaire était le Leutnant Walter Höhndorf (as aux 12 victoires), du KEK (Kampfeinsitzerkommando), stationné à Vaux.
Tombés en zone occupée, les corps des deux aviateurs français seront inhumés avec les honneurs militaires. Les affaires personnelles du lieutenant Fernet seront envoyées à sa famille, dont un brassard portant l’insigne de son escadrille.

Le lieutenant Fernet est inhumé à Viviers (Moselle). Il sera fait chevalier de la Légion d'Honneur à titre posthume.

Jean-Yves Bonnard
CANOPE – CDDP de l’Oise, 2014