CANOPE academie d'Amiens

Acheux-en-Amienois – 80 – Tombe d’Edmée Jarlaud, aviatrice

 
Acheux-en-Amienois-80-Edmée Jarlaud
 
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En entrant au collège d’Acheux-en-Amiénois, une commune située au Nord d’Amiens, dans le département de la Somme, les nouveaux élèves qui y sont désormais scolarisés apprennent par la même occasion qui fut cette Edmée Jarlaud. Car celle-ci donna son nom au dit établissement. La famille de cette dernière, née pourtant à Paris, le 10 juillet 1910, est originaire de la commune, ce qui vaut aux collégiens d’être associés à cette pionnière de l’aviation. Celle-ci rend Edmée Jarlaud célèbre durant l’Entre-deux-guerres, époque où elle participe au développement de l’aéronautique en France, aux côtés d’autres femmes de renom, comme Maryse Bastié, Adrienne Bolland ou Hélène Boucher.

Le 2 juillet 1933, c’est d’ailleurs à bord d’un avion piloté par cette dernière, la détentrice du record de vitesse, qu’Edmée Jarlaud, cette fille d’institutrice, participe, en tant que passagère, aux Douze heures d’Angers, un des grands meetings aériens de l’époque. L’année suivante, elle obtient d’ailleurs ses brevets de vol à voile et de vol à moteur, avant de se marier au mois d’octobre 1934, à Paris, à Raymond Jarlaud, lui-même ingénieur à la Société des Avions Bernard et concepteur de planeurs. Ceci décide de l’orientation future d’Edmée Jarlaud. Dans les années qui suivent en effet, l’aviatrice bat successivement plusieurs records du monde à bord de son planeur, celui d’endurance féminine, avec 5 heures de vol, le 15 septembre 1937, celui du record d’altitude, avec 1.184 mètres, le 18 avril 1938, puis celui du record de distance parcourue, avec 83,700 kilomètres, aux environs de Beyne-Thiverval, dans le département des Yvelines, au mois de juin suivant.

Vers les hangars de la zone sud de l’aérodrome de la commune de Beynes d’ailleurs, on peut d’ailleurs voir une stèle érigée à l’initiative du Club aéronautique universitaire et qui rend hommage à Edmée Jarlaud. Celle-ci est en effet décédée non loin de là, le 16 avril 1939, des suites d’un accident de planeur. Comme le raconte un article de la revue L’Aérophile, celle-ci « évoluait en planeur – un AVIA 40P – lorsque son appareil fut heurté par celui d’un autre pilote ». Une chute de plus de 60 mètres suit la collision et entraine le décès de l’aviatrice pendant son transfert à l’hôpital. Edmée Jarlaud avait alors 28 ans.

Quelques jours plus tard, le 22 avril 1939, l’aviatrice est faite Chevalier de la Légion d’honneur, à titre posthume donc. Depuis lors, Edmée Jarlaud repose au cimetière d’Acheux-en-Amiénois, en bordure sud et à l’opposé du carré militaire. Sa tombe, d’une grande sobriété, est faite d’une dalle de béton, ornée d’une croix latine. Trois palmes ont été apposées sur cette pierre tombale, sur lesquelles sont mentionnées l’origine des donateurs, des associations d’entraide aux aviateurs. A savoir Les Ailes brisées, Les Ailes mutilées, ainsi que Les professionnels navigants de l’Aviation.

Marc Nadaux