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Allonne – 60 – Accident du dirigeable R101, monument commémoratif

 
Allonne-60-Monument R 101
 
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L’entre-deux-guerres est une période d’intense développement de l’aviation civile. Les noms de Charles Lindbergh ou de Jean Mermoz sont là pour le rappeler. Mais avec l’avion, d’énormes dirigeables assurent également des voyages commerciaux sur de longues distances, à travers l’Atlantique notamment. La mémoire du vol de ces géants des airs s’est conservée, puisque chacun à en tête le terrible accident du Zeppelin LZ129 Hindenburg. En 1937, le 6 mai, celui-ci s’écrase à Lakehurst, une ville de l’état du New-Jersey, aux Etats-Unis, et s’embrase. La catastrophe, filmée, fait 35 victimes. En ces années, d’autres accidents du même genre vont peu à peu mettre fin à l’exploitation commerciale de ces aéronefs géants. L’un d’entre eux, celui du R101 britannique, s’est d’ailleurs produit à la même époque, mais sur le sol picard.

En 1930, le 4 octobre, le plus grand dirigeable de l’époque, ce modèle anglais, tout juste mis au point et qui doit assurer les liaisons aériennes entre les différentes parties de l’Empire, prend les airs à destination de Karachi, dans l’actuel Pakistan. Sous le commandement du lieutenant Carmichael Irwin, il essuie une tempête au dessus de la Manche. Des rafales de vent déchirent son enveloppe extérieure supérieure. Ceci provoque une rupture d’un des ballons de gaz et l’aéronef, qui perd peu à peu de l’altitude, s’écrase sur une colline, près de la commune d’Allonne, au sud de Beauvais, dans le département de l’Oise. L’incendie, qu’alimentent les fuites d’hydrogène, l’embrase rapidement. Quarante-six des cinquante-quatre passagers et membres d’équipage à bord sont tués, dont un des représentants du cabinet ministériel anglais qui était du voyage.

Cet accident dramatique du R101 marquera la fin de l’aventure britannique dans cette histoire technique des aéronefs. Un autre de ces géants, le R100, plus abouti et malgré une première traversée de l’Atlantique réussie, est aussitôt remisé puis démantelé dès l’année suivante. En attendant l’accident allemand… A Allone, la commune picarde offre au Royaume-Uni la parcelle de terrain sur laquelle s’est abimé le dirigeable. Une stèle marque les lieux du drame. Un monument est également érigé en bordure de la Nationale 1, au carrefour d’Allonne, à quelques 600 mètres de là. Il est inauguré au mois d’octobre 1933, trois années après les faits donc, et en présence du premier ministre britannique de l’époque, Ramsay MacDonald, et du président du conseil français, Édouard Daladier. A Beauvais, un musée du souvenir du dirigeable R101 et de la catastrophe, au 33 de la rue de Paris, une initiative privée, garde également la mémoire du drame qui a endeuillé le sol picard.

Marc Nadaux