CANOPE academie d'Amiens

Château-Thierry – 02 – Statue La Fontaine

 
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Château-Thierry, « cité à fables », une formule qui, à l’intérieur du discours employé par la municipalité de cette ville du sud de l’Aisne, a tendance à remplacer l’historique devise qui surligne son blason, « Nul ne s’y frotte ». Son antique forteresse qui domine le fleuve Marne, ainsi que le portrait du fabuliste Jean de la Fontaine. Voici d’ailleurs quels sont les éléments identitaires présents sur le bandeau de son site Internet.

L’écrivain est donc natif de la ville.

Et le visiteur peut encore admirer l’hôtel particulier, situé au pied du château, au n°10 de l’actuelle rue qui porte son nom, où il vit le jour, le 8 juillet 1621. Construite en 1559 en pierres de taille, cette vaste demeure élevée sur trois étages est la propriété de la ville depuis 1869. Ces dernières années, celle-ci a entrepris de fluidifier le trafic routier qui parcourt l’agglomération en installant des ronds-points à chaque carrefour de circulation. C’est l’occasion d’une mise en valeur culturelle en rapport avec l’œuvre de La Fontaine. Avenue Jules Lefèvre, le long de la Marne donc, chacun des îlots centraux de ces carrefours giratoires se voit pourvu d’une animation différente : le Corbeau et Renard, Cigale et Fourmi, Chêne et Roseau, Lièvre et Tortue, Grenouille et Bœuf, Pot de terre et de fer.

Le tout aboutissant, en face du pont qui franchit le fleuve, à la statue du fabuliste. C’est en effet sous la Restauration, le 6 novembre 1824, qu’est inaugurée à Château-Thierry la statue en pied de Jean de La Fontaine. Celle-ci, œuvre du sculpteur Charles-René Laitié, est un don personnel fait deux années plus tôt à la cité du sud du département de l’Aisne par le roi Louis XVIII. L’œuvre d’art, primitivement placée le long du quai de la Poterne, à l’entrée de l’avenue Jousseaume-Latour, est déplacée au lendemain de la première Guerre mondiale. D’âpres combats au cours de l’été 1918 ont en effet sérieusement endommagé le pont qui enjambe la Marne situé à proximité, imposant un transfert de cet élément clé du mobilier urbain local, de quelques dizaines de mètres, plus à l’Ouest, devant la place des Etats-Unis. Depuis peu, celle-ci trône au milieu d’un rond-point, face au pont de l’Aspirant Rougé, devant la rue du général de Gaulle et l’hôtel-de-ville, sur l’axe nord-sud structurant l’agglomération.

Marc Nadaux