CANOPE academie d'Amiens

Compiègne – 60 – Ile des Rats

 
56 Ile des Rats. Image satellite
 
56 Ile des Rats. Image satellite56 Géographie comp10

L’Oise, à Compiègne. Une vue vers l’aval depuis le nouveau pont, inauguré au mois de septembre 2011, qui relie la ville, rive gauche, à la commune voisine de Margny-les-Compiègne, rive droite. Celui-ci améliore aujourd’hui les conditions du trafic routier en centre-ville, en facilitant les traversées du fleuve sur l’ancien site, dit « du Port à Bateaux ». Car sur la voie d’eau, navigable jusqu’à la confluence d’avec la Seine, à Conflans-Sainte-Honorine, un important trafic de batellerie transite à travers Compiègne.
Ceci a d’ailleurs contribué à modeler le paysage sur le fleuve depuis la fin du XIXème siècle. C‘est à cette époque en effet que cette île de Venette [dont la pointe est ici visible au centre de l’image] est artificiellement créée afin de faciliter la navigation sur l’Oise. Celle-ci est aménagée peu après la construction d’une nouvelle écluse (125 mètres x 12) destinée à accueillir les trains de cinq péniches et leur remorqueur Guêpe qui circulent alors sur le fleuve. Ces mariniers de passage trouvaient dans l’ile plusieurs cafés-épiceries qui assuraient leur ravitaillement, tout comme celui des nombreux pécheurs compiègnois.

Cet aménagement de l’Oise se poursuit aujourd’hui, avec le creusement programmé du futur du canal Seine-Nord. Sur la centaine de kilomètres navigables de rivière, le réseau des quatorze écluses est modernisé et automatisé de 2001 à 2004. De même avec les sept barrages manuels de l’Oise, qui sont équipés par des ouvrages mécanisés. Ainsi en est-il avec celui de Compiègne, en 2011, lequel remplace l’ancienne installation inaugurée en 1916, et qui possède une passerelle permettant aux piétons et vélos de traverser la rivière. Reste à mettre le fleuve au gabarit européen (projet MAGEO), pour garantir un mouillage de quatre mètres (contre trois mètres aujourd’hui) aux passages des bateaux.
D’ailleurs ce trafic impose la disparition de l’Ilot des Rats, cette mince surface de terre de quelques 50 m2, laquelle abrite pourtant une imposante colonie d’oiseaux (des hérons, des cygnes, des oies, des canards colverts, des poules d’eau, des goélands, des cormorans, des mouettes rieuses…). C‘est pourquoi, en 2012, est créée la S.F.I.R., l’Association pour la sauvegarde de la faune de l’île des rats de Compiègne-Venette, qui entend convaincre V.N.F., Voies navigables de France, de créer un lieu nouveau de niche sur la pointe de l’ile voisine.

Marc Nadaux