CANOPE academie d'Amiens

Gentelles – 80 – Mémorial de la Résistance, 1939-1945

 
gentelles5
 
gentelles5gentelles2gentelles3gentelles4

Pendant l’Occupation allemande, la résistance fut particulièrement active dans le département de la Somme. Ces actions clandestines sont fortement marquées par le Parti communiste, mais leur fréquence dans le département s’explique aussi par la présence allemande dans les régions du littoral, Vimeu et Ponthieu, par l’intensité des bombardements alliés dans les régions nord d’Amiens où sont implantées des armes stratégiques (rampes de lancement de V1), en raison de la proximité de la région parisienne aussi. A partir de l’année 1942, les sabotages s’amplifient, tout comme les opérations de renseignement à destination de Londres, les exfiltrations d’aviateurs anglais ou les caches de réfractaires au S.T.O.

Pour faire face à cette intense lutte dans l’ombre, l’occupant allemand s’organise, la collaboration elle-aussi s’affirme. Ainsi, au mois de janvier 1943, arrivent à Amiens des membres de la 21ème Brigade régionale de police de Sureté de Saint-Quentin, spécialisée dans la lutte contre les « terroristes » de l’intérieur. La Milice se constitue également à Amiens, au mois de mai 1944. Ainsi, dans les mois du printemps et de l’été 1944, la répression allemande est particulièrement féroce. On dénombre ainsi 60 résistants fusillés à Amiens avant le débarquement de Normandie, le 6 juin 1944, et 50 autres exécutions entre cette date et la libération de la ville, le 31 août 1944.

En témoigne, la présence de ces deux fosses communes, à quelques kilomètres à l’Est d’Amiens. C’est là que le 8 septembre 1944, les F.F.I. (Force française de l’Intérieur) de Boves découvrent un charnier, sur les flancs de cette colline près de Gentelles, sur le bord de l’actuelle route D934 Amiens-Roye. Quelques semaines plus tôt, 27 hommes et femmes sont exécutés là par des soldats allemands, 7 d’entre eux dans la nuit du 8 au 9 mai, 16 autres au cours de celle des 27 et 28 août 1944. Ces membres des F.T.P. (Francs-Tireurs Partisans) étaient auparavant détenus à la Citadelle d’Amiens.

Après le conflit, en 1947, c’est à l’union des Anciens de la Résistance, sa section de Corbie et des environs, que revient l’initiative d’ériger ce monument commémoratif. Celui-ci est placé à proximité du charnier. Après l’exhumation et l’identification des corps, les deux fosses sont en effet demeurées en l’état. La plus jeune de ces victimes avaient à peine vingt ans.

Marc Nadaux