CANOPE academie d'Amiens

Huppy – 80 – Eglise Saint-Sulpice

 
Huppy-80-Eglise
 
Huppy-80-Eglise

A quelques kilomètres au sud d’Abbeville, à l’ouest du département de la Somme, le village de Huppy possède une des plus belles églises de Picardie.

Elevée en pierres blanches de pays dans le style gothique flamboyant, si répandue dans cette vallée de la Somme, le monument, placé sous le vocable de Saint-Sulpice, a souffert des combats de la seconde Guerre mondiale. Tout comme le général de Gaulle, dont le court séjour dans le château voisin a laissé aux paroissiens des souvenirs dignes d’être contés, en cette même année 1940, la vénérable église connaît une sérieuse confrontation avec l’armée allemande. Des bombardements l’ont alors en partie endommagé, ses voutes s’effondrant sous les bombes ennemies. Le monument, classé depuis 1907, fait l’objet d’une intense campagne de restaurations dans les années 1950 à 1970.

L’église d’Huppy est dominée par une très imposante tour carrée, dont l’aspect monumental est renforcé par des contreforts d’angles en doublons et vis-à-vis. Ces derniers s’élèvent jusqu’au pied d’une galerie finement ajourée, à quelques vingt-cinq mètres de hauteur. De là-haut, la vue sur la plaine du Vimeu est, paraît-il, imprenable ! Le clocher est lui-même coiffé d’une fine flèche couverte en ardoises, tout comme l’ensemble du bâtiment. Celui-ci est une élévation qui s’inscrit dans un plan rectangulaire, des plus classiques, en forme de croix latine. Nef, transept et chœur sont issus d’une même période de construction, au commencement du XVIème siècle, ce qui donne à l’ensemble une belle unité.

A l’intérieur de l’édifice, c’est vers l’abside qu’il faut se diriger pour apercevoir, en levant la tête, les voûtes en pierre du chœur et du transept. Celles-ci, à croisées d’ogives et sexpartites, ont cependant été relevées de manière incomplète, les pendentifs étant laissés sans ornements de sculpture. La nef elle, ainsi que son unique bas-côté nord, est pour sa part voûtée de bois, l’ensemble dessinant une imposante carène vernis, de chêne et de châtaignier. Enfin, quelques vitraux, eux-aussi classés, méritent le coup d’œil. Deux d’entre-eux sont contemporains du reste de l’édifice, étant à l’origine apposés aux fenêtres de la chapelle seigneuriale.

Marc Nadaux