CANOPE academie d'Amiens

Pozières – 80 – Monuments commémoratifs

 
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La départementale Albert- Bapaume coupe ces deux monuments de la Première Guerre mondiale érigés à quelques encablures du village de Pozières.

Durant le conflit, le village constitue un véritable verrou allemand quasiment imprenable. Situé sur les hauteurs du département de la Somme, il est, de surcroît, ceinturé par des fortifications particulièrement denses : un double réseau de tranchées constituant la deuxième ligne allemande renforcé par deux blockhaus-observatoires « Gibraltar » et « Le Moulin à vent ».

Ce sont les Australiens qui ont pour objectif de s’emparer de ce point stratégique. Une prise nécessaire pour poursuivre l’offensive vers la ferme du Mouquet et Thiepval, autres bastions allemands. Ils y parviennent le 23 juillet 1916. Trois divisions australiennes ont été nécessaires. Les pertes sont colossales : 23 000 tués, blessés ou disparus, soit le tiers des effectifs engagés.

Pozières constitue, à l’instar de Villers-Bretonneux et de Le Hamel, dans la Somme, des lieux de « pèlerinage mémoriel » incontournables pour les Australiens. Ils viennent de plus en plus nombreux. Ils s’approprient l’histoire de leurs ancêtres morts ici. Ils font de cette terre de Somme la leur. Le nom du village de Pozières a ainsi été donné à un petit village du Queensland. Cette appropriation passe notamment par un certain nombre de traces : édifices, mémoriaux, cimetières, entre autres, que tous ces champs de bataille leur offrent.

La photographie montre donc deux de ces traces.

A droite, le monument aux chars rappelle l’utilisation, pour la première fois dans l’histoire du conflit, des chars. L’opération s’est déroulée le 15 septembre 1916, lors de la bataille de la Somme, entre Flers et Courcelette. Le monument se présente sous la forme d’un obélisque avec quatre reproductions de chars en bronze figurant le Mark I, le Mark IV-V, le Whippet et un char de transport. Il est entouré par une clôture réalisée à partir de chaines et de canons de ces mêmes chars.

A gauche de la départementale, se trouvaient à l’origine un moulin à vent, ainsi qu’une sucrerie à proximité, détruits rapidement par les combats. L’endroit a ensuite été aménagé par les Allemands qui y avaient installé leur troisième ligne de défense. Aujourd’hui, le site présente un grand mât, c’est le mémorial à la deuxième division australienne érigé devant un carré de terre qui semble encore bouleversée, remuée par les bombardements. Ici, émergent de l’herbe quelques vestiges du moulin.