CANOPE academie d'Amiens

Saint-Quentin – 80 – Maison du Peuple

 
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Portée par le dynamisme de son économie, la ville de Saint-Quentin connaît au cours du XIXème siècle un grand développement. La petite cité, au nord-ouest du département de l’Aisne, bénéficie de l’installation de multiples ateliers de constructions mécaniques, d’usines textiles. Sa population connaît ainsi plusieurs doublements successifs en ces décennies d’industrialisation, puisqu’elle passe de 12.351 habitants en 1821, à 24.953 en 1851, et 50.278 en 1901. L’exode rural, qui saisit les campagnes voisines, alimente ainsi un marché du travail en plein essor. Et la ville s’étale, rendant nécessaire en 1899 l’installation de deux lignes de tramway destinées à faciliter les déplacements intra-urbain.

C’est ainsi que dix années plus tôt, en 1889, la rue Neuve-Saint-Martin est débaptisée pour devenir le boulevard Faidherbe. Neuve, celle-ci l’est encore sous la Restauration lorsque les fortifications qui enserrent la ville sont arasées, puisqu’elle prolonge alors la rue Saint-Martin, l’actuelle rue Emile Zola, vers la périphérie de la ville et ce qui devient le faubourg Saint-Martin. Bordée d’arbres et munie d’une voie centrale, l’artère se transforme également en 1878, lorsqu’un terre-plein central est ménagé entre ses deux chaussées. Ces quartiers nouveaux qui se sont construits en direction du sud, vers la Somme et la gare donc, subissent, tout comme l’ensemble de la ville de Saint-Quentin, d’intenses bombardements entre 1914 et 1918.

Au moment de la reconstruction, c’est là qu’est élevé en 1928 le nouveau siège social de la coopérative ouvrière, La Fraternelle, au n°12 de l’avenue Faidherbe et suivant les plans de Jean Payen. C’est une ample construction où s’inscrit la devise de l’association « Chacun pour tous, tous pour chacun ». Fondée en 1897 et forte de plus de 6.000 adhérents à cette époque, celle-ci possède de multiples bâtiments dans la ville de Saint-Quentin et ses faubourgs, avec ses magasins ou son dépôt de charbon, quai Rocourt, sa boulangerie industrielle, une fonderie… De même, de l’autre côté de cette même avenue Faidherbe, une Maison du peuple est ensuite ouverte en 1935.

Une grande façade, sur deux étages et avec rez-de-chaussée, à plusieurs pans, domine ainsi l’angle de la voie publique. A son sommet des symboles de solidarité sont visibles, imprimés dans le matériau en bas-relief. Elevé en béton et dans le style de l’Art nouveau alors en faveur auprès de la nouvelle génération des architectes, celle-ci abrite un véritable complexe de pièces et de salles à destination des adhérents de la coopérative : une salle des fêtes, une bibliothèque, un bar, une salle de sports et de multiples bureaux… L’arrière du bâtiment, rue Vauban, s’ouvre lui sur une cour dominée par une autre façade plus ancienne, puisque datée de 1899, celle d’une ancienne salle de spectacle.

Marc Nadaux