CANOPE academie d'Amiens

Soissons – 02 – Monument des Anglais, 1914-1918

 
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La ville de Soissons, dans le département de l’Aisne, est une « ville martyre » de la Grande Guerre ». Après la Bataille des Frontières, dès le mois d’août, elle est investie par les armées allemandes, le 2 septembre 1914. Puis, suite à la Bataille de la Marne et au reflux de l’ennemi, la cité axonnaise est libérée le 12 du même mois, avec la contre-offensive française de la Marne. Cependant, jusqu’au mois de mars 1917, Soissons est située à l’arrière du front, l’artillerie allemande occupant la cote 312, sur les hauteurs qui dominent la ville. Pendant ces deux années et demi, l’agglomération et ses habitants sont dès lors soumis à des bombardements intensifs. Et à l’heure où l’armistice est signé non loin de là, la ville est détruite à 80 %. La cathédrale et sa façade qui se détache du reste du monument, figure ainsi parmi les images emblématiques de la barbarie ennemie.

De nombreux monuments érigés dans la ville de Soissons, ainsi que dans ses environs proches, commémorent ces événements dramatiques de 1914-1918. Parmi ceux-ci, le monument des Anglais, visible en centre-ville, derrière le square Saint-Pierre, face à la cathédrale. En 1918 en effet, avec la contre-offensive Mangin entre l’Oise et l’Ourcq, les troupes françaises du 1èr corps d’Armée réoccupe Soissons, le 2 août, suivies par des forces britanniques. Avec l’aide aux réfugiées, celles-ci entament le déblaiement de la ville, sa reconstruction. Une passerelle des Anglais est ainsi levée sur l’Aisne, en remplacement d’un pont détruit par l’ennemi dans sa retraite, en 1914. Plus tard, le 28 juillet 1928, à quelques centaines de mètres de cette passerelle piétonnière, en reconnaissance, la ville de Soissons inaugure un monument commémoratif pour l’armée britannique, rue de la Bannière.

Il est l’oeuvre des sculpteurs Herbet Hart et Eric Henry Kennington, des architectes Gordon H. Holt et Verner O. Rees. Cette construction est dominée en façade par un ensemble sculpté. Placés sur un piédestal, trois soldats sont représentés de manière hiératique, tels des chevaliers du Moyen-Age. Au second plan, un mur de pierres blanches et ses deux retours, portent l’inscription : « Quand les armées françaises arrêtaient et repoussaient l’ennemi sur l’Aisne et la Marne de mai à juillet 1918, les 8e, 15e, 19e, 21e, 25e, 34e, 50e, 51e et 32e divisions des Armées britanniques combattaient à leurs côtés et prenaient leur part du commun sacrifice. Ici sont gravés les noms de 3.987 officiers et soldats de ces divisions auxquels la fortune de la guerre a refusé une sépulture connue et les honneurs rendus à leurs camarades dans la mort ». Alors que le 11 novembre 1920 déjà, à Londres, la dépouille d’un soldat inconnu était placé à l’entrée de Westminster Abbey, la Commonwealth War Graves Commission se préoccupait aussi de rendre hommage aux soldats britanniques disparues, à Soissons, sur le sol français où ils étaient tombés.

Marc Nadaux