Schéma de la chaîne d’évacuation des blessés

1. Les postes de secours

On trouve différentes appellations pour les postes de secours qui renvoient à leur emplacement sur le terrain et à leur rôle respectif. La chaîne d’évacuation en comprend trois grands types :

  • les postes de secours des bataillons, sortes de niches plus ou moins profondes creusées dans le sol à proximité des premières lignes et surmontées d’un toit formé de plusieurs épaisseurs de rondins recouverts de terre ;
  • les postes de secours régimentaires situés au voisinage de l’entrée des boyaux de communication ou dans des maisons de cantonnement voisin. Sous l’autorité du médecin-chef du régiment, on y délivre les premiers soins aux blessés. L’évacuation du champ de bataille jusqu’aux postes de secours puis jusqu’aux postes d’évacuation est assurée par les brancardiers régimentaires, au moyen de brancards à bras, à roues ou de toiles de tente ;
  • les postes d’évacuation divisionnaires, généralement situés plus en retrait sur une route carrossable. Ils sont chargés de la vérification des pansements et de l’évacuation des blessés vers les ambulances de l’arrière qui s’effectue à pied pour les blessés en état de marcher et par voiture automobile pour les autres.

2. Les groupements d’ambulances

Chaque division en possède un. Il est composé d’une ambulance de tri située le plus en avant possible et d’une ambulance de traitement placée entre celle de tri et l’hôpital d’évacuation. L’expérience acquise va conduire à partir de la bataille de la Somme de 1916 à concentrer ce type de formation sanitaire dans la zone des combats en vue de traiter sur place le plus grand nombre de blessés dits « intransportables » ou « inévacuables ». Ces hôpitaux de campagne conçus en prévision de la bataille sont aménagés au sein de structures provisoires pouvant accueillir plusieurs centaines de lits (tentes Bessonneau et baraques Adrian).

3. Les hôpitaux

L’évacuation depuis les ambulances jusqu’aux hôpitaux de l’arrière-front (H.O.E.) s’effectue par voie ferrée (train sanitaire), au moyen de voitures automobiles et parfois par voie d’eau (péniche médicale). Le cadre hospitalier de l’arrière, ultime étape de la prise en charge du soldat malade ou blessé se compose d’hôpitaux militaires et d’hôpitaux civils dont une partie des lits est réquisitionnée pour les besoins du service de Santé aux armées. Précisons qu’en raison de l’afflux de blessés, l’armée a été amenée à réquisitionner des bâtiments publics tels des lycées, les transformant ainsi en hôpitaux militaires.